BIFFF 2015, 33rd edition

poster2015_frDepuis trois ans, le BIFFF, Festival du Film Fantastique de Bruxelles (ou « Brussels International Fantastic Film Festival ») a repris du poil de la bête après une édition 2012 nettement en deçà. Depuis 2013, c’est au pourtant très respectable Palais des Beaux Arts (« Bozar », comme disent les jeunes) que les aficionados du cinéma fantastique et de films de genre au sens large se retrouvent par centaines, tels les zombies de Romero errant, bavant, vociférant, empestant (merci encore, Rémy !…) et se décomposant allègrement au seul événement cinématographique belge susceptible de combler leurs ardeurs sanguinaires, leurs déviances priapiques et leurs pulsions psychopathes.

 

Du 7 au 19 avril dernier, trois salles de projections étaient aménagées au Palais des Beaux Arts pour présenter une programmation de 110 films dont 78 longs métrages, des productions en provenance du monde entier, de la Russie au Venezuela en passant par le Vietnam et l’Egypte. Le BIFFF 2015 a sorti l’artillerie lourde avec pas moins de 25 avant-premières à découvrir !

 

Le BIFFF consacra cette année son focus à l’un des pays d’Amérique latine doté de l’une des industries cinématographiques les plus dynamiques : l’Argentine, avec des titres comme The Missing Part, The Returned, Born To Die ou El Ardor, un drame forestier dans lequel le beau Gaël Garcia Bernal et ses amis, chassé de leurs terres par des mercenaires à la solde d’industriels sans scrupules, se transforment en Rambo(s) modernes lors d’une chasse à l’homme palpitante dans la forêt touffue.

 

En parallèle, une visibilité spéciale fut offerte aux productions de la Corée du Sud, des films qui ont su montrer une fois de plus l’énergie et le talent exceptionnels dont font preuve ses jeunes cinéastes. The Divine Move, Hard Day, Haemoo (Sea Fog), Roaring Currents, One On One, The Target, No Tears For the Dead… des réussites exceptionnelles, parfois même des premiers films ! Voilà bien un modèle de production impensable au sein de la production artisanale d’un pays aussi à la traîne que la Belgique…

 

Une rétrospective musclée fut consacrée à une poignée de films de kung fu en provenance de Chine et de Hong Kong, mettant en scène des héros locaux appelés Bruce Lee (The Way of the Dragon), Jackie Chan (The Young Master), Jet Li (Once Upon a Time in China 2) Stephen Chow (Kung Fu Hustle) et des cinéastes comme Wong Kar-Wai (The Grandmaster) ou Tsui Hark (Seven Swords), ce dernier figurant également au programme à l’occasion de la présentation de son époustouflant et flambant neuf The Taking of Tiger Mountain 3D, un film techniquement et visuellement proche de la perfection mais à la narration bien trop brouillonne et alambiquée pour convaincre totalement.

 

L’invité de marque cette année n’était autre que le légendaire Joe Dante, heureux papa d’une tripotée de Piranhas et de Gremlins, venu présenter son petit dernier, le sympatoche Burying the Ex, petite comédie romantique virant à l’horrifique, dans lequel le cinéaste à l’humour mordant critique allègrement mais gentiment les relations amoureuses modernes et les végétariens, le tout enrobé d’un humour étonnamment très cru, un côté potache que l’on ne connaissait pas encore chez le réalisateur d’Innerspace ! Burying the Ex n’est certes pas, loin s’en faut, le meilleur film de Joe Dante, mais sa bonne humeur ambiante, son casting de jeunes acteurs sympas (Anton Yelchin, Alexandra Daddario, Ashley Greene) et son humour politiquement incorrect en fit un des succès du festival à l’applaudimètre !

 

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Très disponible et à l’aise face à un public entièrement acquis à sa cause, le réalisateur s’est montré intarissable sur sa passionnante carrière. A l’instar de son pote John Landis, Joe Dante est un de ces hommes que l’ont pourrait écouter parler pendant des heures, même si certains de nos confrères journalistes (particulièrement les non-anglophones, ce qui n’est pas très sérieux) furent désarçonnés par sa manière de répondre à chaque question avec ironie ! L’humour de Joe Dante n’est en fin de compte pas très éloigné de celui de notre Sauveur, Jésus Christ. En effet, les deux artistes, outre leur popularité, ont pour point commun que pratiquement tout ce qu’ils disent est en fait totalement sarcastique…

 

burying-the-ex-ashley-greene-eatingBurying the Ex, de Joe Dante

 

Autre invitée de marque, une bonne amie de Joe Dante et d’Action-Cut.com : la réalisatrice belge exilée à Los Angeles, Axelle Carolyn, que nous avions interviewée l’année dernière à l’occasion de la présentation de son très beau Soulmate.

 

Cette année Axelle, dont la famille et les amis remplissent à peu près un siège sur deux dans les salles du BIFFF, était présente pour nous présenter, en avant-première mondiale « Grim Grinning Ghost », son segment réalisé pour l’anthologie Tales of Halloween, dont elle est l’instigatrice, la scénariste et la productrice. Dans cette historiette de 8 minutes, la jolie Alex Essoe (héroïne de Starry Eyes, également présenté cette année) est poursuivie par une légende d’Halloween : « si vous marchez seul la nuit du 31 octobre et que vous entendez des bruits de pas derrière vous, quoi qu’il se passe, surtout ne vous retournez surtout pas ! »… Grim Grinning Ghost est une mini-histoire réalisée de main de maître avec un « twist » final qui aura fait hurler les plus gros durs présents dans la salle, avec en prime une belle brochette de guest stars : Stuart Gordon, Mick Garris, Lin Shaye, Barbara Crampton et Lisa Marie… On sent dans chaque plan la passion dévorante d’Axelle pour tout ce qui touche à Halloween !

 

Tales-of-Halloween

 

Le court-métrage était suivi d’une bande-annonce composée d’extraits des 9 autres segments de l’anthologie, réalisés par des cadors du cinéma horrifique tels que Neil Marshall (The Descent, Dog Soldiers), Darren Lynn Bousman (Saw II, III et IV), Adam Gierasch (Night of the Demons), Lucky McKee (May, The Woman), Mike Mendez (Big Ass Spider!), Dave Parker (The Hills Run Red), Ryan Schifrin (Abominable), Paul Solet (Grace), Joe Begos (Almost Human) et le tandem Andrew Kasch (le documentaire Never Sleep Again : The Elm Street Legacy) / John Skipp (Stay at Home Dad), une chouette bande d’amis se réunissant régulièrement à Los Angeles pour parler de leur passion pour l’horreur et qu’Axelle a su réunir autour de sa passion. Outre les noms précités, figureront également au générique quelques noms bien connus des fantasticophiles comme Adrienne Barbeau, Barry Bostwick, Pollyana MacIntosh, Noah Segan, Kristina Klebe, Caroline Williams, Pat Healy, Booboo Stewart, John Landis… ainsi qu’un certain Joe Dante !

 

Nous reparlerons de Tales of Halloween plus en détail lorsqu’il sera terminé et sortira en salles.

 

Le BIFFF 2015, malgré quelques problèmes de projection ainsi qu’une palme que nous lui décernerons pour « l’année des fautes d’orthographe dans les sous-titres », se révéla une cuvée particulièrement riche en films de grande qualité. Du coup, nous regretterons également la douloureuse séparation du programme entre les deux salles principales, qui engendra quelques insurmontables dilemmes cornéliens (Starry Eyes ou German Angst ?, Torrente 5 ou Goodnight Mommy ?, The Cobbler ou The Returned ?…) mais nous féliciterons également de bon cœur les programmateurs, l’équipe presse ainsi que les gentils bénévoles pour leur excellent travail et leur sympathie !

 

Faisons plaisir à Aymeric Caron (parce qu’il le vaut bien) et sortons nos chiffres : sur les 37 films vus en douze jours par l’auteur de ces lignes, il aura vu 25 bons (dont 8 exceptionnels), 6 mauvais (parmi eux, Monsterz, de l’autrefois très doué Hideo Nakata) et 6 moyens… Une moyenne rare pour un Festival de ce genre !

 

Sans plus attendre, voici (dans l’ordre de préférence) les critiques consacrées à nos favoris :

 

 

 

The Babadook (Mister Babadook), de Jennifer Kent (Australie)

 

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Starry Eyes, de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer (USA)

 

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Haemoo (Sea Fog), de Shim Sung-bo (Corée du Sud)

 

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Goodnight Mommy (Ich Seh, Ich Seh), de Severin Fiala et Veronika Franz (Autriche)

 

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Hard Day, de Seong-hoon Kim (Corée du Sud)

 

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Faults, de Riley Stearns (USA)

 

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The Guest, de Adam Wingard (USA)

 

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Musarañas (Shrew’s Nest), de Juanfer Andrés et Esteban Roel (Espagne)

 

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Frankenstein, de Bernard Rose (UK / USA)

 

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Remerciements à Jonathan Lenaerts, Sophie Grech, Freddy Bozzo, Sherazade Jones et toute l’équipe des bénévoles.

 

Grégory Cavinato

(Membre de l’U.P.C.B. – Union de la Presse Cinématographique Belge)

 

 

 

 

 

 

Le palmarès officiel :

Le Jury International, représenté par les cinéastes Richard Stanley, Andy Muschietti, Timo Vuorensola et Jonas Govaerts a récompensé :

-GOLDEN RAVEN : FRANKENSTEIN (Bernard Rose, UK / USA)

-SILVER RAVEN (ex-aequo) : THE INFINITE MAN (Hugh Sullivan, Australie) et GOODNIGHT MOMMY (Veronika Franz & Severin Fiala, Autriche)

-SPECIAL PRIZE OF THE JURY : THE BLUE ELEPHANT (Marwan Hamed, Egypte)

-SPECIAL MENTION OF THE JURY : STARRY EYES (Kevin Kolsch & Dennis Widmyer, USA)

 

Le jury européen, compose de Pierrette Baillot, Elli Mastorou, Claude Diouri, Thierry De Coster, Thomas De Thier et notre collaborateur Mathieu Reynaert, a remis les prix suivants :

-SILVER MELIES : ANOTHER FRONTIER (André Cruz Shiraiwa, Espagne)

-SPECIAL MENTION FOR THE ART DIRECTION : MUSARAÑAS (SHREW’S NEST) (Juanfer Andres & Esteban Roel, Espagne)

 

Le Jury Thriller, composé de Barbara Abel, Sophie Flamand et Jean-Pierre Finotto a remis son prix à :

-LA ISLA MINIMA (Alberto Rodriguez, Espagne)

 

Le Jury du Septième Orbite, composé de Eric De Staercke, Frédéric Jannin et Valentin Huvenne a remis son prix à :

 -LIZA, THE FOX-FAIRY (Karoly Ujj-Meszaros, Hongrie)

-SPECIAL MENTION OF THE JURY : LELAND ORSER in FAULTS (Riley Stearns, USA)

Le Prix du Public, ou PEGASUS AWARD a également été attribué à

-LIZA, THE FOX-FAIRY (Karoly Ujj-Meszaros, Hongrie)

 

SHORT FILM COMPETITION

Grand Prize Michel Devillers and Silver Méliès : La Dernière Porte au Sud de Sacha Feiner

Prize La Trois : Le Zombie au Vélo, de Christophe Bourdon

Prize of the Critics supported by UniverCiné : Le Zombie au Vélo, de Christophe Bourdon

Prize BeTv : Wien For Life, Alidor Dolfing

Prize Fedex : La Valse Mécanique, de Julien Dykmans

Prize Sabam : De Vijver, de Jeroen Dumoulein

Youth Prize : Noct, de Vincent Toujas

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