Les Plaisirs Coupables… Dreamscape (1984)

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1984, de Joseph Ruben

Avec Dennis Quaid, Christopher Plummer, Max Von Sydow, Kate Capshaw, David Patrick Kelly, George Wendt et Eddie Albert

Scénario : David Loughery, Chuck Russell et Joseph Ruben

Directeur de la photographie : Brian Tufano

Musique : Maurice Jarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Science des Rêves

 

Il ne faisait décidément pas bon rêver dans les salles obscures en 1984. Quand ce n’était pas le méchant griffu d’Elm Street qui décimait de l’adolescent endormi, c’était un terrifiant homme-serpent qui troublait le sommeil d’un pauvre garçonnet ou encore d’abominables mutants, seuls survivants d’un holocauste atomique qui hantaient les cauchemars du Président des Etats-Unis, prisonnier des « griffes » de Morphée.

 

Sorti trois mois avant le succès phénoménal de A Nightmare On Elm Street (Les Griffes de la Nuit), qui lança pour la New Line une juteuse franchise, Dreamscape, au sujet similaire, a toujours été considéré comme le parent pauvre du film culte de Wes Craven, qui révéla le boogeyman ultime du cinéma d’horreur : Freddy Krueger… A l’époque, les vagues accusations de plagiat provenant des deux camps ne contribuèrent certainement pas à plaider la cause de Dreamscape, mais les deux films concurrents s’avèrent en fin de compte assez différents pour pouvoir coexister en harmonie. A Nightmare On Elm Street devint le phénomène culturel mondial que l’on sait, engrangeant 6 suites (de moins en moins effrayantes), un spin-off (Freddy vs. Jason), un pitoyable remake, une série télévisée (Freddy’s Nightmares) et des profits pharamineux sur le merchandising, tandis que Dreamscape, suite à son modeste succès en salles, devient au fil du temps un petit film culte fort apprécié des fantasticophiles. A l’occasion de sa ressortie en DVD et Blu-Ray chez Carlotta, Action-Cut revient sur ce drôle de film assez méconnu.

 

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Conséquence de la déferlante Star Wars / Indiana Jones, les années 80 furent celles de l’imagination, du rêve, de l’aventure et des effets spéciaux de plus en plus sophistiqués, inspirés par la réussite en la matière de la trilogie de George Lucas… De nombreux films provenant de cette riche époque ont forgé la cinéphilie de nombreux enfants et adolescents rivés sur leurs écrans. Parmi ceux-ci, des cinéastes « geeks » comme J.J. Abrams, Joss Whedon, Edgar Wright, Matt Reeves, James Gunn, Alexandre Aja, James Wan et bien d’autres revendiquent l’influence du cinéma de l’époque sur leurs travaux.  Ces enfants des années 80 sont en effet devenus les principaux artisans du cinéma de divertissement hollywoodien de qualité actuel.

 

On pense bien entendu aux productions Spielberg / Amblin (E.T., Poltergeist, Back To the Future, Gremlins, The Goonies, Young Sherlock Holmes, Innerspace) mais également à des films cultes, bourrés d’imagination et d’un grain de folie comme An American Werewolf In London, Creepshow, The Thing, TRON, The Dark Crystal, WarGames, The Last Starfighter, Ghostbusters, Starman, The Neverending Story, Razorback, The Company of Wolves, Big Trouble In Little China, The Fly, Labyrinth, Willow… des productions on ne peut plus variées, qui avaient pour point commun de mettre en ébullition l’imagination des jeunes spectateurs en leur proposant des effets spéciaux (pour l’époque) totalement révolutionnaires, une ribambelle de monstres, créatures, extraterrestres et environnements fascinants qui relevaient du merveilleux.

 

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Un an après avoir affronté le ridicule requin en 3D des Dents de la Mer 3, Dennis Quaid incarne Alex Gardner, un jeune homme doué de facultés psychiques et d’extraordinaires dons de médium qu’il gâche en jouant aux courses plutôt que de les mettre eu service de la science… «Le tiercé, c’est son dada ! », aurait dit Guy Lux à la même époque si on lui avait demandé son avis… Criblé de dettes, Alex est approché par son ancien mentor, le Docteur Novotny (Max Von Sydow) qui le menace d’avertir le FISC sur sa situation afin de le contraindre à prendre part à une série d’expériences scientifiques top secret visant à étudier les cauchemars de patients atteints de graves troubles du sommeil. Bien plus qu’une simple étude, il s’agit d’une expérience immersive qui consiste, pour le médium, relié au sujet via une machinerie complexe, à pénétrer directement en plein cœur des rêves, le but étant d’aider les insomniaques à combattre leurs cauchemars récurrents… Bien évidemment, au grand dam de Novotny, le gouvernement, en la personne de Bob Blair (Christopher Plummer), commence à s’intéresser au projet lorsque le Président des Etats-Unis dépressif (Eddie Albert) est victime de terrifiantes visions apocalyptiques qui l’empêchent de remplir ses fonctions. Blair, un sinistre politicien aux noirs desseins compte en fait assassiner le leader du monde libre, en « implantant » dans ses rêves un assassin, Tommy Ray (David Patrick Kelly), un jeune et puissant médium, concurrent d’Alex. Tommy Ray est capable d’induire un arrêt cardiaque chez les sujets qu’il « visite » en amplifiant l’intensité de leurs cauchemars. En attendant, pour Alex, qui s’est pris d’affection pour ses patients, mais surtout pour la voluptueuse Docteur De Vries (Kate Capshaw), l’assistante de Novotny, commence une longue période d’apprentissage durant laquelle il pénètre dans des mondes où les limites de l’imaginaire sont sans cesse repoussées…

 

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Ca, c’est du moins dans les intentions. Dreamscape ne contient en réalité que cinq rêves différents, permettant au film de zigzaguer entre les genres (comédie burlesque, scène érotique, heroic fantasy, pur film d’horreur) et les styles visuels. Pour son baptême de l’air, Alex est propulsé au sommet d’un gratte-ciel dans le subconscient d’un ouvrier du bâtiment atteint de vertige. Il se retrouve ensuite dans la chambre à coucher d’un mari cocu, dont l’épouse volage batifole avec tous ses collègues devant leurs enfants… Alex prend à cœur sa mission au sein du cauchemar récurrent d’un enfant terrifié chaque nuit par une repoussante créature mi-homme, mi-serpent (mi-sérable) de 3 mètres… Pour Alex, ces rêves paraissent bien réels, particulièrement lorsqu’il se retrouve plongé dans le désert post-apocalyptique fantasmé par le Président, rongé de remords à l’idée d’avoir transformé la population américaine en monstrueux mutants après avoir appuyé sur « le bouton rouge »…

 

Le réalisateur Joseph Ruben, qui retrouvait Dennis Quaid pour la troisième fois après le drame adolescent Our Winning Season (1978) et la comédie potache Gorp (1981) s’amuse comme un fou à inventer des procédés originaux pour illustrer les différents séquences oniriques, bien plus variées que dans le film de Wes Craven.

 

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Filmée au grand angle, la scène du gratte-ciel, malgré des arrières-plans en incrustation peu réalistes, réussit à donner une véritable sensation de vertige. Les deux acteurs, suspendus à des centaines de mètres de la terre ferme, évoluent dans un monde fantasmagorique où les nuages défilent à toute allure… ce ciel irréel renforçant l’aspect onirique de la séquence… L’épisode du mari cocu quant à lui, est amplifié par des bruitages comiques et des acteurs ahuris qui semblent sortis tout droit d’une mauvaise sitcom…

 

Affolé par la sensualité débordante de la doctoresse incarnée par Kate Capshaw (qui n’était pas encore Mme. Steven Spielberg mais qui deux mois plutôt avait visité le temple maudit en compagnie d’Indiana Jones…), Alex se propulse dans les rêveries intimes de cette dernière et lui fait passionnément l’amour dans un train en mouvement… Elle en rêve si fort que ses draps s’en souviennent… jusqu’à ce qu’elle se réveille en colère, humiliée (mais sexuellement troublée) par cette intrusion. Essayez de tourner une scène similaire en 2014 et vous aurez très vite les associations féministes sur le dos… Joseph Ruben filme cette scène d’amour vaporeuse comme un pastiche d’un film de David Hamilton : atmosphère ouatée, le héros avec la chemise à moitié entrouverte sur son torse viril, l’héroïne vêtue d’une robe blanche virginale qui lui lance un regard troublant… On se surprendrait presque à attendre une mélodie de Pierre Bachelet ou de Richard Clayderman en fond sonore… Ces quelques minutes prodigieusement érotiques auront fait fantasmer bien des adolescents en ce milieu des années 80… La scène fut malheureusement victime de coupes drastiques lorsque le studio, incapable de déterminer à quel public le film était destiné, allégea la séquence de sa nudité dans les éditions en VHS, DVD et même sur ce Blu-Ray flambant neuf… A n’en pas douter, les VHS enregistrées lors des passages du film sur les chaînes européennes, doivent se vendre sous le manteau à des prix exorbitants…

 

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Mais le vrai morceau de bravoure du film reste cette vision des cauchemars du Président, dans lesquels s’immisce le pervers Tommy Ray, sorte de Lee Harvey Oswald / John Wilkes Booth aux pouvoirs illimités, capable de prendre toutes les apparences qu’il désire pour accomplir sa funeste mission. Se déroulant dans une atmosphère post-nucléaire aux arrières-plans et au ciel rouges vif, conséquence d’une terrible contamination d’ordre mondial, la séquence fourmille de détails : mutants / zombies décharnés, diaboliques molosses aux yeux brillants, bâtiments éventrés par le souffle de l’explosion (un peu comme dans Terminator 2 mais avec le budget cantine de celui-ci)… des éléments qui fleurent bon la série B post-apocalyptique italienne chère à Lucio Fulci (2072, les Mercenaires du Futur) ou Enzo G. Castellari (Les Guerriers du Bronx), avec des décors très cheap qui n’empêchent pas une atmosphère anxiogène…

 

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Ruben mise beaucoup sur le charisme du jeune et éminemment sympathique Dennis Quaid, dont le sourire craquant était à l’époque la grande marque de fabrique. Pour l’anecdote, vers la fin des années 80, alors qu’il était devenu une grande star grâce à des projets divers comme The Right Stuff, The Big Easy, Innerspace ou encore Great Balls Of Fire, l’acteur dut se résoudre à refuser les projets où on lui demandait sans cesse de « dégainer » cet éclatant sourire, tant les réalisateurs en usaient et abusaient comme d’un gimmick dont l’acteur commençait réellement à se lasser. C’est donc la raison pour laquelle vous ne verrez jamais Dennis Quaid sourire dans sa filmographie des années 90…

 

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Quaid est bien entouré par un casting de seconds rôles prestigieux : Max Von Sydow en scientifique débonnaire, Christopher Plummer en crapule de la pire espèce, sans oublier le phénomène David Patrick Kelly, qui endosse le rôle de Tommy Ray, le médium assassin à l’ego démesuré et au complexe d’Œdipe non-résolu. Cet acteur de petite taille à l’apparence très singulière (une grosse tête sur un corps très mince, sans cou) s’avère réellement terrifiant dans le rôle de ce dangereux psychopathe fan de Bruce Lee. On le retrouvera d’ailleurs souvent par la suite dans des emplois similaires de méchants, dans Wild at Heart (Sailor et Lula), The Crow, la série Twin Peaks et surtout dès l’année suivante dans Commando, dans lequel Arnold Schwarzenegger, avant de le jeter du haut d’une falaise, lui lançait son célèbre « Tu te rappelles, Sully, que j’avais promis de te tuer en dernier ?… J’avais menti. »

 

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Distribué par la Fox, Dreamscape fut malheureusement un de ces films « sacrifiés » parce que le studio ne comprenait pas son potentiel et ne savait pas vraiment comment le vendre… Film fantastique aux thèmes et à l’imagerie adultes ou bien film d’aventure mâtiné d’une dose d’horreur pour plaire aux enfants?… Les triomphes récents de Poltergeist, Gremlins ou Ghostbusters, qui avaient su, malgré quelques scènes horrifiques corsées, attirer un public jeune, ont valu à Dreamscape, conçu au départ comme une œuvre résolument adulte, un sérieux repositionnement quant au public visé lors de sa phase de promotion. Après Red Dawn (L’Aube Rouge, de John Milius), Dreamscape fut le deuxième long-métrage estampillé « PG-13 », une nouvelle classification de la MPAA qui correspond à notre « interdit aux moins de 13 ans non-accompagnés »… Suite à quelques coupes dans l’horreur et l’érotisme, ce film qui aurait du être classé « R » (interdit aux moins de 18 ans) pâtit de sa nouvelle classification réductrice… Résultat : les adultes ne se déplacèrent pas en masse. Cette indécision constante au niveau de la promotion valut au film de faire un score tout juste honorable au box-office, sans étincelles. C’est seulement lors de ses diffusions télévisées ou de sa parution en VHS que le film gagnera en popularité. A noter que certaines cassettes vidéo éditées en France l’avaient pour l’occasion retitré abusivement « Dreamscape – Les Aventuriers du Rêve Perdu »… Cela ne s’invente pas !

 

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Preuve de l’incompréhension totale du studio envers son propre film : la magnifique mais trompeuse affiche dessinée par le légendaire Drew Struzan (dont les posters pour la trilogie Star Wars, les Indiana Jones, Blade Runner et tant d’autres, ont marqué toute une époque…) De toute évidence, il s’agit d’un plagiat éhonté et commandé en dernière minute par le studio paniqué, du poster d’Indiana Jones et le Temple Maudit. Exemple flagrant de publicité mensongère, le poster nous vend un film d’aventures et d’action situé dans des décors exotiques… Or, à part la peur des serpents et une attirance indéniable envers Kate Capshaw, le héros de Dreamscape n’a rien en commun avec Indiana Jones…

 

Tellement daté et typique dans sa facture visuelle du milieu des années 80, Dreamscape a-t-il bravé l’épreuve du temps avec succès ? Oui et non… Ses éléments les plus risibles représentent aujourd’hui ce qui fait une grande partie de son charme désuet. Les effets spéciaux en particulier, suffisamment impressionnants en 1984 pour marquer un enfant à vie, ont pris un méchant coup de vieux… L’abominable homme-serpent qui avait plongé l’auteur de ce texte (alors âgé de 8 ou 9 ans) dans une série de nuits blanches, n’effraiera plus grand monde aujourd’hui. Dotée d’une tête absolument rigide et inamovible pour les gros plans, la créature, lors de ses transformations diverses, est animée avec la bonne vieille technique de la stop-motion chère à Ray Harryhausen, une technique qui – déjà en 1984 – était un peu dépassée… Le problème c’est que les deux versions de la créature ne se ressemblent absolument pas et que lors de son combat (en plans rapprochés) avec le héros, on a l’impression que l’acteur secoue une grosse baudruche totalement inerte, sortie des scènes coupées de Bioman.

 

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Le légendaire Maurice Jarre devait à l’origine composer pour le film un score orchestral, mais il préféra changer d’approche avec un score électronique qui, selon lui, collait bien mieux au sujet et aux images « hi-tech ». Le résultat, entêtant, reste pourtant un monument de kitsch, à des années lumières des envolées lyriques de ses travaux pour Laurence d’Arabie et Le Docteur Jivago

 

Années 80 oblige, les coupes de cheveux sont bouffantes, les chemises sont larges et bigarrées et, chez ces dames, les épaulettes sont de rigueur. L’hilarité et le comique involontaire surviennent quelque fois, mais jamais davantage que lorsque le héros, entre deux aventures dans le monde des rêves, se relaxe dans son appartement en rejouant le thème principal de Maurice Jarre au saxophone, dans un exemple stupéfiant de mauvaise post-synchronisation… C’était là une règle immuable, incontournable : le héros viril des années 80 qui se respecte, joue TOUJOURS du saxophone…

 

Si l’on excepte le décor d’un impressionnant escalier sans fin très inspiré de l’expressionnisme allemand, Joseph Ruben n’a pas les moyens de ses ambitions et ne peut se permettre d’imposer des séquences oniriques aussi sophistiquées et surréalistes que – par exemple – celles du mémorable A Nightmare On Elm Street, Part 3 (Freddy 3 – Les Griffes du Cauchemar), qui sortira trois ans plus tard et qui sera réalisé – le monde est petit – par Chuck Russell, scénariste de… Dreamscape ! La boucle est bouclée : le troisième épisode des mésaventures de Freddy Krueger (le meilleur de la série) peut donc se lire comme un prolongement plus ambitieux des idées qui ont germé sur Dreamscape

 

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Mélange savamment dosé de technologie, de bizarre, de comédie, d’aventures, de fantastique et d’horreur, Dreamscape, malgré ses limites budgétaires, la naïveté de son scénario, ses incohérences narratives, son coup de vieux indéniable et quelques fautes de goût typiques de l’époque, reste – à défaut d’un monument impérissable de la science-fiction – une petite série B originale, au charme fou, follement divertissante, gentiment érotique, parfois un peu risible mais bourrée d’idées. Joseph Ruben, honnête artisan de la série B américaine, qui signera par la suite des succès comme The Stepfather, (1988, avec Terry O’Quinn), Sleeping With the Enemy (1991, avec Julia Roberts) et The Forgotten (2004, avec Julianne Moore), confère à son film un côté tout simplement irrésistible Dreamscape est un réel « Plaisir Coupable », terriblement attachant, au sein d’une décennie qui en compte beaucoup…

 

Tellement attachant que Christopher Nolan s’en rappellera lorsqu’il écrira Inception… que l’on pourrait considérer comme un remake « sérieux » et bien plus sophistiqué du film de Joseph Ruben… mais sans gros serpent en caoutchouc ! Christopher Nolan : Why So Serious ?… La vague récente de remakes des films de genre des années 70 / 80 a généré plus de films gênants que de franches réussites. Mais si il y a bien un concurrent sérieux pour cet exercice périlleux, Dreamscape est le projet… rêvé!

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

 

 

 

 

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