Les Chefs d’oeuvre oubliés… May (2002)

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2002, de Lucky McKee – USA

Scénario : Lucky McKee

Avec Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nicole Hiltz, Kevin Gage, Norah Zehetner, Ken Davitian et Will Estes

Directeur de la photographie : Steve Yedlin

Musique : Jaye Barnes Luckett

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la Recherche de l’ami parfait

 

Complexée depuis l’enfance par un fort strabisme (une amblyopie pour être exact) qu’elle essaie de corriger tant bien que mal, May Dove Canady (Angela Bettis) est une jeune femme introvertie, solitaire, à la timidité maladive, absolument incapable de nouer des relations affectives durables. Sa seule confidente est Suzy, une vieille poupée de porcelaine enfermée dans un coffret dont la vitrine se fissure petit à petit. Incurable romantique, May ne rêve qu’à trouver le parfait compagnon, celui qui, enfin, la remarquerait, elle, la femme invisible que tout le monde ignore. Mais après deux terribles déceptions sentimentales, May tombe petit à petit dans la folie meurtrière. Avec la force du désespoir, elle décide de prendre les choses en main et, telle un Victor Frankenstein des temps modernes (aux méthodes moins scientifiques), elle entreprend de se fabriquer l’ami idéal, en prélevant ci et là les membres « parfaits » nécessaires à la finition de sa créature. May travaille dans une clinique vétérinaire, un boulot où son don pour la couture et pour faire de jolies sutures, va s’avérer bien pratique…

 

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Bête de festival durant l’année 2002, présenté chez nous au BIFFF en 2003 (remportant à l’occasion le Corbeau d’Argent), May est le deuxième film de Lucky McKee, seulement 26 ans à l’époque, mais son premier film « professionnel », le précédent, All Cheerleaders Die, co-réalisé en 2000 avec Chris Sivertson fut en effet tourné en vidéo en quelques jours avec une équipe d’amateurs et constitue davantage un exercice de fin d’études qu’un « vrai » film. Durant ces années de vaches maigres, McKee collabore à différents postes (scénariste, acteur, électrotechnicien, assistant du chef opérateur) sur les courts métrages de ses amis. Un apprentissage sur le tas qui permit au réalisateur en herbe de corriger la plupart de ses erreurs sur ce deuxième film et ainsi, de signer ce qui reste encore aujourd’hui une œuvre inoubliable, aussi originale que bouleversante et poétique. May reste en effet un de ces rares longs métrages qui réussit à merveille le mariage de la comédie (noire), de la romance et de l’horreur, un équilibre très difficile à obtenir et sur lequel de nombreux cinéastes se sont cassé les dents. Afin de réussir ce tour de force, McKee s’est entouré d’une équipe d’amis qu’il côtoyait à l’USC School of Cinematic Arts (Californie), des élèves appliqués qui, pour certains, connaîtront de brillantes carrières. Au montage, nous retrouvons ainsi les deux meilleurs amis du réalisateur : Chris Sivertson (futur réalisateur de I Know Who Killed Me et de l’excellent The Lost) et un certain Rian Johnson, réalisateur acclamé de Looper, actuellement en train de tourner un petit film intimiste intitulé Star Wars, Episode 8.

 

Inspiré des expériences de rejet vécues par Lucky McKee lors d’une adolescence particulièrement difficile, le scénario de May, remarquable en tous points, n’a pas son pareil pour décrire ce terrible sentiment de solitude et de carence affective. Paradoxalement, outre son strabisme, May n’a pas grand-chose de terriblement lourd à porter : jolie, mignonne, voire sexy quand elle le décide (elle confectionne elle-même toutes ses tenues), la jeune femme vit pourtant en permanence avec ce sentiment d’être en marge et le cache très mal derrière son sourire permanent de petite fille innocente.

 

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Ces sensations, le réalisateur lui aussi les a bien connues. A travers le personnage, McKee se livre à une véritable mise à nu, nous expliquant ses peurs, ses doutes, ses obsessions de jeunesse… Il est d’ailleurs toujours amusant de constater la gaucherie naturelle du cinéaste (que nous avons rencontré à plusieurs reprises au BIFFF à Bruxelles), un grand dadais rouquin qui se déplace rarement sans sa maman ! May n’attire l’attention que malgré elle, à partir du moment où elle tente de faire connaissance avec autrui. Terriblement maladroite et n’ayant aucun filtre sociétal lui permettant de comprendre les limites d’une relation amoureuse « normale », elle se ridiculise souvent, au point où les hommes, d’abord intrigués, finissent systématiquementy par la rejeter pour cause de « bizarrerie aggravée ». Ainsi, lorsqu’elle rencontre Adam (Jeremy Sisto), un cinéaste amateur grand fan de films d’horreur et de Dario Argento en particulier, May commet son premier grand faux pas. Adam, emballé par le côté bizarre et la timidité de la jeune femme, lui fait découvrir sa dernière œuvre, « Jack & Jill », un très amusant et très sanglant court métrage en noir et blanc de 2 minutes (réalisé en fait par Chris Sivertson) racontant l’idylle de deux jeunes amants cannibales en pique-nique. Charmée, May s’imagine que l’amateur d’horreur sera ravi qu’elle reproduise sur lui les gestes qu’elle vient de découvrir à l’écran. Lors de leur première (et dernière) étreinte, la maladroite, animée de bonnes intentions, mord la lèvre d’Adam au point de le faire saigner abondamment. Elle se badigeonne ensuite le visage avec son sang, dans l’espoir naïf de le séduire. Elle ne réussit bien sur qu’à le faire fuir. Pas le meilleur départ pour une grande histoire d’amour!… A chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un, May demande « tu ne me trouves pas bizarre ? » Adam lui avait répondu : « Si. Mais j’aime tout ce qui est bizarre ! » Seulement voilà, contrairement à May, Adam a ses limites et préfère que l’horreur reste à l’écran. Il la quitte avant de lui avoir ravi sa virginité et lui dit « pas bizarre à ce point-là ! », brisant à jamais le cœur de notre héroïne qui par la suite, essaiera en vain de le recontacter. Adam préférera l’ignorer.

 

Idée ingénieuse de la part du réalisateur, pour incarner son double à l’écran, de choisir de faire du personnage principal une femme! Celles-ci étant généralement considérées dans le cadre du film d’horreur comme des femmes fatales, des potiches ou des créatures maléfiques, McKee prend le contrepied de ces conventions. May n’est rien de tout ça puisqu’elle reste de bout en bout, une petite fille perdue, terrassée par une insondable tristesse. Son strabisme ne peut à lui seul expliquer ce profond désespoir. En début de film, un flashback nous montre May enfant à sa fête d’anniversaire, moquée par ses cruels petits camarades à cause de son bandeau sur l’œil. Ce jour-là, sa mère, qui a tout d’une perverse narcissique et qui n’hésite pas à souligner la maladresse de sa fille, lui offre Suzy, une poupée au regard figé et inquiétant, trop « spéciale » et trop précieuse pour la sortir de sa vitrine. May est donc une petite fille qui ne peut jouer avec rien ni personne…

 

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Pour immerger le spectateur dans l’univers mental de May, McKee aborde son récit de la manière la plus subjective possible, en adoptant le seul point de vue de la jeune fille, une décision qui confère au film une dimension intimiste et une forte densité émotionnelle, tout en installant une tension dramatique parfois insoutenable. Nous savons que May risque de craquer ou d’avoir un comportement violent d’un moment à l’autre… reste à savoir quand ! Sa folie est représentée par la vitrine de la poupée, qui se fissure lentement. May entend en permanence dans sa tête le bruit insidieux du verre qui se brise, ce qui lui vaut de se boucher les oreilles ou de crier subitement à Suzy de « se taire » ! Une des scènes les plus douloureuses du film nous montre la jeune femme, gardienne d’enfants aveugles, apporter Suzy en classe afin de leur présenter sa meilleure amie. Mais les enfants insistent pour que May sorte la poupée de sa vitrine afin qu’ils puissent la toucher. May refuse mais les enfants rouspètent et finissent par briser la vitrine. Les enfants se précipitent à terre pour ramasser la poupée mais plongent leurs petites mains dans les débris de verre. La « mort » de Suzy et cet incident particulièrement sanglant, conjugués à l’abandon d’Adam, provoquent chez May un déclic. Elle atteint ce jour-là son point de non-retour.

 

« Il était très important que le public aime May, il fallait impérativement comprendre sa dimension humaine, son intellect afin d’intégrer suffisamment son vécu de sorte que lorsqu’elle se vautre finalement dans le meurtre, ce ne soit pas sans raison. Notre objectif était de faire en sorte que les spectateurs se rangent de son côté lorsqu’elle commet ses crimes, car la plupart du temps, les films d’horreur oublient de nous fournir les motivations par lesquelles le monstre devient dévastateur » déclarait Lucky McKee à la sortie du film. Pari réussi : si nous nous rangeons du côté de la meurtrière, son interprète, la formidable Angela Bettis, s’assure également que nous en tombions follement amoureux! May l’ignore, car tout le monde la trouve bizarre, mais son interprète, avec son sourire timide mais dévastateur, la rend absolument irrésistible.

 

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McKee fait la part belle à ses acteurs : Angela Bettis, aussi mignonne que dangereuse, montre toute la palette de son immense talent et trouve là le meilleur rôle de sa carrière. Ses deux partenaires principaux ne déméritent pas, à commencer par Jeremy Sisto (Adam), qui injecte une belle humanité dans un rôle qui aurait pu n’être qu’un énième mâle alpha américain. Adam ne quitte pas May par cruauté ou par malice, il essaie au contraire de comprendre et d’aider la jeune femme (qui n’entend rien, trop aveuglée par son chagrin) et de lui expliquer avec douceur pourquoi leur relation est vouée à l’échec ! Mais après leur séparation, May se rattache au moindre « peut-être » prononcé par lassitude au téléphone et le prend comme une promesse d’amour ! Aux yeux de May, Adam est la perfection incarnée mais ce fardeau pèse au jeune homme, surtout lorsque la jeune femme développe une véritable obsession envers ses mains. Jeremy Sisto s’avère absolument génial dans la peau d’Adam, observant May avec un mélange d’attirance (les premiers rendez-vous), de pitié et de répulsion (par la suite) mais surtout d’incrédulité. Il la regarde un peu comme Gérard Depardieu regardait Pierre Richard dans La Chèvre, ne croyant pas ce qu’il voit, croyant qu’on lui fait une blague ! L’aspect romantique de leur relation est donc très vite tué dans l’œuf, sans qu’Adam ait fait quoi que ce soit de mal. Tout juste la traite-t-il de « cinglée » (« lunatic ») lorsqu’il croit qu’elle ne l’entend pas, un simple mot qui provoque les larmes de la jeune femme… Anna Faris (la saga Scary Movie), dans le rôle de Polly, collègue de May à la clinique vétérinaire, avec qui elle s’engage dans une brève relation lesbienne, joue une fois de plus, avec une belle énergie, une insupportable écervelée, incarnation de la médiocrité et de la vulgarité. La soit-disant perfection physique de Polly, jeune femme ouvertement sexuelle et multipliant les aventures, est cependant gâchée – excellent gag en forme de métaphore – par un affreux furoncle poilu sur l’index, un détail physique qui dégoûte May. Polly, dont May aime beaucoup le cou, finira avec la gorge tranchée dans une scène au suspense insoutenable.

 

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Lucky McKee dit chercher dans ses films les petites imperfections, qui rendent une œuvre unique. Ponctué de petits moments étranges, d’humour noir (l’anecdote sur le chien dont les points de suture ont lâché, libérant ses boyaux…), de dialogues remplis d’hésitations, de sourires qui en disent long, puis de crises de rage véritablement douloureuses, son film est une œuvre à priori modeste mais d’une très grande richesse, dont la subtilité pourrait échapper aux plus distraits, entre deux meurtres sanglants. May est bizarre, certes, mais pas ouvertement. Le langage lui est difficile, tant elle passe ses journées seule, à ne parler qu’à sa poupée. Parfois, May ne répond pas lorsqu’Adam lui parle. Sous son charme, elle ne fait que sourire béatement, incapable de sortir le moindre mot. Sa maladresse s’avère souvent touchante et se traduit admirablement dans son langage corporel (elle marche à toute vitesse et la tête baissée pour éviter qu’on croise son regard) et dans les étapes de sa rencontre avec Adam. Une première fois, elle le croise sur un passage pour piétons, s’avance pour l’aborder, mais le courage lui manque et elle modifie sa trajectoire, toute penaude, sans qu’Adam ait remarqué son manège. La fois suivante, elle se confectionne une superbe robe rouge, provocante, et « oublie » de porter un soutien-gorge afin d’attirer son attention. Cette fois encore, Adam ne la remarque pas (un comble, car May s’avère dans ces scènes absolument superbe !) Pire encore, Adam s’endort, ce qui permet à la jeune femme de s’approcher de lui et de caresser ses mains subrepticement. Exaltée, elle exagère et enfouit son visage dans ces mains qu’elle admire, ce qui réveille Adam et leur permet de faire connaissance. Mais toute relation de May est vouée à l’échec. Ce n’est que bien plus tard, dans le meurtre, qu’elle s’épanouira. C’est le meurtre qui la rend adulte. Dans ces scènes, Angela Bettis est maquillée différemment pour faire plus âgée et l’actrice prend une voix totalement différente, plus assurée, plus « femme ». Une transformation très subtile qui ajoute à la richesse de la performance de l’actrice !

 

Les scènes gore font elles aussi preuve de subtilité et ne sont jamais gratuites, jouant plutôt sur l’expectative et sur l’humour noir. Les meurtres sont douloureux et sanglants, mais brefs. La première victime de May est un chat stupide qui, lui aussi, lui refuse son affection et qu’elle tue à l’aide d’un cendrier. Quelques jours plus tard, nous nous rendrons compte que May dort depuis ce jour-là avec la dépouille de l’animal à ses côtés, obligée de l’asperger régulièrement de déodorant ! Les séquences les plus douloureuses sont celles qui touchent aux yeux, notamment lorsque May, dans une crise de rage, enlève ses lentilles de contact et se les frotte frénétiquement ou encore lorsque – SPOILER – elle se plante un couteau dans l’œil droit pour l’arracher – FIN DU SPOILER.

 

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Avec son esthétique de film indépendant, inspirée des thrillers de Brian De Palma et des films fantastiques de Dario Argento, May s’avère, visuellement, tout à fait singulier. Bien aidé par la magnifique photo de Steve Yedlin, Lucky McKee compose ses séquences comme des tableaux en s’inspirant ouvertement des peintures à l’huile de l’époque précédent Raphaël, avec un jeu constant sur les contrastes et les couleurs (le rouge et le noir dominent…) qui confèrent à son film une dimension mystique et le range définitivement, malgré l’absence d’éléments paranormaux, dans la case du cinéma fantastique. La bande-son, très réussie, alterne entre chansons rock / romantiques de groupes indépendants et un score, signé Jaye Barnes Luckett, qui rend hommage aux partitions de Pino Donaggio pour les films de De Palma.

 

Grâce au succès de May, principalement en festivals, McKee, qui cite John Cassavetes et François Truffaut, d’autres grands amoureux des femmes, comme influences, continuera au cours de sa carrière à montrer son amour pour les personnages féminins forts et déterminés, qu’elles soient héroïnes, victimes ou complètement cinglées. Véritable chef d’œuvre d’émotion et d’intelligence, May était sensé être le premier jalon de la carrière d’un grand auteur du fantastique, dont le cinéma à petit budget, résolument adulte, s’éloigne des canons du fantastique hollywoodien imposés par les grands studios. Malheureusement, la suite de la carrière du cinéaste, bien qu’estimable, ne retrouva jamais de tels sommets, plombée par les galères de tournage et la malchance. Après un excellent épisode de la série Masters of Horror (« Sick Girl », toujours avec Angela Bettis), McKee a signé The Woods, film fantastique, hommage au Suspiria de Dario Argento, dont le contrôle lui échappa. Le film, tourné en 2004, fut remonté sans son aval et ne sortit, sans succès, que très tardivement, en 2006. Pire encore, McKee fut carrément renvoyé de son film suivant, Red (2008) et remplacé, pour des raisons encore inconnues à ce jour, par le réalisateur norvégien Trygve Allister Diesen, après une interruption de tournage de 6 mois. Solidaire de son ami, Angela Bettis (qui tenait un second rôle) décida elle aussi de quitter le tournage… Excellente au demeurant, cette adaptation d’un roman de Jack Ketchum, dans laquelle un vieil homme se venge des voyous qui ont torturé son chien, ne remporta qu’un succès d’estime dans les festivals mais fut néanmoins saluée pour la performance émouvante de Brian Cox. Lucky McKee connut à nouveau un modeste succès en 2011 avec le très gore The Woman, nouvelle adaptation au vitriol d’un roman de Ketchum dans lequel toute la famille d’un avocat torture et viole à tour de bras une jeune femme mutique et sauvage trouvée dans les bois. The Woman pâtit d’effets spéciaux gore ratés et de quelques incursions involontaires dans le grotesque, mais laissait espérer un retour en force. Il n’en fut rien. Ennuyeux à mourir, le remake « professionnel » de l’amateur All Cheerleaders Die, petit slasher fantastique sans grande ambition, indigne du talent du réalisateur, que McKee co-réalisa en 2013 avec Chris Sivertson (la même équipe que pour le film original de 2000), laisse à penser que McKee a momentanément perdu sa « magic touch ».

 

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A noter qu’en 2006, dans un amusant renversement des rôles, Angela Bettis dirigea Lucky McKee dans son premier film de réalisatrice, Roman. Le réalisateur (piètre acteur, il faut bien l’avouer…) y tenait le rôle d’un jeune homme solitaire, version masculine de May, qui tuait involontairement la femme de ses rêves et entamait une jolie idylle… avec son cadavre !

 

Le regretté Wes Craven ne ment pas lorsque, sur la jaquette du dvd, il qualifie May en ces termes élogieux : « Effrayant, irrésistible et véritablement unique ». Œuvre forte, singulière, sensible, tour à tour hilarante et cruelle, May décrit avec maestria une descente aux enfers avec un crescendo dramatique imparable, l’histoire d’une fille imparfaite, une « freak » à la recherche – vaine – de la perfection, un état qui tendrait pourtant à aseptiser sa personnalité. Métaphore mélancolique sur le passage à l’âge adulte (May est une chenille désespérée de se transformer en papillon) et sur l’obsession de la normalité dans une société où « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », May se conclut sur une ultime image, onirique et troublante, qui mérite amplement sa place au panthéon des moments les plus poignants des chefs d’œuvre du film d’amour. SPOILER – May, qui a oublié de prélever des yeux pour finir son chef d’œuvre, s’est arraché l’œil pour que son nouvel ami, composé des membres recousus ensemble de toutes ses victimes, puisse la regarder. La souffrance étant trop forte, la frêle jeune femme meurt dans les bras du corps recomposé. Quelques secondes après sa mort, la créature prend vie et pose la main sur son corps… – FIN DU SPOILER.

 

Film douloureux et original sur un thème intemporel, la solitude, May nous présente la meurtrière la plus adorable de l’histoire du cinéma, qui ne demandait qu’une seule chose : qu’un ami la prenne dans ses bras ! Plus d’un spectateur se serait dévoué !…

 

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

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