Les Chefs d’oeuvre oubliés… Glengarry Glen Ross (1992)

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(GLENGARRY)

1992, de James Foley – USA

Avec Jack Lemmon, Al Pacino, Ed Harris, Alan Arkin, Kevin Spacey, Alec Baldwin et Jonathan Pryce

Scénario : David Mamet, adapté de sa propre pièce

Directeur de la photographie : Juan Ruiz Anchia

Musique : James Newton Howard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rage Against “the Machine”

 

A Hollywood le scénariste dont la renommée dépasse celle du réalisateur dirigeant son script est un oiseau très rare, en voie de disparition. Seule la télévision et sa tradition de « showrunners » dirigeant des équipes de scénaristes bien rodées semble mettre la profession à l’avant-plan. En effet, combien de scénaristes de cinéma célèbres et de qualité le grand public peut-il encore nommer aujourd’hui, à l’heure où tout Hollywood réécrit jusqu’à la nausée des histoires de superhéros et de robots géants souvent très similaires ?

 

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Dans les années 80 et 90, David Mamet, grand dramaturge et scénariste du Verdict (1982) de Sidney Lumet ou des Incorruptibles (1987) de Brian De Palma était de cette trempe-là. Au point qu’un terme fut créé pour qualifier le style qui imprègne ses dialogues (à la scène ou à l’écran) : le « Mamet Speak »… Des dialogues cyniques, au langage corsé et au vocabulaire bien particulier : celui de l’homme de la rue. Des dialogues mitonnés aux petits oignons, faisant un usage savant de la ponctuation, des italiques, des pauses cruciales et des guillemets afin d’attirer l’attention sur le côté hautement manipulateur de personnages cherchant souvent à cacher à quelque chose. Chez Mamet, les acteurs ne finissent pas leurs phrases, ils interrompent leurs partenaires, leurs dialogues se chevauchent… tout ça est orchestré comme une vraie symphonie de la parole. Ses dialogues, souvent récités par de grands acteurs sont les plus savoureux depuis des décennies de cinéma américain. Aujourd’hui, seuls Aaron Sorkin (The Social Network, The West Wing) et David Chase (The Sopranos) peuvent se targuer de lui arriver à la cheville.

 

Glengarry Glen Ross est sans aucun doute – avec Le Verdict de Sidney Lumet – le meilleur exemple du style Mamet au cinéma. Le scénariste joue astucieusement, comme nous le voyons dans l’exemple qui suit, sur les mots, les sous-entendus, les double-sens…

 

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Dave Moss (Ed Harris) : No. What do you mean? Have I talked to him about this? [pause]

George Aaronow (Alan Arkin) : Yes. I mean, are you actually talking about this, or are we just…

Dave Moss :  No, we’re just…

George Aaronow : We’re just « talking » about it.

Dave Moss : We’re just speaking about it. [pause] As an idea.

George Aaronow : As an idea.

Dave Moss : Yes.

George Aaronow : We’re not actually “talking” about it.

Dave Moss : No.

George Aaronow : Talking about it as a…

Dave Moss :  No.

George Aaronow : As a robbery.

Dave MossAs a « robbery? » No.

 

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Excellent réalisateur à ses heures (House Of Lies, Homicide, La Prisonnière Espagnole), Mamet monte Glengarry Glen Ross à Broadway en 1984 avec un casting prestigieux mené par son fidèle collaborateur, l’acteur Joe Mantegna (dans le rôle repris au cinéma par Al Pacino). Lauréate du prix Pulitzer, la pièce est un triomphe et comme de bien entendu, une adaptation cinématographique est vite envisagée. Trop occupé par le tournage de son deuxième film en tant que réalisateur (Homicide, 1991), Mamet se contente de signer l’adaptation de sa propre pièce et c’est à James Foley qu’est confiée la réalisation…

 

James Foley ? Pas un choix évident car à l’époque, le réalisateur sortait du désastre de Who’s That Girl ? (1987), comédie insignifiante, « véhicule » purement commercial destiné à faire de Madonna une star de cinéma et qui connut un flop retentissant. Gageons que la présence de Foley à la barre du projet est due davantage à son excellent drame familial coup de poing At Close Range (Comme un Chien Enragé, 1986), un film d’une puissance et d’une qualité indéniables dans lequel le réalisateur obtenait de la part de Christopher Walken, Sean Penn et Chris Penn les meilleures performances (jusque là) de leurs carrières respectives. Comme Mamet, James Foley est un amoureux des grands acteurs et le casting époustouflant de Glengarry Glen Ross en est la preuve éclatante : Jack Lemmon, Al Pacino, Ed Harris, Alan Arkin, Kevin Spacey, Alec Baldwin et Jonathan Pryce sont de la partie! Rien que ça…

 

L’histoire : l’affrontement se déroulant sur deux jours d’un groupe de quatre vendeurs en immobilier de la firme « Mitch & Murray », obligés de mener une lutte sans merci pour garder leurs places. Le cadre supérieur d’une importante société immobilière (Alec Baldwin) vient annoncer aux vendeurs une restructuration des effectifs. Les meilleurs resteront et se verront confier une liste de précieuses fiches d’investisseurs particulièrement convoitée (la liste « Glengarry »), les autres seront purement et simplement mis à la porte. Ils vont donc devoir se démener pour effectuer un maximum de ventes en un minimum de temps. Mais la liste « Glengarry » est dérobée pendant la nuit et la police s’en mèle…

 

L’équipe, est constituée d’un panel représentatif de ce microcosme déplaisant. Tous sont aigris, tous ou presque se détestent ouvertement. Ils mettent le manque de réussite de la firme sur le dos de la crise, mais la vérité c’est qu’ils sont fatigués. C’est une constante dans les récits de Mamet, les personnages sont décrits et résumés parfaitement dès leur première apparition et leur premier dialogue.

 

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Il y a d’abord la star de la boite : Ricky Roma (Al Pacino, nommé à l’Oscar du Meilleur Second Rôle), le meilleur « closer » de l’équipe, sur de lui, arrogant, beau parleur, donneur de leçons, avec dans son viseur un pigeon de client (Jonathan Pryce) naïf et influençable, à qui il fait de beaux discours afin de toucher une grosse commission. Pacino, 9 ans après Scarface, retrouve un rôle qui lui permet de HURLER un certain nombre de ses répliques… une méthode qu’il ne cessera plus d’utiliser, quitte à se caricaturer dans certains films moins importants… Tel un serpent, Ricky Roma charme sa proie et utilise les pires mensonges et stratagèmes pour réussir ses ventes, poussant le vice jusqu’à monter son client contre sa propre épouse, le persuadant qu’il s’agit d’une opportunité à ne pas manquer plutôt qu’un investissement. Roma est un acteur tellement fin que sa victime finit par s’excuser auprès de lui lorsqu’elle ne tombe pas dans son piège. Roma est la tchatche incarnée et c’est à se demander pourquoi ce vendeur de talent travaille encore chez « Mitch & Murray » et son équipe de bras cassés…

 

A l’autre bout du spectre, se trouve son ami Shelley « The Machine » Levine (Jack Lemmon), un vieux loser aigri que la chance a déserté depuis des années. Il est le plus susceptible de perdre la course contre la montre et d’être viré deux jours plus tard, n’ayant réussi aucune vente importante depuis des lustres… Aucun de ses collègues, hormis Roma qui éprouve envers lui une certaine pitié, ne le respecte. Tous finissent d’ailleurs par l’insulter ou par se moquer de lui… Agaçant, Shelley est un disque rayé qui ressasse sans cesse à ses collègues (qui ne l’écoutent plus depuis longtemps) les légendes de sa gloire passée. Refusant d’admettre sa médiocrité dans un monde qui le dépasse, il met ses problèmes sur le compte de la malchance. A bout de ressources et d’énergie, utilisant sa fille malade pour que l’on s’apitoie sur son sort, Shelley essaie avec l’énergie du désespoir de soudoyer le jeune manager du bureau, John Williamson (Kevin Spacey, un gratte-papier sournois, qui suit les règles sans broncher), pour qu’il lui refile en douce quelques unes des fameuses fiches « Glengarry » tant convoitées, pour le remettre sur les rails. Essayant d’apitoyer son jeune boss sur son sort, Shelley passe par la colère, l’insulte, puis finalement par le pot de vin. Williamson finit par accepter à condition que Shelley le paie à l’avance. Désespéré, ce dernier débarque alors en pleine nuit comme un ouragan chez un client potentiel à qui il va tenter – sans succès – de vendre un terrain.

 

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Shelley n’inspire plus que de la pitié… un personnage tellement peu malin que même ses rares coups d’éclat finissent par se retourner contre lui. Il faut le voir dans cette scène brillante, face à face inoubliable entre Lemmon et Spacey, où enfin heureux et son arrogance momentanément retrouvée, il entreprend d’inculquer les ficelles du métier à son jeune patron, lui prodiguant des conseils d’un autre âge (« tu vois, c’est un métier qui s’apprend dans la rue ! ») alors que le jour précédent, il le suppliait à genoux. Lâche, geignard, aussi désespéré que désespérant, mielleux envers ses clients, menteur envers ses collègues, Shelley est une boule de nerfs et d’angoisses recourant au chantage en dernier recours avec pour seul but, non plus de gagner, mais de survivre in extremis. Shelley est un noyé qui crie à l’aide mais qui n’y croit plus beaucoup et qui, petit à petit, s’habitue à l’idée de mourir. Il n’est pas surnommé « The Machine » par hasard, puisque par manque d’entretien et faute de mises à jours, il s’est complètement grippé pour devenir totalement obsolète.

 

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« The Machine » est l’un des plus grands rôles du cinéma (et du théâtre) américain de ces trente dernières années. Interprété par Derek Newark puis par Robert Prosky au théâtre, le rôle semble pourtant avoir été écrit sur mesure pour Jack Lemmon qui a réussi mieux que quiconque à se l’approprier pour ajouter à sa brillante filmographie un nouveau personnage inoubliable de loser.  Le personnage sera parodié dès la sortie du film dans la série Les Simpsons, avec le personnage récurrent de « Mr. Levene », que l’on voit régulièrement exercer divers petits boulots minables, avant de finalement renoncer…

 

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Juste retour des choses, après Alan Alda en 2005 (à Broadway) et Jonathan Pryce en 2007 (à Londres), c’est Al Pacino qui reprenait en 2013 le rôle de Shelley Levine à Broadway…

 

De leur côté, Dave Moss (Ed Harris, sarcastique, râleur, jaloux et frustré) et George Aaronow (Alan Arkin, énigmatique, silencieux, peut-être plus intelligent qu’il en a l’air malgré son alcoolisme et ses doutes) parlent de quitter « Mitch & Murray » et de se venger d’être traités comme des enfants en dérobant les fiches pour les revendre à une firme concurrente. Moss recourt au chantage pour obliger Aaronow à commettre le vol. Ce dernier, peut-être l’homme le plus intègre de la firme, est mis devant un dilemme cornélien.

 

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Le lendemain matin, Shelley arrive au bureau avec un grand sourire aux lèvres : il a réussi une vente importante, sa première depuis très longtemps (une vente dont nous ne serons pas témoins)… ce qui tombe plutôt mal puisque le bureau a été cambriolé et que les précieuses fiches ont disparu. La police arrive pour questionner les employés un par un et Shelley, que tout accuse, est évidemment le principal suspect…

 

Le style de David Mamet est marqué également par le nombre incroyable d’insultes terribles que se lancent les protagonistes (« You stupid fucking cunt, you idiot… ») et un nombre de « FUCKS » à faire pâlir Tarantino... Ainsi, la scène la plus célèbre et la plus brillante fait intervenir Blake (Alec Baldwin, une seule scène dans le film, mais la meilleure de toute sa carrière), véritable requin au sourire carnassier et au langage ordurier qui vient dicter les règles du jeu à ces gens qu’il méprise et qu’il insulte copieusement avec une mgnifique arrogance. Le seul Dieu qu’il écoute, c’est sa devise : « A.B.C. – ALWAYS BE CLOSING ». « Vendre ou mourir » en quelque sorte… Cette scène mémorable n’existait pas dans la pièce et fut ajoutée par Mamet à l’occasion du film. Elle  commence lorsque Jack Lemmon / Shelley se sert un café…

 

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Blake (Alec Baldwin) : Let’s talk about something important. Put. That coffee. Down. Coffee’s for closers only. You think I’m fucking with you? I am not fucking with you. I’m here from Mitch and Murray. And I’m here on a mission of mercy. Your name’s Levine? You call yourself a salesman, you son of a bitch?

Dave Moss (Ed Harris) :  I don’t gotta sit here and listen to this shit.

Blake : You certainly don’t pal, ’cause the good news is : you’re fired. The bad news is – you’ve got, all of you’ve got just one week to regain your jobs, starting with tonight. Oh? Have I got your attention now? Good. « Cause we’re adding a little something to this month’s sales contest. As you all know, first prize is a Cadillac El Dorado. Anyone wanna see second prize? Second prize is a set of steak knives. Third prize is YOU’RE FIRED. Get the picture? You laughing now?

Shelley Levine (Jack Lemmon) : The leads are weak.

Blake  : The leads are weak? Fucking leads are weak? You’re weak! I’ve been in this business 15 years…

Dave Moss : What’s your name?

Blake  : FUCK YOU. That’s my name. You know why, mister? You drove a Hyundai to get here. I drove an $80,000 BMW. THAT’S my name. You see this watch? You see this watch?

Dave Moss : Yeah.

Blake  : That watch costs more than you car. I made $970,000 last year. How much’d you make? You see pal, that’s who I am, and you’re nothing. Nice guy? I don’t give a shit. Good father? Fuck you! Go home and play with your kids! You wanna work here – close! You think this is abuse? You think this is abuse, you cocksucker? A-I-D-A. “Attention, Interest, Decision, Action.” Get mad, you son of bitches. Get mad. You want to know what it takes to sell real estate? It takes BRASS BALLS to sell real estate. Money’s out there. You pick it up, it’s yours. You don’t, I got no sympathy for you. You wanna go out on those sits tonight and close, CLOSE. It’s yours. If not, you’re gonna be shining my shoes.

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Terrifiante et cruelle (mais jouissive) peinture d’une société en pleine déliquescence où seul l’argent compte encore, Glengarry Glen Ross est malheureusement plus que jamais d’actualité 22 ans après sa sortie. Les vendeurs de chez « Mitch & Murray » ne sont finalement que des numéros. Tous marchent sur un fil (comme le montre d’ailleurs le poster américain du film…) Leurs clients ne sont pas des humains, mais des dominos à faire tomber un par un, des cibles à éliminer. Et la mise en scène de James Foley (ambiance pluvieuse, musique jazzy mélancolique, mouvements de caméra élégants) vient encore renforcer l’idée qu’à la fin, malgré le drame et les destins respectifs des protagonistes, rien n’aura changé. Une nouvelle journée se termine. Demain, une nouvelle journée commencera et le même scénario se reproduira dans une autre boite. Les protagonistes de Glengarry Glen Ross sont d’une banalité déprimante… et c’est ce qui fait toute la force de ce film aussi impitoyable qu’amusant. Sur l’étagère des vidéoclubs à sa sortie, Glengarry Glen Ross était pourtant rangé dans la catégorie « comédies ». Le film, populaire aux Etats-Unis et acclamé par la critique, connut une sortie en catimini en Europe à cause – c’est assez ironique – d’un titre pas assez vendeur… Glengarry Glenn Ross n’a donc pas su atteindre ses objectifs commerciaux, mais sa popularité grandissante ne s’est jamais démentie.

 

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Depuis Glengarry Glen Ross, James Foley a fait du chemin, la qualité de ses projets semblant dépendre uniquement de celle des scénarios qu’il met en scène, son style passe-partout lui permettant de s’adapter, pour le meilleur et pour le pire, à ses sujets. Il passera donc par le très mauvais (Fear, 1996, The Corruptor, 1999, Perfect Stranger, 2007) et le sublime (quelques épisodes de Twin Peaks et de la récente série House of Cards où il retrouve Kevin Spacey…) Il ne retrouvera cependant jamais au cinéma la qualité de son unique chef d’œuvre… David Mamet quant à lui signera en 1997 le scénario du brillant et tout aussi impitoyable Wag the Dog, de Barry Levinson, variation dans le même style sur la mecque hollywoodienne du cinéma.

 

Grâce à la qualité de ses dialogues, d’un scénario ciselé, d’acteurs au sommet de leur art, mais également de l’énergie de la mise en scène (on est loin du théâtre filmé, un exploit puisque le film est presque uniquement composé de longues plages de dialogues et de monologues), Glengarry Glen Ross est une œuvre inoubliable, au ton désespéré, qui a influencé de nombreux films choraux. Sur le style, le film de James Foley fait parfois penser à Network, le chef d’œuvre de Sidney Lumet, satyre des médias et du voyeurisme de la télévision, qui montrait lui aussi une poignée d’hommes en colère dans une société malade. La différence c’est que dans Network, Peter Finch combattait le mal en se révoltant, puis en commettant le sacrifice ultime. Dans Glengarry Glen Ross, les protagonistes deviennent le mal en se conformant et en tentant à tout prix de sauver leurs fesses… L’influence évidente de Glengarry s’est constatée en 1994 avec le très noir Swimming With Sharks, de George Huang, dans lequel Kevin Spacey jouait un rôle de patron similaire à celui qu’il tient ici et  en 2011 avec l’excellent Margin Call, de J.C. Chandor (avec, est-ce un hasard?… Kevin Spacey!), qui reprenait le principe du huis clos entre une poignée de personnages d’importance égale, pour l’adapter à la crise de Wall Street et à la récession quasi-mondiale dans laquelle nous sommes embourbés.

 

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Abordant avec intelligence des sujets comme l’impuissance de la rage masculine, les ravages de la vanité et les subtilités et les coups bas des intrigues de bureau, Glengarry Glen Ross reste à ce jour la meilleure illustration d’une époque malade et montre les mesquineries auxquelles certains hommes n’hésitent pas à s’abaisser pour sauver leur peau, sans se soucier des victimes innocentes qu’ils font sur leur passage.

 

En 1986 dans Aliens, Sigourney Weaver parlait de ses collègues comme « a group of real estate salesmen fucking each other over for a goddam percentage »… Glengarry Glen Ross est l’illustration parfaite de la remarque colorée de la plus grande héroïne de l’histoire de la science-fiction… Si vous avez du mal à croire que la poésie (celle du désespoir) n’a pas sa place dans un film mettant en scène sept hommes s’insultant copieusement, le talent que David Mamet confère à son oeuvre, odyssée ultime dans la fange de ce sacro-saint rêve américain inaccessible, pourrait bien vous faire changer d’avis.

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

 

 

 

 

 

 

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