Bilan 2016 : TOP 20 des Meilleurs Films de l’année

Notre FLOP 20 2016

 

Notre hommage en photos aux disparus de 2016

 

Retrouvez notre TOP de l’année dernière

 

Depuis une quinzaine d’années, grâce à des festivals spécialisés comme le BIFFF qui mettent leur cinématographie en valeur, les productions coréennes ont gagné en visibilité et en popularité dans notre pays. Incroyablement diverse (polars, films d’action, films d’horreur, mélodrames, films sociaux, animation) mais toujours de qualité supérieure, l’offre en provenance de la péninsule ne cesse de démontrer l’énergie, l’inventivité et le talent exceptionnels dont font preuve les cinéastes-maison, qu’ils soient vétérans (Park Chan-wook, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho et Na Hong-jin, le quatuor de « stars » locales) ou des novices signant des premiers ou deuxièmes films à la qualité tout simplement époustouflante. Grâce à un modèle de production d’une redoutable efficacité (pas de censure, des sujets adultes, une violence décomplexée, des thématiques ambitieuses, une critique franche et saine des institutions et des mœurs du pays), les productions coréennes, grand public et populaires, affolent très régulièrement le box-office local et en remontrent sans aucun mal aux blockbusters hollywoodiens actuels, mais également au cinéma d’auteur de tous horizons !

 

Cette année, trois films coréens figurent en bonne place dans notre TOP 20, deux d’entre eux découverts en festivals, le troisième en salle. C’est bien mais encore insuffisant, car un quatrième chef d’œuvre, The Strangers (titre « français ») ou The Wailing (titre international), le film de Na Hong-jin qui se situe quelque part entre le fantastique et le film de serial killer, salué dans le monde entier comme une œuvre majeure, n’a pas été distribué chez nous malgré un public acquis à la cause du cinéma coréen !

 

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Une fois de plus, l’année 2016 aura été marquée par une quantité d’excellents films restés inédits dans les salles obscures de Belgique. Il convient donc de féliciter et remercier ces festivals qui nous permettent de découvrir des pépites inestimables alors que le public « normal », gavé d’inepties, doit se contenter des Visiteurs 3, de Joséphine s’arrondit ou de Brice 3… Le cinéma de qualité serait-il en train de devenir une denrée rare réservée aux élites tandis que le grand public se contente des restes ? Le débat est complexe mais il est un fait que, comme nous le disions déjà l’an dernier, la politique de distribution des films dans notre plat pays, est complètement à revoir. Sans le BIFFF ou le Festival du Cinéma coréen, nous n’aurions pas découvert des œuvres aussi originales, inventives et surprenantes que The Invitation ou encore The Tiger : An Old Hunter’s Tale, mastodonte du box-office coréen qui, lui non plus, ne sortira pas chez nous.

 

Idem pour l’exceptionnelle tragi-comédie néo-zélandaise Hunt For the Wilderpeople, réalisée par le trublion Taika Waititi (What We Do in the Shadows et bientôt Thor 3), saluée un peu partout comme le meilleur film de l’année 2016… mais désespérément invisible dans nos salles ! Un film que l’acteur Sam Neill n’hésite pas à qualifier du « meilleur de sa carrière »!

 

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Petit tour d’horizon de quelques autres films prometteurs qui n’ont pas eu les honneurs d’une sortie en salles en Belgique cette année : Before I Wake et Hush (de Mike Flanagan), Chi-raq (de Spike Lee), The Childhood of a Leader (de Brady Corbet), David Brent : Life On the Road (de Ricky Gervais), Desierto (de Jonas Cuaron), Dog Eat Dog (de Paul Schrader), The Duel (de Kieran Darcy-Smith), Eddie the Eagle (de Dexter Fletcher), Everybody Wants Some ! (de Richard Linklater), Green Room (de Jeremy Saulnier), The Hallow (Le Sanctuaire) (de Corin Hardy), I Am Not a Serial Killer (de Billy O’Brien), I Saw the Light (de Marc Abraham), Imperium (de Daniel Ragussis), Into the Forest (de Patricia Rozema), Into the Inferno, Queen of the Desert et Salt and Fire (de Werner Herzog), The Invitation (de Karyn Kusama), MacBeth (de Justin Kurzel), Mascots (de Christopher Guest), The Meddler (de Lorene Scafaria), Midnight Special (de Jeff Nichols), Mississipi Grind (Under Pressure) (de Anna Boden et Ryan Fleck), My Big Night (d’Alex De la Iglesia), The Neighbor (de Marcus Dunstan), The Ninth Life of Louis Drax (d’Alexandre Aja), Planetarium (de Rebecca Zlotowski), Popstar : Never Sop Stopping (d’Akiva Schaffer), Sisters (de Jason Moore), Swiss Army Man (de Dan Kwan et Daniel Scheinert), Tallulah, (de Sian Heder), True Story (de Rupert Goold), Wiener-Dog (de Todd Solondz) et The Witch (de Robert Eggers)… C’est donc en dvd / Bluray ou en VOD qu’il faudra tenter de les rattraper.  Il faut désormais s’y faire : nous sommes privés de certains des meilleurs titres dont la presse belge ne fait d’ailleurs pas l’écho, se contentant d’encenser aveuglément une vaste supercherie comme Toni Erdmann « parce que le sacro-saint Festival de Cannes en a décidé ainsi »! Nous avons donc malgré tout décidé d’incorporer certains de ces inédits à notre classement annuel !

 

A noter que nous avons déjà pu voir une poignée de films exceptionnels en visions de presse, déjà sortis ailleurs (LA LA LAND, THE FOUNDER, BRIMSTONE), susceptibles de figurer en bonne place dans notre TOP 2017 et que nous n’inclurons donc pas ici…

 

Avant de passer à notre Top 10, passons en revue les 10 finalistes suivants, qui n’ont pas démérité…

 

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20) HAIL, CAESAR ! (AVE CESAR !) (2016, de Ethan et Joel Coen – USA) Allez comprendre pourquoi George Clooney n’est jamais plus convaincant que lorsqu’il joue les abrutis ! Dans cette irrésistible nouvelle comédie des Frères Coen, entre pastiche cruel et recréations minutieuses de scènes de cinéma en provenance des années 40 et 50, Josh Brolin incarne un exécutif surmené, chargé d’étouffer les scandales au sein d’un grand studio de cinéma durant l’âge d’Or d’Hollywood. Scarlett Johansson, en clône d’Esther Williams, a un polichinelle dans le tiroir (dont le père n’est autre que Christophe Lambert!) Le communiste Channing Tatum fait des claquettes à la manière de Gene Kelly et tente une défection à l’Est. Clooney en version crétine de Charlton Heston est kidnappé par une guilde de scénaristes communistes qui tentent (en vain) de lui inculquer leurs valeurs tandis que le cowboy chantant Alden Ehrenreich (une vraie révélation) tente péniblement une reconversion dans un rôle dramatique face à un metteur en scène aussi raffiné que Douglas Sirk (interprété par Ralph Fiennes)… Tous sont absolument hilarants dans cette comédie culte qui, comme The Big Lebowski en son temps, se reverra en boucle !

 

19) EYE IN THE SKY (2015, de Gavin Hood – UK) Passé totalement inaperçu en salles malgré une ultime (et savoureuse) apparition du formidable Alan Rickman (disparu en janvier), ce film guerrier au suspense hitchcockien s’impose d’emblée par son impitoyable efficacité, une bonne dose d’adrénaline, ainsi que sa cruelle ironie. Dans une base du Nevada, un pilote de drones (Aaron Paul) est prêt à intervenir pour éliminer un dangereux terroriste à Nairobi. Mais une petite fille entre dans la zone de tir et la marge de manœuvre s’avère très courte ! Entre l’évaluation des dommages collatéraux et les pressions politiques, il doit attendre que ses supérieurs (Helen Mirren, Alan Rickman), qui luttent avec leurs supérieurs pour éviter un massacre inutile ET éliminer leur cible, lui donnent l’ordre d’appuyer sur le bouton… pendant qu’un agent sur le terrain (Barkhad Abdi) tente de régler la situation. Construit comme une course contre la montre géante à la 24 Heures Chrono, Eye In the Sky est le thriller le plus inventif et trépidant de l’année. On n’en attendait pas tant de la part de Gavin Hood, réalisateur perdu à Hollywood (X-Men Origins : Wolverine, Ender’s Game) qui semble ici retrouver l’inspiration de ses débuts avec Mon Nom est Tsotsi.

 

18) CREED (CREED : L’HERITAGE DE ROCKY BALBOA) (2015, de Ryan Coogler – USA) Qui aurait pensé, près de dix ans après le dernier épisode, que la franchise Rocky en avait encore sous le coude ? Premier film de la série à ne pas être initié ou écrit par Sylvester Stallone, Creed, qui aurait pu n’être qu’un spin-off opportuniste, retrouve la simplicité, l’humour, l’émotion et l’énergie du film original. Les rôles sont inversés : Rocky (Stallone à son sommet, bouleversant) devient l’entraîneur du fils caché d’Apollo Creed, incarné avec modestie par le charismatique Michael B. Jordan. Avec une jolie romance qui n’est pas loin d’égaler celle de Rocky et Adrian, une bonne dose d’humour, des clins d’oeil nostalgiques à la saga et des combats percutants, Creed est un film à l’image d’un personnage que nous aimons follement depuis 40 ans : avec un cœur immense!

 

17) DON’T BREATHE (DON’T BREATHE : LA MAISON DES TENEBRES) (2016, de Fede Alvarez – USA) Brillant exercice de style sur le thème de « l’aveugle en péril », Don’t Breathe (une production Sam Raimi) est une démonstration du savoir-faire exceptionnel de Fede Alvarez en matière de gestion du suspense. Évitant la plupart des tics énervants et des lieux communs du film d’horreur moderne, ce thriller claustrophobe nous présente un nouveau boogeyman mémorable et pousse le bouchon assez loin lors d’un climax immoral absolument inoubliable, qui aurait rendu Alfred Hitchcock fou de joie !

 

NOTRE CRITIQUE (parue en octobre) ICI

 

16) THE TIGER : AN OLD HUNTER’S TALE (2015, de Park Hoon-jung – Corée du Sud) Ode brutale et poignante à un cinéma d’aventures à l’ancienne, The Tiger, de Park Hoon-jung, oppose les points de vue de deux nobles créatures : un chasseur éploré (magnifique Choi Min-sik) et sa proie, un animal mythique (créé entièrement en images de synthèse convaincantes) avec lequel il partage un lourd passé. Avec ses accents melvilliens, sa violence décomplexée et ses images d’une poésie à couper le souffle, The Tiger est un blockbuster adulte qui rend tout son sens au mot « épique ».

 

NOTRE CRITIQUE (parue en octobre) ICI

 

15) THE NEON DEMON (2016, de Nicholas Winding Refn – USA) Grand film sur le monde cruel des illusions, les diktats de la beauté, le triomphe de la superficialité et la déchéance du rêve hollywoodien, The Neon Demon, le nouveau Nicolas Winding Refn, entre provocation et terreur, est une expérience inoubliable, parfois déplaisante, parfois hilarante, toujours fascinante, qui ne manquera pas de diviser et de déchaîner les passions.

 

NOTRE CRITIQUE (parue en juin) ICI

 

14) ROGUE ONE : A STAR WARS STORY (2016, de Gareth Edwards – USA) Malgré de nombreux défauts inhérents à son réalisateur Gareth Edwards (un grand manque d’humour, des personnages peu fouillés, Forest Whitaker en roue libre, Peter Cushing recrée en CGI sans son approbation…), Rogue One est néanmoins LE Star Wars que les fans attendaient et qui vient démontrer une bonne fois pour toutes que malgré le rachat de la franchise par le maléfique « Empire » Disney, l’entreprise d’exploration en profondeur de l’univers créé, puis mis à mal par George Lucas, est sur la bonne voie! Épopée guerrière parsemée d’images iconiques et de séquences spectaculaires à couper le souffle, Rogue One est un « Pont de la Rivière Kwai » dans l’espace évoquant le cinéma de David Lean et les meilleurs films de guerre des années 60 /70. L’univers, exceptionnellement mis en images de manière quasi-fétichiste (c’est un vrai « Death Star porn »), est fascinant, tout comme les deux méchants principaux : le pathétique et ambitieux Krennic (Ben Mendelsohn), quelque peu éclipsé par un Darth Vador terrifiant et particulièrement de mauvais poil, iconisé dans chacune de ses brèves apparitions !

 

13) I, DANIEL BLAKE (MOI, DANIEL BLAKE) (2016, de Ken Loach – UK) La Palme d’Or de l’année a été critiquée pour son manqué d’audace formelle et d’originalité. Mais qu’attendaient réellement ces critiques de la part du maître du cinéma social anglais à forte tendance gauchiste ? Ken Loach signe ici l’un de ses films les plus bouleversants depuis Kes et My Name is Joe. Tous ceux qui ont été confrontés à des fonctionnaires idiots, faisant la sourde oreille et n’ayant plus aucune notion de bon sens ou d’entraide, se reconnaîtront dans le personnage de Daniel Blake, interprété avec douceur, humour et résignation par l’exceptionnel Dave Johns. Plutôt que d’aider Daniel à toucher ses indemnités de maladie ou à retrouver du travail, ils l’humilient, l’infantilisent, le pénalisent et lui font mille reproches. Pour eux, cet homme malade du cœur n’est qu’un numéro, un cas social. Mais Daniel, un homme admirable et travailleur, va passer tout le film à les contredire et à nous montrer sa grande dignité face à cette administration digne d’un roman de Kafka, qui terrifie par son réalisme. A 80 ans, Loach signe une œuvre de jeune homme en colère, un très grand « petit film » !

 

12) THE WITCH (2016, de Robert Eggers – USA) Voilà longtemps qu’un film d’épouvante ne nous avait autant surpris par son originalité, son sérieux, son efficacité aussi discrète qu’éclatante et par l’insidieux sentiment d’angoisse qu’il arrive à distiller. Le premier film de Robert Eggers (25 ans), prix de la mise en scène à Sundance en 2015 pour sa rigueur et sa maestria, nous propose un conte gothique à l’ancienne (entièrement éclairé à la bougie ou en lumière naturelle) jouant énormément sur le hors-champ pour créer la terreur dans une étrange forêt de la Nouvelle Angleterre du 17ème siècle. Abordant le thème fascinant de la rigueur morale et religieuse en opposition à l’amour paternel, mettant en scène l’indicible comme le faisait un certain William Friedkin en 1973, The Witch est tout simplement l’un des plus grands films fantastiques de ces vingt dernières années. Il nous révèle en prime le talent juvénile et le joli minois d’Anya Taylor-Joy. Jaws vous avait fait passer l’envie d’aller vous baigner ? Après The Witch, vous ne regarderez jamais plus un bouc de la même manière…

 

11) HACKSAW RIDGE (TU NE TUERAS POINT) (2016, de Mel Gibson – USA) Cinéaste le plus doué et le plus controversé de sa génération, le paria Mel Gibson revient en force avec une épique épopée qui ressuscite le grand cinéma guerrier hollywoodien, confrontant conscience (morale et religieuse) et violence dans un spectacle sanglant, majestueux, fou et viscéral, dans lequel la thématique religieuse est abordée avec suffisamment d’intelligence, de retenue, d’émotion et d’humour pour que l’on s’attache à son héros. L’objecteur de consciences Desmond Doss (Andrew Garfield), sans jamais avoir manié un fusil, a réussi à sauver 75 de ses camarades lors de la Bataille d’Okinawa, risquant sa vie en plongeant au coeur de l’action sans se soucier de la sienne. Poussé, comme le réalisateur du film, par une ferveur religieuse inébranlable et la certitude d’être protégé par son Dieu, Doss est un héros controversé dont la foi peut tourner à l’entêtement aveugle, mais qui démontre, une fois n’est pas coutume, que la religion, lorsqu’elle suit réellement les écrits des Évangiles et se vit selon une série de principes inébranlables, comme le sens du sacrifice, peut s’avérer positive. Palme de la meilleure mise en scène de l’année!

 

Sans plus attendre, passons maintenant en revue les dix œuvres les plus brillantes sorties en 2016!

Cliquez sur le titre ou sur le lien en fin d’article pour lire nos critiques complètes…

10.

ETERNITE

2016, de Tran Ahn Hung – FRANCE

Scénario : Tran Ahn Hung, d’après le roman « L’élégance des veuves » d’Alice Ferney

Avec Audrey Tautou, Mélanie Laurent, Bérénice Béjo, Jérémie Rénier, Pierre Deladonchamps, Arieh Worthalter , Irène Jacob, Valérie Stroh, Philippine Leroy-Beaulieu, Juliette Lamet et Mathilde Warnier.

Directeur de la photographie : Ping Bin Lee

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Vibrant hommage à la maternité mais également l’une des plus douloureuses illustrations du deuil au cinéma depuis le bouleversant Bright Star de Jane Campion, Éternité (un choix controversé vu son bide en salles et un accueil critique très tiède) marque le retour en forme de Tran Anh Hung, qui signe un film volontairement désuet et contemplatif, susceptible de déplaire aux progressistes de tout poil et de provoquer un houleux débat, mais surtout de ravir les cinéphiles les plus romantiques.

 

Notre critique d’ETERNITE

 

 

 

 

9.

THE INVITATION

2015, de Karyn Kusama – USA

Scénario : Phil Hay et Matt Manfredi

Avec Logan Marshall-Green, Emayatzi Corinealdi, Tammy Blanchand, Michiel Huisman, John Carroll Lynch, Lindsay Burge, Michelle Krusiec, Mike Doyle, Jordi Vilasuso, Jay Larson, Marieh Delfino et Karl Yune

Directeur de la photographie : Bobby Shore

Musique : Theodore Shapiro

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Thriller intense, malsain et minimaliste, jouant avec retenue sur les codes du film d’horreur psychologique en huis-clos, The Invitation, de Karyn Kusama, est un puzzle paranoïaque flirtant avec le fantastique. Son scénario exceptionnel et une fin culottée risquent bien d’en faire une date dans l’histoire du cinéma de genre !

 

Notre critique de THE INVITATION

 

 

8.

TRAIN TO BUSAN

(DERNIER TRAIN POUR BUSAN)

2016, de Sang-ho Yeon – Corée du Sud

Scénario : Sang-ho Yeon

Avec : Yoo Gong, Soo-an Kim, Yu-mi Jeong, Song-seok Ma, Woo-sik Choi, Sohee, Gwi-hwa Choi et Eui-sung Kim

Directeur de la photographie : Hyung-deok Lee

Musique : Jan Young-gyu

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Plus effrayant qu’un trajet SNCB entre Namur et Liège, Dernier Train pour Busan, nouvelle perle du cinéma coréen, est un survival zombie-ferroviaire brutal et étonnamment poétique, qui fait le portrait peu reluisant d’une société où la lâcheté et l’héroïsme ressortent quand on les attend le moins. Du grand spectacle intelligent, épique, surréaliste… mais aussi terriblement émouvant !

 

Notre critique de TRAIN TO BUSAN

 

 

7.

 

HELL OR HIGH WATER

(COMANCHERIA)

2016, de David Mackenzie – USA

Scénario : Taylor Sheridan

Avec Chris Pine, Ben Foster, Jeff Bridges, Gil Birmingham, Dale Dickey, Katy Mixon, Kevin Rankin et Melanie Papalia

Directeur de la photographie : Giles Nuttgens

Musique : Warren Ellis et Nick Cave

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Ambitieux et passionnant de bout en bout, le néo-western Hell or High Water, de David Mackenzie, remet à l’honneur la notion d’auteur grâce au scénario de Taylor Sheridan et représente le meilleur de ce que le cinéma américain a encore à offrir, une sorte de retour en arrière vers la liberté créative et l’aspect adulte des films des années 70. En prime, des performances exceptionnelles de la part de de Jeff Bridges, Ben Foster et Chris Pine…

 

Notre critique de HELL OR HIGH WATER

 

 

6.

 

THE NICE GUYS

2016, de Shane Black – USA

Scénario : Shane Black et Anthony Bagarozzi

Avec Russell Crowe, Ryan Gosling, Kim Basinger, Angourie Rice, Matt Bomer, Keith David, Beau Knapp, Yaya DaCosta, Lois Smith, Jack Kilmer, Ty Simpkins, Yvonne Zima, Margaret Qualley et Murielle Telio.

Directeur de la photographie : Philippe Rousselot

Musique : David Buckley et John Ottman

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Rythme trépidant, scénario en béton armé, dialogues aux petits oignons, duo-vedette irrésistible (Russell Crowe en Depardieu et Ryan Gosling en Pierre Richard!), gags visuels à se taper le cul par terre, esprit politiquement incorrect, The Nice Guys est une comédie policière estampillée 100% Shane Black, une suite spirituelle de Kiss Kiss Bang Bang qui nous fait regretter que son réalisateur / scénariste, l’un des auteurs les plus doués de sa génération, se fasse aussi rare !

 

Notre critique de THE NICE GUYS

 

 

5.

 

CAPTAIN FANTASTIC

2016, de Matt Ross – USA

Scénario : Matt Ross

Avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton, Shree Crooks, Charlie Shotwell, Trin Miller, Kathryn Hahn, Steve Zahn, Erin Moriarty, Missi Pyle et Ann Dowd

Directeur de la photographie : Stéphane Fontaine

Musique : Alex Somers

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Original, drôle, émouvant, agréablement imprévisible, mettant en scène une tribu de marginaux cocasses sans jamais les ridiculiser ou les prendre de haut, Captain Fantastic est un « feel-good movie » qui, sous ses allures de modeste comédie, ode au non-conformisme évitant tout manichéisme, dévoile des richesses inattendues, en dit long sur les dérives de nos modes de vie occidentaux et offre à Viggo Mortensen, beau comme un Dieu (et nu comme un ver), le rôle de sa vie !

 

Notre critique de CAPTAIN FANTASTIC

 

 

4.

 

THE REVENANT

2015, de Alejandro Gonzalez Iñarritu – USA

Scénario : Alejandro Gonzalez Iñarritu et Mark L. Smith

Avec Leonardo Di Caprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter, Forrest Goodluck, Paul Anderson, Fabrice Adde, Brendan Fletcher et Lukas Haas

Directeur de la photographie : Emmanuel Lubezki

Musique : Carsten Nicolai et Ryuichi Sakamoto

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En transformant un récit historique de rédemption en simple histoire de vengeance, Alejandro Gonzalez Iñarritu signe une œuvre simpliste dans son propos mais exceptionnelle dans sa forme. Élégiaque, sanglant, épuisant, d’une beauté et d’une force démesurées, The Revenant, remake officieux du méconnu Man in the Wilderness (Le Convoi Sauvage), est une expérience cinématographique rare et précieuse. Courez au galop à l’appel de Léo !

 

Notre critique de THE REVENANT

 

 

3.

 

ROOM

2015, de Lenny Abrahamson – Irlande / CANADA / USA

Scénario : Emma Donoghue, d’après son propre roman.

Avec : Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William H. Macy, Tom McManus et Sean Bridgers

Directeur de la photographie : Danny Cohen

Musique : Stephen Rennicks

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Brillante méditation poétique sur la toute-puissance de l’imagination, Room, de Lenny Abrahamson enferme Brie Larson (victime d’un kidnapping et de viols répétés) et le petit Jacob Tremblay entre quatre murs pendant de nombreuses années. Évitant l’aspect glauque qu’un tel sujet – la séquestration forcée – aurait pu occasionner, le réalisateur signe un grand film chaleureux et original, une ode à l’amour maternel regorgeant de trouvailles visuelles et de performances bouleversantes !

 

Notre critique de ROOM

 

 

2.

 

THE BEAUTY INSIDE

(뷰티 인사이드)

2015, de Jong-Yeol Baek – Corée du Sud

Scénario : Seon-Jeong Kim et Jeong-ye Park

Avec Hyo-ju Han, Seo Joon Park, Juri Ueno, Lee Dong-hwi, Jin-Wook Lee, Ju-Hyuk Kim, Yeon-seok Yoo et Seong-woo Bae

Directeur de la photographie : Tae-kyung Kim

Musique : Yeong-wook Jo

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Le cinéma coréen nous offre une nouvelle perle rare avec le magistral et délicieux The Beauty Inside, premier film de Jong-Yeol Baek, chef d’œuvre d’humour, de fraîcheur, de romantisme et d’émotion, qui réinvente le film d’amour avec un grand A dans le style irrésistible de Groundhog Day. Mouchoirs à prévoir à l’entrée de la salle…

 

Notre critique de THE BEAUTY INSIDE

 

Et notre coup de cœur de 2016 est…

 

 

1.

 

THE HANDMAIDEN

(MADEMOISELLE)

(아가씨)

2016, de Park Chan-wook – Corée du Sud

Scénario : Seo-kyung Chung et Park Chan-wook, d’après le roman « Fingersmith » (« Du Bout des Doigts ») de Sarah Waters

Avec Min-hee Kim, Tae-ri Kim, Jung-woo Ha, Jin-woong Jo, Hae-suk Kim et So-ri Moon

Directeur de la photographie : Chung-hoon Chung

Musique : Yeong-wook Jo

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Monument de sensualité, échantillon parfait du style minutieux du génie coréen Park Chan-wook, The Handmaiden est un chef d’œuvre de mise en scène qui mélange brillamment romantisme échevelé, érotisme sulfureux, saphisme aguichant et intrigues mystérieuses. Ludique, passionnant et débordant d’images inoubliables, The Handmaiden envoûtera les érotomanes, les midinettes et les cinéphiles à parts égales !

 

Notre critique de THE HANDMAIDEN

 

 

Il n’y a malheureusement pas de place pour tout le monde. En 2016, nous avons également aimé : SPOTLIGHT (de Tom McCarthy), GREEN ROOM (de Jeremy Saulnier), NOCTURAMA (de Bertrand Bonello), ARRIVAL (PREMIER CONTACT) (de Denis Villeneuve), BONE TOMAHAWK (de S. Craig Zahler), PATERSON (de Jim Jarmusch), THE CORPSE OF ANNA FRITZ (de Hector Hernandez Vicens), POESIA SIN FIN (de Alejandro Jodorowsky), SING STREET (de John Carney), THE INFILTRATOR (de Brad Furman), A SECOND CHANCE (de Susanne Bier), LA DANSEUSE (de Stéphanie DiGiusto), THE HALLOW (LE SANCTUAIRE) (de Corin Hardy), VETERAN (de Seung-wan Ryoo), TRUMBO (de Jay Roach), THE BOY AND THE BEAST (LE GARÇON ET LA BÊTE) (de Mamoru Hosoda), IRREPROCHABLE (de Sébastien Marnier), VICTORIA (de Justine Triet), INSIDE MEN (de Woo-min Ho), THE GIRL ON THE TRAIN (LA FILLE DU TRAIN) (de Tate Taylor), FLORENCE FOSTER JENKINS (de Stephen Frears), ELLE (de Paul Verhoeven), CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR (de Anthony et Joe Russo) et 10, CLOVERFIELD LANE (de Dan Trachtenberg)…

Dossier rédigé par Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

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