BIFFF 2016, 34th edition

Retrouvez notre interview de Freddy Bozzo, co-créateur du BIFFF

 

Notre interview de Jonathan Lenaerts, programmateur et attaché de presse !

 

Et notre évocation de nos meilleurs souvenirs du festival…

 

8f8b02e8d0982dd7b181112682f07db104e2f36333db857481693e7d1de3d1753b075756Depuis quatre ans, le BIFFF, Festival du Film Fantastique de Bruxelles (ou « Brussels International Fantastic Film Festival ») se déroule au très respectable Palais des Beaux Arts (« Bozar », comme disent les jeunes.) Les aficionados du cinéma fantastique et de films de genre au sens large se retrouvent par centaines au seul événement cinématographique belge susceptible de combler leurs ardeurs sanguinaires, leurs déviances priapiques et leurs pulsions psychopathes. Malgré les événements tragiques qui ont secoué notre capitale quelques jours plus tôt, 53000 spectateurs se sont déplacés pour découvrir cette nouvelle sélection !

 

Du 29 mars au 10 avril derniers, trois salles nous présentaient une programmation de plus de 100 films en provenance du monde entier, de la Corée du Sud à la Chine en passant par Taïwan, le Brésil, l’Espagne, la Pologne, la Norvège, la France, l’Australie, la Belgique (une fois) et bien d’autres encore.

 

Impossible de visionner l’intégralité de la programmation, la séparation entre les différentes salles rendant certains choix véritablement cornéliens (Retribution ou What We Become ? Backtrack ou The Deal ? Southbound ou I Am a Hero? My Big Night ou The Invitation?)… Ainsi, malgré 47 films visionnés cette année, nous n’en avons vu que deux figurant au palmarès et nous avons raté I Am a Hero, lauréat du plus grand prix, le Golden Raven.

 

Nous nous rappelons de certaines éditions du BIFFF, il y a bien longtemps, où nous étions restés plusieurs jours sans voir un seul film digne d’intérêt. C’était l’édition 2007, sur le site de Tour et Taxis. La grande époque où le festival ne diffusait que des classiques (ouvrez au hasard le programme de 1995 pour vous en rendre compte) est bien révolue mais c’est pour un mieux, car la programmation propose aujourd’hui davantage de raretés, de curiosités, de films étrangers plus variés et de films que nous ne verrons nulle part ailleurs ! Dire que le festival a repris du poil de la bête depuis 4 ou 5 ans n’est donc pas exagéré : ces deux dernières années, 2015 et 2016 comptent parmi les éditions les plus riches de l’histoire du festival au niveau qualitatif !

 

Bien entendu, une telle pléthore de films ne va pas sans quelques déceptions. Cette année, ce sont des cinéastes connus et que nous adorons qui ont signé des œuvres indignes de leur talent : Rob Zombie avec 31, Alex Proyas avec Gods of Egypt (que nous analysons en long et en large un peu plus loin), Terry Jones avec Absolutely Anything (sympathique mais ne volant pas très haut vu le potentiel de l’idée de départ), Kevin Smith avec Yoga Hosers (une horreur irritante et infantile, proche de l’amateurisme, palme haut la main du plus mauvais film du festival !) ou encore Roland Joffé avec The Lovers, boursouflure romantique plus proche d’un soap opéra exotique que d’une saga épique. Le moins nous en dirons à propos du remake de Martyrs, chef d’œuvre coup de poing de Pascal Laugier de 2008, réimaginé par les Frères Kevin et Michael Goetz, sans une once de l’aspect subversif de l’œuvre originale, mieux cela vaudra…

 

Mis à part ces déconvenues, nous sommes très rarement sortis déçus de nos longues journées de projection (4 ou 5 films par jour!) Cette édition regorgeait d’œuvres « modestes » très réussies, à des niveaux et dans des genres différents, mais faisant toujours hommage au genre. Parmi elles, citons Pride and Prejudice and Zombies (de Burr Steers, amusante relecture gore du roman de Jane Austen), The Wave (de Roar Uthaug, film-catastrophe norvégien dans lequel une vague gigantesque vient engloutir une petite ville de montagne), Retribution (de Dani de la Torre, un « Speed » à l’espagnole mettant en scène l’intense Luis Tosar), Backtrack (de Michael Petroni, dans lequel, sur le mode de The Sixth Sense, Adrien Brody joue un psy qui voit des fantômes), Into the Forest (de Patricia Rozema, émouvant film post-apocalyptique « humain » dans lequel Ellen Page et Evan Rachel Wood jouent deux sœurs esseulées dans une grande maison en forêt, à la merci de tous), The End (de Guillaume Nicloux, sorte de prolongement thématique de Valley of Love, dans lequel Gérard Depardieu se retrouve perdu dans une forêt apparemment sans fin), Monster Hunt (de Raman Hui, amusant film de monstres chinois pour enfants, grands et petits), Ghost Theater (de Hideo Nakata, qui marque le retour en forme de l’auteur de Ring, avec une histoire de mannequin hanté), The Survivalist (de Stephen Fingleton, éprouvant huis-clos post-apocalyptique entre trois survivants obligés de partager leurs patates), Extinction (de Miguel Angel Vivas, épatant film de zombies futuriste avec Matthew Fox, parfaite petite série B du samedi soir), Enragés (de Eric Hannezo, remake du sulfureux et méconnu Rabid Dogs de Mario Bava, mettant en scène Lambert Wilson et Virginie Ledoyen, pris en otage lors d’un braquage ayant mal tourné), Curtain (de Jaron Henrie-McCrea, bizarrerie sous influence de David Lynch, narrant les aventures d’un rideau de douche maléfique provenant d’une autre dimension), Darling (de Mickey Keating, hypnotique film de maison hantée en noir et blanc sous influence du Répulsion de Roman Polanski) Attack of the Lederhosen Zombies (de Dominik Hartl, parodie zombiesque autrichienne dans le style de Dead Snow), sans oublier Green Room, Summer Camp, The Corpse of Anna Fritz et Howl, dont nous vous parlons plus en détails un peu plus bas…

 

Même les séances de minuit, d’habitude réservées aux films plus potaches et moins exigeants, étaient cette année d’un excellent niveau avec des bijoux de terreur comme Suspension (de Jeffery Scott Lando, un épatant slasher situé entre rêve et réalité, très efficace et diablement inventif), The Tag-Along (de Wei-hao Cheng, terrifiant film de fantômes taïwanais), Some Kind of Hate (de Adam Egypt Mortimer, qui tente avec plus ou moins de succès de créer un nouveau croquemitaine à la Freddy Krueger, se nourrissant de la haine des adolescents pour faire un massacre dans un camp d’internement) ou encore l’ironique et tendu Intruders / Shut In (de Adam Schindler, dans lequel une jeune femme agoraphobe, incapable de sortir de chez elle, fait subir un vrai calvaire à trois cambrioleurs bien farcés, qui se retrouvent gros-jean comme devant).

 

Cette année encore, ce sont les cinéastes coréens qui ont fait des merveilles avec des œuvres aussi diverses et maîtrisées que The Piper (de Kim Kwang-tae, relecture violente du conte des Frères Grimm « Le Petit Joueur de Flûte de Hamelin »), The Exclusive : Beat the Devil’s Tattoo (de Roh Deok, polar noir dans lequel un journaliste en manque de scoop publie une lettre du tueur en série le plus recherché de Séoul, avant de découvrir qu’il s’agissait d’un faux, mais  qui continue à exploiter la situation pour profiter de sa nouvelle notoriété) ou encore The Phone et Veteran, dont nous vous causons bientôt, en fin de page…

 

Nous avons beaucoup ri avec le déjanté Men & Chicken (de Anders Tomas Jensen, dans lequel Mads Mikkelsen, débile et obsédé sexuel, rencontre ses demi-frères, tout aussi abrutis que lui) ou avec l’espagnol Spy Time / Anacleto, Agente Secreto (de Javier Ruiz Caldera, sorte de Naked Gun ibérique aussi hilarant que les comédies de Leslie Nielsen), mais nous aurions juré que le très populaire blockbuster indien, succès historique en son pays, Bahubali : The Beginning, (de S.S. Rajamouli, sorte de croisement improbable entre Le Seigneur des Anneaux et les Hercule avec Lou Ferrigno) raflerait le prix du jury. Une distinction finalement remportée par Spy Time… Quant à The Invitation (de Karyn Kusama), présenté en clôture, nul doute que s’il avait été présenté en compétition, il aurait raflé un Golden Raven bien mérité!

 

En raison d’une action en justice intentée par Gaumont France au distributeur Paradiso, la projection des Visiteurs 3 : La Révolution fut annulée en dernière minute et remplacée par Gods of Egypt. Le pire film de l’année (du siècle?) remplacé par le blockbuster le plus mal foutu de l’année ? Le BIFFF fait décidément preuve de beaucoup de logique dans ses choix !

 

Le jury international était composé de Jaume Balaguero, Marc Caro, Bai Ling (aussi cinglée que prévu), Jasna Kohoutova et Luigi Cozzi (qui présentait son indescriptible Blood On Méliès Moon, long délire prétentieux et proche de l’amateurisme dans lequel le réalisateur joue – mal – son propre rôle). Les invités, nombreux, comptaient parmi leurs rangs Kim Bong-Joon, Paul Hyett, Alberto Marini et la charmante Alba Ribas, héroïne courageuse (parce que souvent nue) de The Corpse of Anna Fritz.

 

Sans plus attendre, voici (par ordre de préférence) les critiques consacrées à nos dix favoris :

 

 

park-shin-hye-lee-dong-wook-han-hyo-joo-yoo-yun-suk-seo-kang-jun-park-seo-joon_1442258753_af_org

1. The Beauty Inside

(de Jong-Yeol Baek, Corée du Sud)

 

 

110141483

2. The Invitation

(de Karyn Kusama, USA)

 

 

corpse-firtz-poster

3. The Corpse of Anna Fritz

(de Hèctor Hernández Vicens, Espagne)

 

 

v1.bTsxMTQ1MjU0MTtqOzE3MDQ4OzIwNDg7Mjg0OzQwNQ

4. Southbound

(du collectif Radio Silence, Roxanne Benjamin David Bruckner et Patrick Horvath, USA)

 

 

Green-Room-French-Poster

5. Green Room

(de Jeremy Saulnier, USA)

 

20150715001348_0

6. Veteran

(de Seung-wan Ryoo, Corée du Sud)

 

 

summer-camp-poster

7. Summer Camp

(de Alberto Marini, Espagne)

 

 

Chronicles_of_the_Ghostly_Tribe_poster

8. Chronicles of the Ghostly Tribe

(de Chuan Lu, Chine)

 

 

THE-PHONE-premieres-images-du-nouveau-thriller-a-succes-coreen-49967

9. The Phone

(de Kim Bong-Joo, Corée du Sud)

 

 

fid15218

 10. Howl

(de Paul Hyett, UK)


 

Ainsi que deux gentils « coups de gueule » :

 

 

Gods-of-Egypt-Fiery-Poster

Gods of Egypt

(d’Alex Proyas, USA)

 

 

017171

31

(de Rob Zombie, USA)

 

Nous félicitons de bon cœur les programmateurs, l’équipe presse ainsi que les gentils bénévoles pour leur excellent travail et leur sympathie ! Remerciements spéciaux à Jonathan Lenaerts et Freddy Bozzo.

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

 

 

Le palmarès officiel :

Le jury International (Jaume Balaguero, Bai Ling, Marc Caro, Luigi Cozzi et Jasna Kohoutova)

a décidé de récompenser les films suivants :

-Corbeau d’Or : I am a Hero de Shinsuke Sato

-Corbeau d’Argent : Seoul Station de Yeon Sang-ho

-Corbeau d’Argent : The Phone de Bong-joo Kim

-Mention spéciale pour The Arti : The Adventure Begins  de Huang Wen Chang

Le jury Européen (Olivier Mortagne, Monique Licht, Nancy Ngoma, Freddy Thielemans, Pierre Beaudot, Manu Dacosse, Sacha Feiner) a décidé de remettre le Méliès d’Argent à Demon de Marcin Wrona.

Le jury Thriller (Ana Garcia, Joëlle Baumerder, Gorian Delpâture, Michel Dufranne) a décidé de récompenser The Photographer de Waldemar Krzystek.

Le jury 7e Parallèle (Georges Lini, Maxime Dieu, Joost Vandecasteele, Geoffrey Claustriaux) a décidé de récompenser Traders de Rachael Moriarty et Peter Murphy.

Le prix du Public revient pour la deuxième fois, après Ghost Graduation en 2013, à Javier Ruiz Caldera pour Spy Time.
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>