Actualités 2013… World War Z

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2013, de Marc Forster – USA

Avec Brad Pitt, Mireille Enos, David Morse, Daniella Kertesz, James Badge Dale, Peter Capaldi, Ruth Negga, Moritz Bleibtreu et Matthew Fox

Scénario : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof et J. Michel Kraczynski, d’après le roman de Max Brooks

Directeurs de la photographie : Ben Seresin, Robert Richardson (non-crédité)

Musique : Marco Beltrami

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fric ou zombies ?

 

World War Z, adaptation à (très) gros budget d’un roman post-apocalyptique de Max Brooks contant une énième pandémie zombiesque à l’échelle mondiale vient enfin de débouler sur nos grands écrans après une gestation particulièrement problématique : reshoots de dernière minute (le dernier acte tout entier fut tourné près d’un an après le reste), adaptation problématique et réécritures dans l’urgence (pas moins de quatre scénaristes se sont succédés sur le projet, ce qui n’est en général pas bon signe), rumeurs tenaces de tensions entre l’acteur / producteur Brad Pitt et le réalisateur Marc Forster (Quantum of Solace, Monster’s Ball) – des rumeurs bien entendu démenties par à peu près tout le monde à l’approche de la campagne promo du film, sortie reportée à diverses reprises… World War Z était donc bien parti pour être un joyeux bordel, un de ces projets maudits  à la Heaven’s Gate ou à la Waterworld, voire une chose informe rejetée par ses propres instigateurs comme le fut le récent Jonah Hex… Coïncidence? On a d’ailleurs très peu vu Marc Forster lors de la promotion de son bébé…  Alors, World War Z est-il le désastre annoncé ? Oui et non. Et pas toujours pour les raisons que l’on croit. Mais sa performance impressionnante au box-office risque bien de faire croire à un miracle qui ne s’est pourtant pas produit. Le film, noyé dans la masse des blockbusters de l’été, se laisse regarder d’un œil distrait et certes, n’ennuie jamais… Beaucoup plus grave cependant, World War Z s’avère en fin de compte révélateur et symptomatique de tous les côtés les plus détestables de la machine hollywoodienne actuelle…

 

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Car l’objet fini n’est en aucun cas un film « de réalisateur », un film « d’auteur » mais bel et bien un film de compromis, autrement dit, l’exemple type du film « de producteurs » essayant de se faire passer pour tout autre chose grâce à un casting et une équipe technique de prestige et à un réalisateur autrefois estampillé « sérieux ». World War Z divise et provoque la polémique dès l’énoncé de sa note d’intention : un énorme film de zombies mais sans gore, sans sang et sans violence outre-mesure, destiné au grand public avec le sacro-saint classement PG-13… Ce qui en soi, ne gênerait pas encore trop si la forme et le fond suivaient!  Après tout, la majorité des blockbusters actuels s’adressent en priorité  aux adolescents et font preuve (à quelques exceptions près) de très peu d’audace narrative. La plupart des scénarios (ii, pour les puristes) des blockbusters de la génération « Marvel » ont tendance à se ressembler ces jours-ci, un effet « copier-coller » très irritant. Peu d’audace ou d’ originalité, mais beaucoup d’efficacité visuelle et de spectacle à grande échelle (les dizaines de plans aériens en CGI, techniquement impossibles autrefois), de la citation à tout va, de la nostalgie à foison, des formules dupliquées à l’infini et des effets spéciaux de plus en plus performants mais (par leur nombre croissant) qui ont de moins en moins d’impact. Nous sommes dans l’ère bien triste (de transition, espérons-le) d’un cinéma estival qui n’essaie plus de faire des choses différentes, d’essayer, d’oser… tout le contraire de ce qu’il se produit depuis une quinzaine d’année à la télévision! Pour preuve, l’échec monumental du récent (et TRES original… même si sa promotion ne le laisse pas deviner) The Lone Ranger, alors que ses confrères Iron Man 3, Man of Steel, Despicable Me 2 et consorts, de qualités diverses mais beaucoup plus « industriels » et formatés engrangent des sommes phénoménales. L’originalité, l’innovation ne paient plus… mais là n’est finalement pas le problème. Le problème est celui des intentions…

 

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L’absence totale de gore dans un film de zombies… même si cela ressemble d’emblée à un absurde constat d’échec, après tout, pourquoi pas ?… On a déjà vu de très bons blockbusters horrifiques à grand public sans la moindre goutte de sang (La Momie, par exemple…) Qui plus est, le gore est un exercice délicat qui peut très vite virer au ridicule, surtout mis en scène par un réalisateur peu rompu à l’exercice. Ici malheureusement, à chaque fois qu’un évènement un peu trop sanglant, un peu trop « adulte » promet de pointer son nez (ce qui dans un film d’invasion mondiale de cannibales morts-vivants risque quand même d’arriver plus d’une fois), la caméra se détourne de l’événement comme par magie, d’une manière vraiment embarrassante… un peu comme un film pornographique dont on aurait coupé les plans d’orgasmes! La seule réelle violence est vue du ciel, avec d’incessantes (mais très jolies) vues aériennes. Les zombies mordent hors-champ! Pourquoi pas un film d’Elvis Presley sans la moindre chanson?… Ce phénomène trop opportun pour être honnête se produit à au moins trois reprises dans World War Z et le procédé présage malheureusement trop bien des intentions de la production (Paramount Pictures) : attirer un maximum d’enfants / d’adolescents sur les sièges des multiplexes et surtout, SURTOUT… sans les traumatiser!

 

Car c’est bien ça Hollywood aujourd’hui : des films techniquement parfaits mais absolument inoffensifs et sans âme, qui ne provoquent vraiment d’autres réactions que : « oh, les jolies images »… Pas de peur, peu de tension, peu d’émotion, peu de risques et encore moins de courage… No guts, no glory!… Nous sommes donc bien loin de l’enthousiasme initial de Brad Pitt lorsqu’il acheta les droits du roman pour sa compagnie Plan B. Mais malgré ses douloureux problèmes de production susceptibles de faire dérailler l’entreprise, World War Z a logiquement cartonné au box-office et devrait lancer une nouvelle franchise.

 

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On oublie malheureusement un peu vite que notre génération de cinéphiles (les 30-40 ans) est tombée amoureuse du cinéma fantastique en découvrant des films subversifs parsemés de  visions bizarroïdes et malsaines, que c’est en ayant une frousse bleue que notre génération a popularisé le genre en faisant un triomphe à des films osés, originaux, beaux, inoubliables et terrifiants… mais dont le succès était loin d’être assuré. Comment oublier les créatures lovecraftiennes et absurdes du Re-Animator de Brian Yuzna… le gamin Kintner qui se fait croquer par le requin des Dents de la Mer… Geena Davis qui, les larmes aux yeux, achève ce qu’il reste de « Brundlefly » au fusil à la fin de La Mouche… la mort du toutou mutant cuisiné au télépode de La Mouche 2… le suicide aux ciseaux de Dead Zone la scène (toute en suggestion) du crucifix de L’Exorciste… les corps déchirés et en mutation de La Chose… l’explosion d’une tête au fusil à pompe dans Maniac… la décapitation inattendue de David Warner dans La Malédiction… le terrifiant pantin caché sous le lit dans Poltergeist… l’accouchement surprise de John Hurt dans Alien… la chute fatale de King Kong… le meurtre de Nancy Allen sous un feu d’artifice dans Blow Out… l’acharnement quasi-médical des assassins de Murphy dans RoboCop… et encore tant d’autres dont l’impact émotionnel fut important car liés à des personnages fascinants et qui ont formé la passion de milliers de cinéphiles! Aujourd’hui, nous sommes gavés de films contenant en moyenne 1500 plans d’effets spéciaux en 2h et la génération adolescente actuelle ne connait que ça. C’est le cas de World War Z et de ses scènes (parfois vertigineuses certes) de milliers de zombies en images de synthèse cavalant à tout va dans les rues de New York… l’occasion une fois de plus de se rendre compte que trop d’effets tuent l’effet. Car très sincèrement, qui – après avoir vu le film de Marc Forster – se rappelle réellement de la tronche d’un seul zombie ?

 

On pourra argumenter que malgré son côté peu mémorable, World War Z, avec son succès mondial et sa campagne de promotion clinquante est susceptible de faire naître une passion pour le fantastique chez les jeunes spectateurs, à qui le film est destiné grâce à sa classification PG-13. D’accord sur le principe : inspirer est important. Pas du tout d’accord sur la méthode!… La plupart des films d’horreur réellement marquants ont d’abord été des petits succès d’estime et non pas d’énormes machines à sous calibrées pour le succès comme ce World War Z, qui ne dit rien ou ne montre rien de traumatisant ou de subversif, ce qui doit à tout prix rester l’essence d’un vrai bon film d’horreur ! Comparons le Massacre à la Tronçonneuse original (tourné dans l’urgence avec 6 sous, subversif, traumatisant, novateur, étouffant, étourdissant, malsain…) avec n’importe lequel de ses remakes ou de ses succédanés tous plus nuls et inutiles les uns que les autres… Le grand public?… Eh bien le grand public en cet été 2013 il va voir The Heat avec Sandra Bullock et Grown-Ups 2, avec Adam Sandler… Face à ce constat, il serait donc important de ne pas oublier que ce sont les amateurs de fantastique, ceux que l’on voit dans les festivals ou dans les salles quasi-vides projetant des œuvres obscures qui font le succès et la réputation du cinéma fantastique. Rarement le grand public.

 

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Pour plaire au plus grand nombre, Hollywood balaie de plus en plus le côté transgressif du film de genre et même si ça peut donner des réussites occasionnelles, ici cela ne marche pas et ce pour une bonne et simple raison : le zombie, on l’oublie désormais presque systématiquement, est l’une des figures du fantastique les plus fascinantes. Pourquoi? Parce qu’ils sont nos parents, nos frères, nos amis, nos conjoints, nos familles… revenus de l’au-delà pour nous dévorer ! Et cela fait trop longtemps que ce concept absolument épouvantable, terrifiant, provocateur, dégueulasse et hérétique a été abandonné au cinéma. C’est un thème auquel revient de temps à autres l’autrement plus ambitieux, absolument génial et sanglant à souhait The Walking Dead… à la télévision ! Le monde à l’envers !…

 

Voici donc en gros ce que l’on peut reprocher à World War Z : malgré un casting porté par un acteur d’habitude excellent (et qui ici, malgré son poste de producteur, reste très sobre et semble peu impliqué), le film souffre d’un terrible manque d’implication émotionnelle, de terreur (un comble pour le genre!) et d’un très gênant manque de point de vue de la part d’un réalisateur rendu « anonyme », dont la vision originale fut de toute façon diluée par des querelles internes. Les enjeux géopolitiques et les nombreuses sous-intrigues du roman qui auraient pu nous proposer des histoires « humaines » dignes d’intérêt sont gommés pour laisser place aux scènes spectaculaires. L’émotion n’est que trop rarement à l’écran car le montage final sacrifie les personnages de la famille de Brad Pitt une fois qu’ils se retrouvent séparés. Dommage pour la toujours excellente Mireille Enos qui défend comme elle peut un rôle très mince… Certes, le roman de Max Brooks était particulièrement ambitieux mais il semble vraiment que l’on en n’ait gardé que les passages les plus spectaculaires, en faisant l’ellipse sur le côté « mondial » du titre pour se concentrer sur l’histoire d’un seul homme et de sa famille… Résultat : nous nous retrouvons dès lors avec une œuvre « de producteurs », très formatée et envisagée depuis le début (ou plutôt depuis ses nombreux problèmes de production) presque uniquement afin de rendre le genre du film de zombies « grand public ». Faire connaître l’horreur à une nouvelle génération ? Très bien ! Le faire avec un tel manque d’originalité ? Une occasion vraiment ratée, car World War Z se consomme comme un jeu vidéo moyennement violent : beaucoup d’humains et de zombies meurent (hors-champ ou en plan très large), mais de quoi se rappelle-t-on réellement une fois l’écran éteint ? Les scènes de panique à New York et en Israël sont, il est vrai, particulièrement efficaces mais trop longues pour provoquer l’effroi, trop brouillonnes et frénétiques pour rester dans les mémoires… Seul le prélude à un crash d’avion fait monter la tension, pour terminer de manière hautement ridicule (seuls deux personnages bien utiles au déroulement de l’intrigue en réchappent) et le troisième acte revu et corrigé afin d’ajouter une once de claustrophobie (une longue scène de suspense en espace clos) nous éloigne du caractère « mondial » promis par le titre. L’idée originale d’introduire le concept de zombies se comportant telle une armée de fourmis est un concept fascinant qui n’est malheureusement pas exploité comme il aurait pu l’être : encore une fois, beaucoup d’esbroufe et de belles images pour une implication émotionnelle proche de l’encéphalogramme plat des créatures en question.

 

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George A. Romero, avec des budgets dérisoires, a su nous montrer à de nombreuses reprises qu’une poignée de zombies très effrayants suffisait à faire l’affaire. Le syndrome du « toujours plus » qui culmine ici avec des millions de créatures à l’échelle planétaire empêche toute implication émotionnelle et pire encore, le sujet du zombie (la créature qui est sensée être au centre des préoccupations du film) n’est absolument pas exploité : les morts-vivants ne sont ici que des figurants, un prétexte commercial pour exploiter une vieille figure du fantastique redevenue à la mode. A la place de ses créatures, le scénario préfère se concentrer sur des personnages très peu intéressants, dont les particularités furent sans doute sacrifiées par les réécritures. Rien ne distingue le personnage de Brad Pitt d’un personnage secondaire, outre le fait qu’il est interprété par Brad Pitt. Et qui se rappelle de Matthew Fox (Lost) dans World War Z? Sacrifié au montage, on doit l’apercevoir dans 5 plans maximum dans le rôle d’un parachutiste… alors qu’au départ il était l’un des protagonistes principaux ! La décision de faire du roman choral de Max Brooks l’histoire d’un seul homme (cherchant évidemment à tout prix à sauver sa famille) ne sied guère à la progression narrative de World War Z, qui aurait été éminemment plus efficace sous la forme d’une mini-série. Malheureusement, The Walking Dead est déjà passée par là… et avec quel succès !

 

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Se passer de tripailles est une chose… mais le ton et les enjeux (planétaires plutôt qu’émotionnels) de World War Z sont égaux à ceux de 50 autres blockbusters militaires : la forme est étincelante mais inoffensive, la photographie est magnifique mais le montage est trop frénétique, le fond lui, est inexistant et le film fait preuve d’un opportunisme malvenu…

 

(SPOILERS – à ne pas lire si vous n’avez pas vu le film…)

 

Pour preuve, il suffit d’analyser  la scène finale du film : le personnage de Brad Pitt (en voix off, preuve d’un rafistolage en dernière minute, une voix off en fin de film étant la plupart du temps un effet atroce) se contredit (ou se moque du spectateur, selon votre humeur) quand il explique, avec sa canette de PEPSI en main (l’exemple de « product-placement » le plus grossier depuis Casino Royale), je paraphrase : « nous avons finalement pu fabriquer un vaccin susceptible d’empêcher la pandémie, donc tout va bien. Nous avons gagné. We are the champions my friends et il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant… (longue pause, voix grave)… Mais la guerre ne fait que commencer! »… Euh? Plait-il? Alors quoi? « On a gagné la guerre mais la guerre ne fait que commencer? » Faudrait savoir, les gars… Bien entendu cette phrase est placée là uniquement pour dire : « ne vous inquiétez pas, il ne s’agissait que du premier épisode d’une franchise potentielle »… et le procédé est introduit avec une maladresse incroyable, voire un culot vraiment offensif parce qu’il vient contredire tout le climax du film. C’est un peu l’équivalent d’un fameux gag de La Cité de la Peur : « Et non, en fait, c’était moi le tueur!… Mais non, je déconne »… 

 

Les blockbusters actuels ne sont donc plus tant des « films » que des « épisodes »… un principe que l’on observe en particulier dans les productions Marvel : dans The Avengers, l’Agent Coulson meurt de manière dramatique. Aujourd’hui il revient, bien vivant dans la série télévisée Agents of SHIELD et sera certainement présent dans The Avengers 2 par une pirouette scénaristique aussi stupide qu’insultante… En fait ce personnage secondaire est devenu si populaire dans The Avengers que les dirigeants de la Marvel ont paniqué après l’avoir fait passer de vie à trépas et ont donc décidé de le ressusciter au mépris de toute logique. Rien n’est plus irritant ou bêtement mercantile que de faire mourir un personnage important pour le ressusciter illico dans le film suivant, voire quelques scènes plus tard (autre exemple récent : Kirk dans Star Trek : Into Darkness) : ce procédé nie totalement l’impact émotionnel de la scène de la mort du personnage, pour privilégier un rebondissement « surprise » à la Scooby-Doo! De la malhonnêteté justifiée uniquement par l’appât du gain. La scène finale en forme de montage de World War Z relève du même procédé destiné à rentabiliser l’achat des droits du roman et à presser le citron de la mode des zombies jusqu’à la dernière goutte. La suite de World War Z sera évidemment tournée prochainement, ce qui va à l’encontre de ce que la fin du film raconte mais apparemment ça, tout le monde s’en fout. Vu la somme globale du budget (170 millions quand même!), il fallait bien s’assurer de la possibilité d’une suite en cas de succès, ce qui fut le cas.

 

(FIN DES SPOILERS)

 

Le problème n’est pas tant que World War Z est un mauvais film en soi, c’est plutôt qu’il représente les travers les plus détestables des grosses productions. Le film reste parfaitement regardable, agréable même pour peu que l’on soit indulgent… mais si peu mémorable! Il donne cette impression de voir un film que l’on a déjà vu 100 fois auparavant. Un film qui n’implique jamais, dont le sort de personnages mal (ré-)écrits ne nous importe pas (Brad Pitt ne sort pas grandi d’un exercice trop vain pour son grand talent), pire encore… un film qui ne provoque jamais la peur ou le malaise. La marque d’un échec pour un film d’horreur sur un sujet aussi fascinant que le zombie, tellement sous-exploité qu’il tient ici de l’abstraction. Une grosse sensation de vide…

 

Le réalisateur Marc Forster signe ici son deuxième blockbuster bancal, après l’ennuyeux Quantum of Solace. Exemple parfait du réalisateur « arty » engagé sur un blockbuster pour lui ajouter une touche de prestige, Forster semble malheureusement à nouveau perdu dans cet énorme foutoir. Sa capacité habituelle à diriger d’excellents comédiens (Billy Bob Thornton dans Monster’s Ball, Johnny Depp dans Finding Neverland) ou de rendre excellents des comédiens médiocres (Gerard Butler dans Machine Gun Preacher, Halle Berry, Oscar de la Meilleure Actrice pour Monster’s Ball!) est ici totalement annihilée par un script qui ne donne à ses acteurs rien d’autre à jouer que des archétypes. Espérons pour lui qu’il abandonne enfin le film à gros budget pour retourner à des sujets plus intimistes.

 

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Tout n’est évidemment pas si noir pour le cinéma de genre, même si le constat global n’est guère brillant. Dans cette économie du « toujours plus » et cette époque cinématographique cynique, le succès inespéré et immense d’un cinéaste aussi doué que James Wan, capable de livrer des merveilles de terreur avec des budgets dérisoires (Insidious, The Conjuring) est peut-être bien la lueur au bout du tunnel. Wan pourrait bien être l’un des derniers résistants, le garant talentueux de certaines valeurs précieuses que les blockbusters infantiles en séries ont oublié depuis belle lurette.

 

En cette chaleur estivale, si l’envie vous prend d’aller voir ce qu’il se passe du côté de nos amis les morts-vivants, le Blu-Ray de la troisième saison de The Walking Dead ne va pas tarder à débarquer dans les bacs ! Plus besoin de se déplacer dans une salle remplie d’adolescents bruyants et sales sur eux… car la télévision américaine (HBO et compagnie) remplit depuis 10 ou 15 ans la fonction que le cinéma « grand public » semble aujourd’hui bien capable de remplir, à cause de cette course effrénée au « toujours plus gros », avec des budgets indécents qui dépassent l’entendement. Maigre consolation… mais il est un fait que les talents émigrent et que les productions télé n’ont plus rien à envier à leurs grands frères.

 

Oh, the times they are a-changin’…

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

 

2 Responses to Actualités 2013… World War Z

  1. xof of geneva says:

    hey greg,

    assez d’accord avec ton article ( world war zzzz )
    bien écrit… mais faut avoir du temps devant soi pour te lire, mon gars !

    amitiés

    cristof

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