Actualité 2014… Much Ado About Nothing

Much-ado-about-nothing-beaucoup-de-bruit-pour-rien-joss-whedon-poster-02MUCH ADO ABOUT NOTHING

(BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN)

2012, de Joss Whedon – USA

Scénario : Joss Whedon, d’après l’oeuvre de William Shakespeare

Avec Amy Acker, Alexis Denisof, Nathan Fillion, Clark Gregg, Reed Diamond, Fran Kranz, Jillian Morgese, Sean Maher, Spencer Treat Clarke, Riki Lindhome et Nick Kocher

Directeur de la photographie : Jay Hunter

Musique : Joss Whedon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shakespeare in LOL

 

Le monde à l’envers !… Alors que Kenneth Branagh, grand pourvoyeur d’adaptations shakespeariennes épiques au cinéma se lançait dans l’univers des superhéros avec Thor, en guise de récréation entre deux Avengers, Joss Whedon s’est fait plaisir. Pendant la postproduction du premier épisode au budget pharaonique de la rencontre des superhéros Marvel, le papa de Buffy a adapté l’œuvre la plus drôle et la plus légère du répertoire shakespearien. Connu pour organiser régulièrement des lectures du répertoire avec ses amis comédiens rompus à l’exercice du texte, Whedon a opté pour un tournage rapide de 12 jours en équipe réduite, en lumière naturelle et caméra à la main, avec pour unique décor… sa propre maison !

 

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Pour ce qui reste l’une des comédies les plus accessibles du grand barde, le réalisateur signe un petit film dont le tournage dans l’urgence semble avoir favorisé la spontanéité. Les conspirations, quiproquos et malentendus qui rythment la pièce sont revisités avec une bonne dose d’humour par un ensemble d’acteurs uniformément excellents. Il faut cependant quelques scènes avant de s’acclimater complètement à ces acteurs modernes récitant le texte shakespearien comme si de rien n’était. Le décor unique entraîne de toute évidence quelques limites gênantes à l’aspect visuel de l’ensemble. A l’occasion de quelques plans, Whedon et son directeur de la photographie Jay Hunter donnent l’impression de se demander sous quel angle et dans quel couloir ils vont à nouveau bien pouvoir filmer un de leurs nombreux dialogues sans se répéter… A cet égard, la seule fonction du noir et blanc est de masquer la « pauvreté » assumée du décor. Mais ces restrictions visuelles sont le seul réel handicap de ce film au charme fou, qui doit beaucoup à l’entrain et aux performances exquises d’Amy Acker et Alexis Denisof dans les rôles respectifs de Beatrice et Benedick, ces amants cyniques et récalcitrants, incapables de s’avouer leur amour. Nathan Fillion et Nick Kocher forment quant à eux un duo de policiers ridicules mais hilarants, au timing comique proche de la perfection.

 

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Much Ado About Nothing cuvée 2012 n’en est pas inoubliable pour autant et reste avant tout un exercice de style, mais son énergie, son romantisme, son charme vivifiant et l’émotion authentique qu’il dégage suffisent largement à écraser bien des comédies romantiques actuelles sans substance. La sincérité du réalisateur et des acteurs, ainsi que le respect de dialogues savoureux permettent de s’attacher profondément à une œuvre destinée à être « mineure » mais qui se déroule dans la bonne humeur générale. Cette nouvelle réussite confirme une fois de plus la modernité et l’universalité du répertoire shakespearien.

 

Même s’il est permis de préférer l’adaptation homonyme que Kenneth Branagh (encore lui) nous avait proposée en 1993, ce Much Ado About Nothing shooté à l’inventivité et au système D rassure au sein d’un système de production ne laissant que trop rarement la place à la légèreté et aux obsessions personnelles de ses artistes. Peut-être James Cameron en prendra-t-il de la graine et qu’il s’en ira tourner ses suites d’Avatar dans sa piscine…

 

Grégory Cavinato

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