Actualité 2014… Mea Culpa

mea-culpa-affiche-du-film-768x1024MEA CULPA

2014, de Fred Cavayé – FRANCE

Scénario : Fred Cavayé et Guillaume Lemans, d’après une idée original d’Olivier Marchal

Avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche, Nadine Labaki, Max Baissette de Malglaive et Gilles Cohen

Directeur de la photographie : Danny Elsen

Musique : Cliff Martinez

 

 

 

 

Peur Sur la Ville

 

Avec l’aide de leurs collègues Jean-Françoise Richet, Guillaume Nicloux et une poignée d’autres, Fred Cavayé et Olivier Marchal ont remis à l’honneur le polar français, genre populaire par excellence qui a fait la gloire du cinéma de l’hexagone des années 40 aux années 80. Tombé en désuétude, le genre est revenu en force au cours des années 2000 avec des œuvres comme 36, Quai des Orfèvres, le dyptique Mesrine et Les Lyonnais… Il était donc intéressant de voir ce que la rencontre des deux cinéastes allait donner : pour son troisième film, Cavayé a adapté une idée originale de Marchal (qui a préféré partir faire l’acteur dans des comédies lamentables…) Comme dans ses deux films précédents, les excellents Pour Elle et A Bout Portant, Fred Cavayé prend pour héros des hommes ordinaires, imparfaits mais intègres, plongés dans des enquêtes policières qui influent sur leurs entourages. La famille en particulier est un thème essentiel de son cinéma.

 

vincent-lindon-mea-culpa

 

Vincent Lindon incarne Simon, ex-flic libéré de prison 6 ans après avoir provoqué la mort de trois personnes alors qu’il était ivre au volant. Véritable épave, animé d’un désir morbide, Simon, reconverti en convoyeur de fonds, porte tout le poids du monde et de sa culpabilité sur ses épaules… Gilles Lellouche est Franck, son ancien partenaire et meilleur ami, qui garde en lui un vieux secret qui le hante et qui pourrait remettre leur amitié en cause. Quand Théo, le fils de 9 ans de Simon devient par hasard le témoin gênant d’un meurtre, l’ex-policier sort de sa torpeur. Sa famille en danger, il fait une nouvelle fois équipe avec Franck pour stopper un gang qui sème la panique et la mort dans les rues de Toulon.

 

A première vue, le scénario ne déborde pas d’originalité : Mea Culpa reprend la prémisse de Witness, de Peter Weir et l’emmène dans une autre direction : celle d’un drame humain se jouant entre deux amis. Dans son premier acte, le film de Cavayé se révèle donc assez sombre, l’ambiance est pesante… En termes de film policier, Mea Culpa souffre d’évidents défauts d’écriture. Les antagonistes, monolithiques et barbares mafieux d’Europe de l’Est, manquent cruellement de personnalité et pourraient sortir tout droit d’une production Luc Besson. Leurs motivations ne sont jamais claires. Le récit accumule les coïncidences un peu trop pratiques, les raccourcis faciles et les retournements de situation invraisemblables. Ainsi, malgré le carnage et les cadavres qui s’amoncellent, Gilles Lellouche semble être le seul flic compétent et de service dans toute la ville…

 

286348

 

C’est seulement lorsque l’action se met en place que Mea Culpa décolle et se révèle un modèle d’efficacité : le réalisateur nous a concocté trois longues scènes d’action à rebondissements admirablement mises en scènes, découpées et rythmées : la poursuite d’un enfant par un malfrat dans les rues désertes de Toulon, une violente échauffourée au fusil dans un night-club et enfin, clou du spectacle, l’attaque d’un train par le gang à la recherche de Simon et de sa famille. Cavayé réussit à instaurer un véritable suspense au sein de l’action. Ses poursuites (à pied, en voiture) et ses bastons (au fusil, à mains nues) font souvent TRES mal… Le duo Lindon – Lellouche fonctionne à merveille et les deux acteurs, virils et franchouillards (ils fument beaucoup et se rasent très peu…), se donnent à fond dans la peau de ces deux hommes abimés mais intègres. Grâce à eux, c’est surtout en tant que drame humain, dans l’exploration d’une vieille amitié compromise puis ressuscitée que Mea Culpa (dont le titre ne prend tout son sens que dans ses dernières minutes) s’avère en fin de compte le plus poignant et le plus réussi.

 

Grégory Cavinato

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>