Actualité 2014… Magic in the Moonlight

MV5BMTQ3NDY5NjIwN15BMl5BanBnXkFtZTgwNjQ2ODkxMjE@._V1_SY755_SX510_AL_MAGIC IN THE MOONLIGHT

2014, de Woody Allen – USA

Scénario : Woody Allen

Avec Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins, Marcia Gay Harden, Jacki Weaver, Catherine McCormack, Erica Leehrsen et Lionel Abelanski.

Directeur de la photographie : Darius Khondji

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On se calme et on boit frais à Saint Tropez…

 

Cet article est paru en exclusivité sur SINOK.

 

C’est désormais systématique : Woody Allen, dans ses vieux jours, nous offre un bon film sur deux. Une bonne moyenne pour un cinéaste approchant les 4×20 ans et qui signe (sauf exception) un film par an depuis 1969… Ainsi, pour un Match Point palpitant, on se retrouve ensuite avec un Scoop mou du genou. Chaque Vicky Christina Barcelona ensoleillé est suivi d’un Whatever Works brumeux… Le triomphe critique et financier du délicieux Midnight in Paris en 2011 est suivi en 2012 du laborieux To Rome With Love

 

DSCF9550.RAF

 

La cuvée 2014 vient confirmer cette drôle de tendance et a le grand désavantage d’arriver un an après Blue Jasmine, véritable triomphe, petit bijou interprété par une formidable Cate Blanchett ayant bien mérité son (deuxième) Oscar… Les lois de la mathématique aidant, on n’attendait donc pas grand chose de ce Magic in the Moonlight dont les premières images désuètes laissaient suggérer une comédie mineure mais charmante. Les plus optimistes rêvaient à un spectacle magique et enchanteur de la trempe de La Rose Pourpre du Caire, voire d’Alice… Las, ils en seront pour leurs frais! Mais nous étions quand même loin de nous douter de l’ampleur du désastre, puisque ce Magic in the Moonlight aussi vite vu qu’oublié vient promptement supplanter Le Sortilège du Scorpion de Jade comme le pire film à ce jour de la longue filmographie de son réalisateur.

 

Colin Firth (en pilotage automatique) incarne Stanley, un illusionniste grincheux, connu sous le pseudonyme et les accoutrements de son alter ego chinois, Wei Ling Soo. Il est chargé de démasquer la jeune Sophie (Emma Stone, plus grimaçante et exaspérante que jamais), une prétendue médium soupçonnée d’arnaquer une riche famille bourgeoise de la Côte d’Azur. Stanley, l’éternel cartésien, va bien évidemment tomber fou amoureux de la jeune femme, au point de se convaincre petit à petit de l’authenticité de ses pouvoirs magiques.

 

46876870-00b4-11e4-8a43-db18d12c768c_magic-in-the-moonlight

 

Outre les affèteries habituelles du cinéma de Woody (le générique blanc sur noir en police Windsor, sur fond de jazz), on ne retrouve presque jamais la patte irrésistible du réalisateur d’Annie Hall tant les dialogues (purement fonctionnels) manquent cruellement de la répartie légendaire et de l’esprit vif auxquels il nous a habitués. Le script est tellement léger, inconséquent et truffé d’effets faciles qu’on finit par se demander ce qui a bien pu intéresser le réalisateur new-yorkais dans cette bluette tellement prévisible et ennuyeuse que l’on se surprend souvent à bailler. Situations téléphonées, scènes romantiques inappropriées entre Firth (53 ans) et Stone (25 ans), déambulations sans fin dans des paysages paradisiaques, réalisation plate et « mécanique »… la sauce ne prend jamais et la magie promise dans le titre est aux abonnées absentes, malgré la lumineuse photo signée Darius Khondji.

 

Dans cette tentative incompréhensible de créer une comédie romantique « à l’ancienne », dénuée de tout cynisme et de son point de vue habituellement caustique sur les histoires d’amour, Woody perd ce qui fait le sel de son cinéma et de sa verve comique. Détroussé des pouvoirs magiques habituels du réalisateur, Magic in the Moonlight fait peine à voir : le film paresseux d’un vieil homme dont les « trademarks » énervent (la musique en particulier s’avère très vite répétitive et horripilante) et dont la fantaisie de bazar est trop fabriquée pour être honnête. Le casting est au diapason (Colin Firth semble s’ennuyer ferme…) et l’on s’étonnera de retrouver au générique deux grandes actrices (Marcia Gay Harden et Jacki Weaver) honteusement réduites à jouer les figurantes de luxe, la première n’ayant pratiquement pas le moindre dialogue.

 

MagicMoonlight4

 

Woody Allen est un génie, c’est entendu. Parfois, les génies à l’inspiration en berne méritent bien des vacances sur la Côte d’Azur. Pour autant, il n’était peut-être pas nécessaire de sortir la caméra pour si peu.

 

La seule bonne nouvelle, c’est que statistiquement, le cru 2015 (encore sans titre), avec Joaquin Phoenix et (encore) Emma Stone s’annonce passionnant!

 

Grégory Cavinato

Membre de l’U.P.C.B. (Union de la Presse Cinématographique Belge)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>