Actualité 2014… Alléluia

ALLELUIA-AFF 120x160.inddALLELUIA

 

2014, de Fabrice Du Welz, Belgique / France

Avec Lola Dueñas, Laurent Lucas, Edith Le Merdy, Héléna Noguerra, Pili Groyne et Stéphane Bissot

Scénario : Fabrice Du Welz, Vincent Tavier et Romain Protat

Directeur de la photographie : Manuel Dacosse

Musique : Vincent Cahay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lumière au bout du tunnel

 

Dieu envoie-nous des fous
Qui s’engagent à fond,
Qui aiment autrement qu’en parole,
Qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout

Ô Dieu, envoie-nous des fous…

 

(Louis-Joseph Lebret)

 

Depuis maintenant plus de deux ans dans les salles de cinéma, le spectateur belge est soumis, pendant l’interminable déferlement de publicités précédant le film, à la bande-annonce (news, tournages et interviews) concoctée par le site web Cinévox, promoteur officiel du cinéma belge. Or, depuis les débuts de cette « émission » mensuelle, en lieu et place d’un petit frisson de fierté nationale, le moment « Cinévox » est la plupart du temps remplacé par de longs soupirs, rires jaunes et autres quolibets. Ce n’est pas seulement la terrible maladresse des petits montages qui est visée mais les sempiternels propos tournant à vide des cinéastes et acteurs interviewés, une génération dans laquelle le public ne se retrouve pas. Pire encore est ce terrrible manque d’ambition narrative et formelle qui transforme depuis 20 ans le cinéma belge en cinéma de papa…

 

Une situation déplorable (sans parler des graves et divers problèmes qui touchent le secteur culturel national) qui débouche chaque année depuis 3 ans sur la grotesque cérémonie des Magritte du Cinéma : l’occasion pour des « artistes » mal rasés de remercier une industrie qui n’en est pas une pour leur participation à des films que personne n’a voulu aller voir… L’autocongratulation dans le vide pour célébrer l’ego d’une petite communauté de bobos se prenant (contrairement à ce que croient nos voisins français) beaucoup trop au sérieux pour des gens faisant leur métier sans passion. Pour quel résultat ? Des téléfilms déguisés en films de cinéma, ressassant l’image désespérante et les limites du « héros » belge : idiot, laid, lourdaud, mal rasé (c’est une constante)… mais quand même bien brave, avec ce sempiternel humour doux-amer qui, à défaut de séduire, montre bien que notre cinématographie est décidément coincée le cul entre deux chaises…

 

fire-3

 

Le vieux cliché du « film social » qui rebuterait les spectateurs n’est pas le problème et ne sert que de bouc émissaire à cet épineux problème. Tous les sujets peuvent être abordés. La question c’est : comment. Le problème qui tue le cinéma belge à petit feu n’est (globalement) pas financier, mais vient de cet évident manque d’ambition typiquement belge et de gros problèmes d’écriture puisque nos scénaristes ne sont que trop rarement mis en valeur dans un système qui les ignore.

 

Petit bilan des films belges francophones à vocation populaire les plus récents : Moroccan Gigolos, Les Âmes de Papier, Sauvez Wendy, Mobile Home, Torpedo, Les Rayures du Zèbre, Il était une fois une fois, Vijay & I, Baby Balloon, Je te Survivrai, Je Suis Supporter du Standard, Une Chanson Pour Ma Mère… Aussitôt vus, aussitôt oubliés, aussitôt raillés par les journalistes lors des visions de presse, mais en grande partie épargnés par les mêmes critiques lors de la sortie en salle !… A force de vouloir brosser le spectateur dans le sens du poil et de lui imposer une formule « populaire » auquel il n’adhère pas, ces films dénués de toute ambition cinématographique (au sens noble du terme) se tirent une balle dans le pied. Beaucoup de ces réalisateurs ne retentent pas l’expérience… Résultat, les salles restent vides et n’attirent plus qu’une élite de prétendus cinéphiles (et les familles de l’équipe du film !) Ce cinéma mou du genou est pourtant financé par le biais de subsides mais un fossé de plus en plus grand semble se creuser entre « les instances culturelles » et les artistes, les vrais… Une incompréhension fondamentale de ce qui fait la richesse du cinéma! Voilà donc pour la peinture de ce milieu bourgeois qu’est devenu le cinéma belge francophone (nos amis flamands, eux, s’en sortent bien mieux !) : des pique-assiettes qui dévorent des petits fours dans les festivals et dont le seul objectif apparent semble être de pavaner dans les soirées mondaines de Cannes… Si « les instances » maintiennent l’illusion que, depuis le succès des Frères Dardenne en festivals, tout va pour le mieux dans notre cinématographie, la vérité c’est que l’on n’est nulle part, si ce n’est proche du vide. La « Morne Plaine » comme dirait Bertrand Blier… Les poses et la prétention mal placée de certains jeunes cinéastes débouchent sur des films « de fonctionnaires » et ne font pas avancer le schmilblick d’un pouce. Un grand changement des mentalités et du systéme de financement s’impose donc d’urgence mais nous en sommes très loin…

 

Bien entendu, à chaque situation dramatique ses glorieuses exceptions. Et si l’on veut s’extasier sur les qualités du cinéma belge, c’est malheureusement souvent vers celles-ci qu’il faut se tourner. Heureusement, certaines d’entre elles sont magnifiques.

 

03

 

Aussi décriés soient-ils dans notre pays, les Frères Dardenne restent des cinéastes dont le talent pour la mise en scène et la précision scénaristique sont indéniables. Adulés dans le monde entier, les Dardenne ne font pourtant pas recette chez nous, la faute à des sujets et des personnages trop proches de la réalité (souvent sordide) de personnages faisant écho à celle des spectateurs… Bouli Lanners, Jaco Van Dormael et quelques autres sont animés de bonnes intentions et certains d’entre eux ont du talent à revendre… mais ils se font rares sur nos écrans. Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer, L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps) travaillent dans un sous-genre trop obscur (le néo-giallo) pour prétendre séduire le grand public… Alors, QUI pour sortir le cinéma belge de cette impasse?

 

Electron libre, le sympathique Vincent Tavier est devenu, par la force des choses, un incontournable iconoclaste du cinéma belge. Producteur de projets singuliers (les films du tandem Delepine / Kervern), co-scénariste du cultissime C’est Arrivé Près de Chez Vous, producteur du joli Ernest et Célestine (mais aussi d’un échec comme Je Suis Supporter du Standard), Tavier est un cinéaste à la démarche aussi rafraîchissante qu’honnête, que l’on apprécie ou pas la vingtaine de films qui jalonnent sa filmographie. En 2004, il produisait le choc Calvaire, premier long d’un jeune prodige nommé Fabrice Du Welz. Aujourd’hui, les deux compères se retrouvent pour co-écrire Alléluia, que Vincent produit également et que Fabrice, bien entendu, réalise…

 

06

 

Plutôt que de pavaner dans les soirées de l’ambassadeur, Fabrice Du Welz, lui, fait du cinoche avec ses tripes et deux autres parties de son anatomie que la bienséance nous empêche de citer ici. Remuer le public, lui proposer des expériences visuelles et sensorielles inédites, inoubliables, douloureuses même, mais toujours sincères, voilà le but que semble s’être fixé le réalisateur de Calvaire. Une démarche salutaire au sein de notre triste cinématographie qui sent le sapin. Demandez à n’importe quel cinéphile de citer 3 films belges marquants de ces 25 dernières années. Rosetta à la rigueur… De Zaak Alzheimer, misschien… Mais les deux titres qui figureront immanquablement dans ce classement sont évidemment C’est Arrivé Près de Chez Vous (l’électrochoc punk du trio Belvaux – Bonzel – Poelvoorde a déjà 22 ans !) et… Calvaire, une expérience cinématographique d’une folle originalité : un éprouvant survival dans les Ardennes belges, doublé d’une histoire d’amour (tordue, certes) entre un gentil tortionnaire (Jacky Berroyer) et sa victime (Laurent Lucas). Violent, surréaliste, référentiel, émouvant, bourré d’humour (noir) et surtout, réalisé de main de maître avec un brio technique étonnant pour une première œuvre (du moins en format long), Calvaire était un vrai film de cinéma, boosté par l’assurance et le talent presque arrogants d’un cinéaste cinéphile et amoureux de son sujet. Un film belge certes, mais à la portée et à la renommée universelles… Quatre ans plus tard, le mal-aimé Vinyan faisait preuve lui aussi d’une ambition démesurée. Plongée dans les affres de la folie autant qu’une exploration des limites de l’amour maternel, doublé d’un trip « à la Joseph Conrad » dans la jungle thaïlandaise, le deuxième long de Fabrice ne ressemblait à rien de connu. Comme le clamait joliment la jaquette de son DVD : « Vinyan est la meilleure illustration de ce que l’on peut appeler « du pur cinéma »»…

 

Puis… très peu de nouvelles de Fabrice depuis 2008, outre les rumeurs de divers projets.

 

Après les échos alarmants provenant du tournage de Colt 45, son troisième film (qui sortira finalement plus tard cette année), on craignait que Fabrice ait perdu sa singularité et sa liberté en oeuvrant comme un mercenaire sur un « gros » film de commande, en l’occurrence un polar français avec des stars (Gérard Lanvin et Joey Starr)… Si le tournage et la post-production de Colt 45 furent apparemment son « Calvaire » à lui, Fabrice, tel un Coppola de retour des Philippines, s’est ensuite fait plaisir et est revenu en Belgique tourner son nouveau « petit » film, un vieux projet intitulé Alléluia qu’il considère, après Calvaire, comme le deuxième volet d’une potentielle « trilogie ardennaise ».

 

11

 

Prévu à l’origine avec Yolande Moreau dans le rôle féminin principal (les noms de Béatrice Dalle et de Bouli Lanners ont également circulé), Alléluia est une relecture très personnelle de The Honeymoon Killers (Les Tueurs de la Lune de Miel – 1969), le film culte de Howard Kastle inspiré d’un fait divers sordide : les mésaventures de Raymond Fernandez et Martha Beck, les « Lonely hearts killers » qui avaient défrayé la chronique dans les années 40 en arnaquant, puis assassinant de riches veuves. En plus d’inspirer le film culte de Kastle, les sales coups du couple de serial killers avaient également inspiré Profundo Carmesi (Deep Crimson, 1996, d’Arturo Ripstein) et le très mauvais Lonely Hearts (2006, de Todd Robinson) qui examinait l’affaire sous l’angle de l’enquête policière.

 

Gloria (Lola Dueñas) est une quadragénaire chargée de maquiller les cadavres dans la morgue d’une petite ville de province. Michel est un gigolo professionnel bas de gamme, un vieux beau séduisant de richissimes victimes féminines pour les dépouiller de leur argent. Gloria et Michel se rencontrent par internet, sur un site de rencontres. Gloria est la nouvelle victime potentielle de Michel mais entre eux, quelque chose de magnifique et d’imprévu se produit : ils tombent follement amoureux ! Après avoir découvert la vraie identité et les activités de son amant, Gloria, pour qui la notion de « romance » passe avant tout par les extrêmes, laisse tout tomber (son boulot, sa fille) pour le rejoindre dans une épopée qu’ils envisageaient inoffensive, mais qui va inévitablement tourner au rouge écarlate. Répétant un acte bien rodé, le couple se fait passer pour frère et sœur afin d’arnaquer les riches femmes en détresse que Michel séduit et demande en mariage. Au-delà de ce pacte morbide qui les unit, Michel voit en Gloria une figure maternelle dont il a toujours été privé et pour Gloria, Michel représente une image d’amour absolu dans une vie amoureuse qu’elle croyait éteinte. Alléluia se déroule en 4 actes, chacun dédié à une nouvelle victime (Gloria étant la première…)

 

Si Alléluia contient son lot de scènes terrifiantes et osées et brise régulièrement les tabous, sa grande réussite est de nous faire croire avant tout à cette belle, grande et authentique histoire d’amour entre ces deux magnifiques sociopathes. Malgré leurs actes meurtriers, Gloria et Michel s’avèrent très émouvants et le spectateur se retrouve dans la position inconfortable de se retrouver « de leur côté ». Lola Dueñas en particulier est exceptionnelle dans un rôle difficile, qui passe par un très large spectre d’émotions. Lumineuse, sexy et passionnée lorsqu’elle tombe amoureuse (son sourire après leur première nuit d’amour vaut mille dialogues), Gloria, toujours à fleur de peau, est susceptible de se transformer en harpie jalouse et meurtrière en deux temps trois mouvements. Un rôle qui n’est pas sans rappeler celui de Kathy Bates dans Misery, le sex appeal en plus… Laurent Lucas, qui subissait les pires souffrances dans Calvaire, passe cette fois de l’autre côté de la loi. Acteur éternellement sous-employé, il n’est jamais meilleur que devant la caméra de Fabrice Du Welz. Vieillissant bien, il s’avère aussi drôle qu’inquiétant dans la peau de ce playboy ringard et veule, dont les plans se voient sans cesse interrompus par la jalousie maladive de sa nouvelle complice. Malheureusement, comme nous le savons tous, les histoires d’a, les histoires d’a, les histoires d’amour finissent mal… en général.

 

alleluia-photo-5284dc0cb30f5

 

Affreux, sales et méchants, tantôt grotesques, tantôt sublimes, Gloria et Michel sont dénués de toute sophistication (pour la consoler, Michel imite Humphrey Bogart imitant un hippopotame, un lien s’étant créé entre eux au cinéma lorsqu’ils sont allés voir The African Queen…) et Fabrice Du Welz ne cherche jamais à les glamoriser à outrance. Elle est quadragénaire et – malgré ses rondeurs et ses rides – elle est magnifique. Il a les tempes vieillissantes mais malgré ses mains baladeuses et son statut de loser, il s’avère l’homme parfait pour Gloria. A deux, ils semblent indestructibles… Lola Dueñas et Laurent Lucas ne sont jamais montrés sous leurs profils les plus flatteurs (il faut voir pour le croire Laurent Lucas dans une hilarante scène d’amour gérontophile avec une septuagénaire !) mais comme deux solitaires ordinaires et médiocres que l’amour et l’excès rendent magnifiques. Si leur destinée funeste est (forcément) de courte durée, leur amour, aussi toxique soit-il, n’en est pas moins authentique. Ils nous rappellent une fois de plus que quels que soient les obstacles, « Quand on est amoureux, c’est merveilleux » - un thème cher à Fabrice puisqu’il en avait fait le titre de son court-métrage…

 

Ce sont les variations de ton et la qualité de la mise en scène qui vont faire toute la réussite de ce troisième long métrage. Loin du réalisme un peu crade du film d’Howard Kastle, Fabrice n’hésite pas à multiplier les excentricités de mise en scène qui réussissent à magnifier le fait que nous regardons une histoire d’amour avant tout : à la morgue, Gloria se lance dans une chanson d’amour digne d’une comédie musicale avant de scier la jambe de sa dernière victime étendue sur la table… Michel pratique la magie noire et les incantations pour se donner de la chance… Une scène hallucinante nous montre le couple, nu, effectuant une danse démoniaque autour d’un feu de joie… Des scènes tour à tour poétiques, drôles ou terrifiantes mais qui marquent durablement…

 

Plutôt que de jouer dans la cour des réalisateurs de films de genre actuels avec lesquels il ne manquera pas d’être comparé (et même si Alléluia partage certains thèmes avec The Devil’s Rejects, de Rob Zombie), Fabrice Du Welz va plutôt chercher son inspiration chez des cinéastes français inattendus. Ainsi, on pense beaucoup à Claude Chabrol, notamment à son film Masques (1987), pour cette ambiance « petite bourgeoisie de province » et pour la beauté tranquille des paysages dépeuplés des Ardennes lors de cet épisode où Gloria et Michel se retrouvent dans la superbe maison isolée d’une jeune et jolie veuve (Héléna Noguerra). Plusieurs personnages sont surpris en pleine lecture d’œuvres diverses de Simenon et ce n’est évidemment pas un hasard… On pense également à Jean-Pierre Mocky dans une troisième acte où le couple d’arnaqueurs se fait passer pour un tandem curé / nonne afin d’extirper à une riche (et antique) veuve une énorme somme, soit disant destinée à une mission en Afrique… On rit jaune, mais on rit beaucoup dans Alléluia, qui réussit allègrement ce mélange difficile entre satire et violence là où échouait le récent Au Nom du Fils, de Vincent Lannoo.

 

fire-2

 

Aux abonnés absents, Benoît Debie, prestigieux chef op’ habituel de Fabrice est ici remplacé avantageusement par Manuel Dacosse (Amer, L’Etrange Couleur des Larmes de Ton Corps) qui nous concocte une série d’images étrangement poétiques dans lesquelles la violence extrême (et parfois insoutenable) est représentée tantôt comme dans un tableau champêtre, tantôt comme dans une planche des « Sales Blagues de Vuillemin ». Fabrice et son chef op’ optent pour un tournage en pellicule 16mm, avec ce « gros grain » poisseux, avec pour résultat des images qui semblent sorties tout droit de la psyché malade des deux personnages principaux. Des images et des émotions qui restent implantées dans notre subconscient des jours, des semaines après la projection… un petit exploit à l’heure où la platitude et le formatage visuels sont de mise.

 

Humour noir, satire et ultraviolence viennent se greffer à une histoire d’amour et de codépendence ultime, mais quand le drame se joue, c’est avec le plus grand sérieux. Si les premières victimes du couple font rire et passent à trépas avec une violence truculente que n’auraient pas reniée les trublions de C’est Arrivé Près de Chez Vous, le dernier acte effectue un virage vers un drame terriblement éprouvant, notamment lorsque la fillette d’Héléna Noguerra (la petite Pili Groyne), sentant bien plus que sa mère se dessiner un drame, éructe dans une scène de rage folle envers cette Gloria bizarre qu’elle déteste de tout son corps. Une scène déchirante qui reste l’une des plus douloureuses incarnations de la détresse enfantine vues sur un écran de cinéma depuis très longtemps. Lorsque la fin, inévitable et apocalyptique se profile et que Michel est amené à faire un choix impossible, Fabrice Du Welz nous sert une scène de meurtre à moitié raté absolument insoutenable… (en dire plus serait gâcher la surprise…)

 

09

 

Brassant les genres, passant par des chemins complètement inattendus, Alléluia est pourtant en fin de compte un ovni tout à fait homogène, aussi follement amusant que réellement bouleversant et physiquement douloureux. Il rejoint les récents Stoker (2012, de Park Chan Wook) et Under the Skin (2014, de Jonathan Glazer) dans la catégorie des films inclassables et fascinants dont on n’arrive jamais à détourner le regard. Plus mature que Calvaire, plus grand public que Vinyan, Alléluia est le meilleur film de Fabrice Du Welz à ce jour, même si on pourra lui reprocher ça et là quelques dialogues superflus là où de simples regards auraient suffi et une scène finale trop ambiguë pour emporter complètement l’adhésion… Des broutilles ! On souhaite à Alléluia le succès qu’il mérite, non pas afin de réveiller une cinématographie endormie sous les poids de sa propre suffisance, mais tout simplement parce qu’en faisant de la résistance en proposant une fois de plus une pure expérience cinématographique, Fabrice Du Welz mérite d’être considéré davantage que comme un grand cinéaste belge. Un grand cinéaste tout court…

 

Dieu nous a envoyé un fou ! Loué soit le Seigneur.

 

 

Remerciements à Isabelle Martin et Anne Feuillère.

 

 

Grégory Cavinato

 

Membre de l’U.P.C.B. – Union de la Presse Cinématographique Belge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>