Tears of Rage… Hommage à Levon Helm (1940-2012)

 

Le 19 avril dernier disparaissait Levon Helm, musicien de légende, membre fondateur de The Band, groupe qui – avec les Beatles, les Rolling Stones et le Beach Boys – peut se targuer d’avoir révolutionné irréversiblement l’histoire de la musique et du rock en général.  En hommage à cet homme discret, honteusement beaucoup plus populaire aux Etats-Unis que dans nos contrées, Action-Cut.com propose une critique du mythique The Last Waltz, de Martin Scorsese et revient sur la résurgence récente (qui fut malheureusement trop courte) de la carrière de ce musicien et cet homme d’exception au talent phénoménal. Réputé pour sa gentillesse légendaire, son humour, sa générosité envers ses fans, sa puissante voix « country » et des racines rurales revendiquées dans ses textes et sa musique aussi bien que dans son apparence, Levon Helm est parti comme il a vécu sa vie… discrètement et en musique.

 

Après la dissolution officielle de The Band en 1977, une aventure musicale épique terminée en beauté avec le légendaire docu-concert de Martin Scorsese The Last Waltz, les cinq membres fondateurs de ce groupe révolutionnaire – pour faire court : débuts avec Ronnie Hawkins, collaboration chahutée puis acclamée avec un Bob Dylan passé à l’électrique, gloire et reconnaissance internationales avec l’album emblématique du rock moderne, Music from Big Pink – auront connu des carrières en solo plus discrètes et souvent chaotiques.

 

 The Band : Rick Danko, Levon Helm, Robbie Robertson, Richard Manuel et Garth Hudson

 

Ainsi l’auto-proclamé leader, Robbie Robertson (paroles et guitare), principal instigateur de la dissolution du groupe, continua sa collaboration musicale avec Scorsese, supervisant et produisant les scores de la plupart de ses films depuis Raging Bull avant de se passionner pour les sonorités des indiens d’Amérique et de revenir en forme en 2011 avec son magnifique How To Become Clairvoyant.

 

L’énigmatique et discret Garth Hudson (claviers, synthés, piano, saxophone, accordéon), véritable virtuose multi-instrumentaliste se reconvertit en « session player » de luxe, produisant de temps à autres un album avec sa femme la chanteuse Maud Hudson.

 

Le charismatique et turbulent Rick Danko (1942-1999) (chant, basse, violons) sortit entre deux tournées quelques très beaux albums solo dans lesquels sa voix puissante et chaude faisait toujours merveille.

 

Le timide et réservé Richard Manuel (1943-1986) (chant, piano, harmonica, batterie) – sans aucun doute l’une des plus belles voix au monde – profita de l’arrêt du groupe pour combattre ses démons (drogues et alcool) avec malheureusement – comme le prouvera la suite – peu de succès.

 

Unique américain d’un groupe composé de canadiens, Levon Helm (chant, batterie, guitare, basse, mandoline) quant à lui, mécontent de la séparation du groupe, se dirigera vers le cinéma après quelques albums en solo passés inaperçus.

 

En 1983, admettant qu’aucun membre du groupe hormis Robertson (fatigué par la vie sur la route et les tournées) n’avait réellement eu envie de se séparer, ses quatre anciens compagnons de route décident donc de reformer The Band sans leur « leader » et parolier. Le résultat ? Une sorte de « The Band bis » en demi-teinte, agrémenté de nouveaux musiciens talentueux mais qui n’arriveront jamais à faire oublier la virtuosité guitaristique indéniable de Robertson qui conférait au groupe ce son électrisant et ses riffs inimitables, jamais égalés. Un vide trop difficile à combler qui verra cette nouvelle formation au rabais se produire dans des salles plus modestes, sans le soutien de l’industrie du disque, loin de la gloire des seventies mais néanmoins toujours suivie par les fans nostalgiques de l’âge d’or du groupe (1966-1976). Entre diverses tournées moins clinquantes et trois albums (de qualité mais devenus pratiquement introuvables) disséminés entre 1983 et 1999, le groupe devra faire face à de nombreuses intempéries qui lui seront fatales.

 

Le tragique suicide du fragile Richard Manuel en 1986 et la mort inattendue de Rick Danko en 1999 auront annihilé à jamais les espoirs d’une réunion du groupe original, espoirs déjà bien fragilisés par une longue brouille tenace entre Helm et Robertson pour d’obscures histoires de royalties non-payées et de désaccords sur les droits d’auteur.

 

Une fâcheuse fâcherie relatée dans l’autobiographie de Levon intitulée This Wheel’s On Fire – Levon Helm and the Story of The Band (1993). Un ouvrage dans lequel Levon règle ses comptes (de manière humoristique et tendre plutôt qu’ouvertement belliqueuse) avec son ancien ami Robertson, mais également avec Martin Scorsese, qu’il accuse d’avoir comploté pour faire du guitariste, son meilleur ami, le héros incontesté de The Last Waltz, faisant passer ce dernier pour le leader charismatique du groupe, reléguant les plus discrets mais néanmoins talentueux Garth Hudson et Richard Manuel à des seconds rôles.

 

 

The Shape I’m In…

 

The Band, sans le moindre doute le groupe le plus influent et innovateur de l’histoire du rock – ayant revisité avec un talent fou ses racines les plus anciennes pour l’emmener vers des horizons inédits – aura donc connu des lendemains chaotiques, entre tragédies (la perte à des âges ridiculement jeunes de deux de ses membres fondateurs), brouilles et amitiés durables (chaque membre collabora sur les projets solo des autres.)

 

Levon, batteur officiel du groupe (dans lesquels cependant les rôles étaient fréquemment inversés puisque chaque membre jouait de nombreux instruments) et voix légendaire ayant fredonné des airs aussi immortels que The Weight, Ophelia ou encore The Night They Drove Old Dixie Down, se tourne donc à l’aube des années 80 vers le cinéma où il apparaît en tant qu’acteur dans une poignée de films tels Coal Miner’s Daughter (Nashville Lady) (biographie de la chanteuse country Loretta Lynn, interprétée par Sissy Spacek), L’Etoffe des Héros, Menace Toxique (dans le rôle d’un prêtre musicien grattant sa guitare face à Steven Seagal !) ou encore le récent Dans la Brûme Electrique de Bertrand Tavernier (dans le rôle du fantôme d’un vieux Général sudiste de la Guerre de Sécession). Des rôles proches de sa personnalité qu’il accepte bien souvent sur l’insistance de son ami, l’acteur / réalisateur Tommy Lee Jones avec qui il partage l’affiche à trois reprises, incarnant dans l’élégiaque Les Trois Enterrements de Melquiades Estrada un vieillard aveugle résigné à mourir et implorant le héros de bien vouloir l’achever. Une prestation remarquable, surtout lorsque l’on sait le calvaire donc vient juste de sortir le musicien à l’époque du tournage.

 

Atteint d’un cancer de la gorge diagnostiqué en 1997 et qui lui paralyse les cordes vocales, privant le monde entier de sa voix légendaire, Levon Helm, terriblement amaigri et les traits marqués à jamais par son calvaire se rappelle à notre bon souvenir grâce au chef d’œuvre de Tommy Lee Jones. Dès la fin des années 90, affaibli par la maladie, Helm popularise néanmoins dans son studio de Woodstock, New York la tradition des « Midnight Ramble », des concerts donnés tous les mois avec des invités de marque (Elvis Costello, Norah Jones, Garth Hudson, Emmylou Harris, Ringo Starr et bien d’autres) qui lui permettent de payer des factures médicales astronomiques. Un médecin lui conseille de subir une laryngectomie mais Levon opte pour un traitement plus brutal et subit des séances de radiations épuisantes qui finiront heureusement par anéantir la tumeur, non sans provoquer de nombreux dégâts (irréversibles, lui prédit-on à l’époque !) sur ses cordes vocales. Sa voix de ténor puissante se fragilise et se transforme alors petit à petit en un râle douloureux. Lors de ces concerts, Levon se concentre donc sur sa batterie en attendant des jours meilleurs… jusqu’à la date fatidique du 10 janvier 2004 où il chante pour la première fois depuis des années au prix d’un effort surhumain.

 

 

Forever Young…

 

Encouragé par le succès grandissant des Midnight Ramble, Levon, dont le cancer est en complète rémission et considérant avoir récupéré 80 % de ses capacités vocales, reprend le chemin des studios en 2007 pour enregistrer son premier album solo depuis 25 ans. Intitulé Dirt Farmer, coproduit par sa fille Amy (chanteuse du groupe Ollabelle) et le légendaire Larry Campbell (un autre musicien multi-tâches ayant accompagné Bob Dylan sur son Neverending Tour pendant plus de dix ans), Dirt Farmer est un album acoustique de folk mélancolique et entêtant qui vaut à Levon son premier véritable triomphe en solo, preuve de l’affection et de la fidélité indéfectible de ses fans acquis à sa cause depuis les heures de gloire, mais aussi des novices qui découvrent ainsi que c’est dans les vieux plats que l’on fait les meilleures soupes.

 

La chanson-titre nous narre la détresse d’un pauvre cultivateur qui ne ramasse plus dans son champ que des cailloux et de la poussière parce que la banque lui refuse un prêt. Un thème cher à un artiste proche de ses racines, ayant toujours culpabilisé d’avoir répondu à l’appel des sirènes du show-business alors que son père et son frère se tuaient au labeur dans les champs de coton de l’Arkansas. Si la voix du chanteur reste fragile, beaucoup plus rugueuse aussi, l’inspiration est au rendez-vous, l’album contenant quelques pépites tels ce Poor Old Dirt Farmer, ballade dont l’énergie vient contrebalancer un thème des plus tristes. La mélancolie ambiante de l’album et l’attention portée à des reprises de chansons traditionnelles issues du folklore profond du sud américain (Little Birds, Blind Child, The Girl I Left Behind) et le soin méticuleux que Larry Campbell et Levon apportent à des reprises triées sur le volet (Wide River To Cross, Got Me a Woman) vaudront à ce Dirt Farmer modeste et classieux d’être considéré comme une véritable renaissance artistique, succès critique et commercial à la clé. Ces harmonies intemporelles, une section rythmique très en forme (à noter le travail fantastique du bassiste Byron Isaacs) donnent à ces chansons un peu désuètes une réelle vitalité. Dirt Farmer remporte en 2008 le Grammy Award du Meilleur Album de Folk Traditionnel et Levon repart aussitôt en tournée dans toute l‘Amérique, suivi de milliers d’admirateurs.

 

 

When I Paint My Masterpiece…

 

Continuation logique du style instauré par Dirt Farmer, Electric Dirt, sorti à l’été 2009, en est le petit frère beaucoup plus turbulent, aux sonorités plus éclectiques, adoptant un son électrique survolté que les cuivres viennent soutenir avec une vitalité digne des deux premiers albums de The Band. Ponctué par des accents rock’n roll venant se marier de la manière la plus joyeuse à la tradition de l’Americana (gospel, blues, soul), Electric Dirt étonne par la vitalité et l’énergie communicative de son géniteur de 69 printemps, qui s’amuse comme un enfant à l’aube – l’espérions-nous à l’époque – d’une nouvelle carrière. Helm semble ici surtout vouloir expérimenter en profondeur les capacités de son groupe gigantesque bien rodé à l’exercice des Midnight Ramble (trompettes, saxophones, tubas, trombones, harmoniums, violons, mandolines, banjos, accordéon cajun et des chœurs à foison) tout en faisant véritablement exploser sa batterie dans son style vigoureux inimitable, en revisitant une nouvelle fois les thèmes qui depuis les premiers jours de The Band, lui ont toujours tenu à cœur. Dans Electric Dirt, Levon reprend des chansons de son enfance dans les campagnes de l’Arkansas et d’autres qui l’ont influencé au cours de sa carrière. Les mots et les airs de Jerry Garcia, Randy Newman, Nina Simone, Muddy Waters et les Staple Singers sont ainsi repensés pour le style cool et dynamique d’un méga-groupe satisfait de soutenir un Levon plus en forme que jamais – beaucoup plus encore que sur son album précédent – et qui continue d’incarner dans ses paroles l’agriculteur sudiste de tous les jours confronté aux intempéries tout en essayant de rester fier et proche de ses racines face à des forces maléfiques (les banques, le capitalisme, le gouvernement) qu’il ne peut contrôler.

 

L’album débute en fanfare par une reprise des Grateful Dead, un Tennessee Jed au « New Orleans groove » pêchu et réjouissant rappelant certaines sonorités de l’album live de The Band Rock of Ages et que l’on fredonnera encore des mois après la première écoute. Les choses continuent en beauté avec un Move Along Train très bluesy, suivi de Growing Trade émouvante idylle pastorale, évocation des malheurs d’un fermier en fin de course et lessivé, travaillant très dur, et n’hésitant pas à se sacrifier pour préserver son héritage, obligé de survivre en faisant pousser de la marijuana. Une métaphore de la carrière de Levon ?… Ces trois premières chansons auraient pu facilement trouver leur place sur un album de The Band ou encore sur leur mythique collaboration avec Bob Dylan immortalisée dans The Basement Tapes. La ballade Golden Bird, le très « boogie » Stuff You Gotta Watch, l’énergique When I Go Away évoquant à quatre voix la proximité de la Mort ainsi que le gospel I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free sont les autres temps forts de cet album qui, en grande pompe, réussit le paradoxe d’être sublimement joyeux en parlant de choses graves et mélancoliques.

 

Si un batteur doit être conscient d’une chose (et Dieu sait que les projets solo des batteurs sont souvent ratés – c’est bien de toi que je parle, Ringo !…) c’est de l’importance du groove. Electric Dirt n’en manque pas et peut dores et déjà être considéré comme le véritable et ultime chef d’œuvre d’un homme modeste et simple, à l’âme joyeuse et torturée à la fois, un homme qui nous parle de conflits ruraux transcendés par la musique, métaphore de sa résurrection après quelques années terribles. Levon nous parle de la terre sans jamais produire un album poussiéreux, créant la poésie de manière simple en puisant dans ses racines et en démontrant un art consommé de la composition musicale sans jamais paraître redondant, chaque chanson complétant le puzzle de cette harmonieuse rhapsodie de manière essentielle.

 

Plus rock, plus ambitieux, plus dynamique que son néanmoins excellent prédécesseur… Electric Dirt, dont la couverture rend un hommage joyeux à celle du mythique Big Pink bénéficie en outre de la voix ressuscitée du chanteur qui, même lorsqu’elle menace de montrer des signes de fatigue ou de tristesse, est contrebalancée par ce phrasé unique et cette capacité de rendre vivants des personnages plus ou moins fictifs réellement émouvants. Cette voix rugueuse et chaleureuse, devenue si familière au cours du temps, intemporelle et organique, s’est nettement améliorée depuis 2007 et convient à merveille à cette évocation d’un monde rural laissé à l’abandon. Une voix contrebalancée par la douceur de sa fille Amy, guidant les chœurs avec l’omniprésent Larry Campbell qui semble ne pas s’être autant amusé depuis l’excellent et très drôle Love and Theft de Bob Dylan.

 

Electric Dirt, lauréat récent du Grammy du Meilleur Album Americana (une nouvelle catégorie que l’album inaugure…) est un album intemporel que l’on écoutera en boucle en tapant du pied, plus proche dans l’esprit des derniers albums essentiels de Johnny Cash (la série des « American Recordings ») que de la noirceur ironique envoûtante des derniers albums de Dylan, Levon Helm signant par ailleurs avec cet album du grand retour rien moins que le meilleur disque d’un ancien membre de The Band.

 

 

Going Going… Gone


A la mi-avril 2012, Robbie Robertson recevant un prix pour l’ensemble de sa carrière au Rock’n Roll Hall of Fame canadien envoie dans son discours de remerciement « son amour et ses prières » à Levon, propageant ainsi la rumeur d’une résurgence du cancer de la gorge de ce dernier. Des rumeurs entérinées par l’annulation de plusieurs dates dans la tournée de Levon. Un Levon qui, à la mi-mars, fait encore salle comble lors de sa tournée entamée pour célébrer la sortie de l’album live Ramble at the Rhyman, sorti fin 2011.

 

Le 17 avril, Sandy Helm, son épouse et Amy, sa fille postent un message sur le site officiel du chanteur :

 

« Chers amis,

Levon est en phase terminale de son combat contre le cancer. N’hésitez pas à envoyer vos prières et votre amour en pensant à lui, alors qu’il entame la dernière partie de son voyage. Merci aux fans et aux amoureux de la musique, vous qui avez rempli sa vie de joie… Levon n’aimait rien plus que de jouer, de remplir une salle de sa musique, d’imposer son rythme et de faire danser le public. C’est ce qu’il faisait à chaque fois qu’il montait sur scène. Nous apprécions votre amour et votre support. »

 

Le jour suivant, Robbie Robertson raconte avec émotion sur sa page Facebook la longue visite qu’il a rendue une semaine plus tôt à son ami mourant, à l’hôpital. En froid depuis de nombreuses années, les deux membres fondateurs de The Band auraient profité de cette dernière entrevue pour se réconcilier. Une épreuve difficile pour un Robertson ému, qui rend hommage à son « frère ». Une issue heureuse à cette longue brouille tenace, issue survenue malheureusement bien trop tard… Garth Hudson, troisième membre survivant du groupe déclare le même jour son infinie tristesse.

 

Levon Helm, 71 ans, décède paisiblement à New York le jour suivant, le 19 avril 2012, entouré de sa famille et de ses amis les plus proches. Les hommages se succèdent, de Bruce Springsteen à Bob Dylan qui sur son site officiel rédige un court texte très émouvant, saluant l’esprit du chanteur qui l’aura accompagné sur scène pendant des années… Levon sera enterré au cimetière de Woodstock, New York, à quelques mètres seulement de la tombe de Rick Danko. Un enterrement qui rassemble plus de 2000 personnes qui suivent le cortège funèbre. Gageons qu’avec Rick et Richard Manuel qu’il vient de rejoindre, laissant Robbie, Garth et des milliers d’admirateurs orphelins, Levon se déchaîne au paradis des stars du rock, faisant chanter les anges lors de son plus beau concert.

 

En avril 2013 sortira sur les écrans américains le documentaire Ain’t in it For My Health : A Film About Levon Helm, tourné en 2010, narré par Billy Bob Thornton (ami et admirateur de Levon) et regroupant des interviews de Levon et de son groupe à l’époque de la sortie d’Electric Dirt. Un dernier hommage bien mérité.

 

« No man alive will come to you

With another tale to tell

And you know that we shall meet again

If your memory serves you well…»

 

(tiré de « This Wheel’s On Fire »)

 

 

Grégory Cavinato.

 

 

 

 

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