La Sainte Trinité de Jésus Franco (1930-2013) : jazz, vampires et érotisme…

jess-franco199 films réalisés entre 1957 et 2013… sans compter ceux que l’on n’a pas comptés… C’est le palmarès étourdissant de l’iconoclaste le plus inclassable et le moins célébré du cinéma européen, le pervers pèpère du film de genre underground, cinéaste aussi fou que profondément engagé (à gauche), aussi maladroit que fascinant, aussi nul que génial, aussi vicelard que passionné… le seul, l’unique (si l’on oublie ses nombreux pseudonymes) Jésus « Jess » Franco… qui vient de nous quitter à 82 ans. Sur ces 199 films recensés sur le site imdb, Jésus réalise, assure le scénario, la musique, le son, la photo et le montage de la quasi-totalité d’entre eux… sans compter qu’il joue également dans une centaine de ses propres œuvres et dans celles de ses copains et admirateurs qui le font tourner en « guest star », généralement dans des productions tout aussi artisanales et fauchées que les siennes!

 

In your face, Terrence Malick!

 

Né le 12 mai 1930 à Madrid, le petit Jésus se tourne d’abord vers le piano, poussé par ses parents à composer dès l’âge de 6 ans…  Il devient par la suite critique de cinéma et romancier, puis entame sa carrière dans les années 50 comme homme à tout faire du cinéma commercial espagnol à petit budget : compositeur, scénariste, réalisateur de seconde équipe (notamment sur le Chimes at Midnight / Falstaff, d’Orson Welles en 1965 – cinéaste avec qui il se lie d’amitié), assistant-réalisateur sur des productions locales ou européennes généralement fauchées… Un apprentissage sur le tas qui l’initie aux ficelles du métier et au système D. Jésus apprend à tourner vite, une leçon qu’il appliquera tout au long de sa prolifique carrière. Il accède à la réalisation en 1957 avec quelques courts métrages puis un premier long, une comédie, Tenemos 18 Años qui sort en 1959. Franco connaît un succès inespéré en 1962 d’abord avec La Mano de un Hombre Muerto / Le Sadique Baron Von Klaus mais surtout le film qui lance réellement sa carrière : Gritos en la Noche / L’Horrible Docteur Orloff, relecture gothique, violente et érotique des Yeux Sans Visage, de Georges Franju dont, succès aidant, il réalisera plusieurs suites et remakes comme El Secreto del Dr. Orloff / Les Maîtresses du Dr. Jekyll (1964) ou le très culte et outrageusement gore Les Prédateurs de la Nuit / Faceless (1987) avec Telly Savalas, Brigitte Lahaie et Stéphane Audran. Les Prédateurs de la Nuit reste d’ailleurs l’un des plus populaires métrages de Franco et 25 ans plus tard, inspirera Pedro Almodovar pour son récent La Piel que Habito… En 1962, conscient d’une réaction potentielle des censeurs espagnols, le petit Jésus concocte deux versions de son film fétiche : une avec nudité, l’autre sans… Une méthode qui deviendra sa marque de fabrique puisque pratiquement tous ses films sortent dans des versions différentes, souvent sous des titres différents, transformant sa filmographie en un gigantesque dédale sans fin dans lequel les cinéphiles les plus pointus ou les plus pervers aiment à se perdre…

 

montage franco

 

Tout comme Luis Buñuel, autre iconoclaste à la carrière cependant bien plus “respectable”, Franco devient à cette époque la cible du gouvernement d’extrême droite de son homonyme Francisco Franco et bien entendu, de l’Église catholique espagnole. Des titres tels que Sadist Erotica (1969), Sex Charade (1969) et La Comtesse Perverse (1974) n’arrangent guère son cas et pourtant, Franco s’en moque éperdument, caractérisant ainsi son penchant pour la nudité et le sexe à l’écran : « Si mes souvenirs sont bons, je suis né parce que mes parents ont fait l’amour. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais être choqué par cette chose qui est à l’origine de ma vie. »

 

horrible-dr-orlof-1962-05-g

 L’Horrible Docteur Orloff

 

Le succès de L’Horrible Docteur Orloff lui vaut de poursuivre un temps sa carrière un peu partout en Europe avec des budgets modestes mais respectables dans la production horrifique, notamment lors de sept collaborations avec la star Christopher Lee, qu’il dirige dans les deux ultimes volets (les épisodes 4 et 5) de plus en plus parodiques et « Austin Powers-esque » de la populaire mais déclinante saga Fu Manchu : Le Sang de Fu Manchu (1968) et Le Château de Fu Manchu (1969). Il retrouve Lee dans The Bloody Judge (1970) dans lequel l’acteur interprète un effrayant inquisiteur, puis dans un trop sérieux et très ennuyeux Conte Dracula (1970), indépendant de la célèbre série de la Hammer mais reprenant pourtant Lee dans son rôle fétiche, agrémenté d’une bien étrange (et ridicule) moustache histoire de coller au plus près au texte de Bram Stoker. Il retrouve Christopher Lee à la fin des années 80 dans deux obscurs films de guerre et d’espionnage tournés dans les mêmes décors : Dark Mission / Operacion Cocaina (1988), (Christopher Lee et Brigitte Lahaie : together at last !…) et La Chute des Aigles (1989), avec également Mark Hamill, soit des acteurs un peu has been et dans la pire phase de leurs carrières respectives, heureux qu’on leur confie encore quelques rôles…

 

vlcsnap-2011-10-09-18h32m59s205

 Christopher Lee dans The Bloody Judge

 

big_64689564Mais c’est avant tout l’érotisme (soft et hard), les déviances en tous genres, les tableaux bigarrés, le sadomasochisme, les sévices sophistiqués, les lesbiennes sensuelles et les vampires en manque de sexe qui semblent intéresser l’homme aux 50 pseudonymes… Sa fascination pour l’œuvre du Marquis de Sade lui vaut de réaliser une poignée de versions très personnelles de ses récits, dont Marquis de Sade : Justine (1969) et Venus in Furs / Paroxismus (1969). L’érotisme chez Franco – même si il adore filmer de très jolies femmes – n’est pas celui d’un esthète et ne s’embarrasse que très rarement de considérations telles que le raffinement ou le bon goût. Chez Franco, les femmes sont vicieuses et sauvages. Il s’agit donc plutôt d’une approche frontale et potache de la sexualité, filmée sans effets esthétisants (à la Just Jaeckin ou David Hamilton), le plus souvent avec une franchise et une vulgarité assumées, en donnant pour son argent à un public ne cherchant pas particulièrement la sophistication.

 

Il enchaîne ensuite sur ces histoires de lesbiennes vampires où son style inimitable fait mouche : Succubus (1968 – considéré par Fritz Lang en personne comme un chef d’œuvre surréaliste par sa dépiction fantastique et onirique de l’univers d’un nightclub), Kiss Me Monster (1969), Vampyros Lesbos (1971), La Fille de Dracula (1972), Christina, Princesse de l’érotisme, connu aussi sous le titre Une Vierge Chez les Morts Vivants (1973) et tant d’autres qui viennent conforter le cinéaste dans ses obsessions et dans sa méthode (ou son manque de méthode !) : tourner à tout prix et à toute allure, allant parfois jusqu’à tourner plus de dix films par an ! Ignorant les quolibets de la critique et l’indifférence relative du public, Franco tourne inlassablement et à une cadence frénétique, ne refusant aucun contrat, même pour les productions les plus nulles et les plus fauchées. De la série B de prestige avec Christopher Lee en passant par la série Z, du film pop et culte au porno le plus crapoteux tourné en deux jours, Franco fait tout, de manière industrielle et ce malgré des problèmes de distribution systématiques et des budgets pour la plupart faméliques !… Il utilise pour ce faire un entourage dévoué à ses visions, capable de tourner plusieurs films en même temps, parfois sans même être au courant (le réalisateur poussant sa fureur créatrice jusqu’à faire tourner des scènes pour un prochain film à ses acteurs, sans les avoir prévenus !) Une urgence créatrice quasi-hystérique, une envie de filmer relevant de l’obsession !

 

Ci-dessus : la direction d’acteur vue par Jésus Franco…

 

Jean-Pierre Putters, ancien rédacteur en chef et fondateur de la revue Mad Movies écrit dans son excellent « Ze Craignos Monsters, Volume 1 » : « Franco porte en lui le délire iconoclaste, la force de transgression, la fibre provocatrice et il se met très tôt à tourner ses premières œuvres fantastiques où la morbidité, le sadisme, l’érotisme voyeur et la perversité maladive des personnages inquiètent en ce début des années 60. »

 

Mais pourquoi un tel tâcheron tournant sans distinction et sans relâche de sempiternelles histoires de fesses et d’hémoglobine, souvent dans les mêmes décors d’un film à l’autre fait-il l’objet d’un tel culte ? Avant une réhabilitation tardive, les critiques n’auront cessé de maltraiter Jésus Franco qui d’ailleurs s’en moquait ouvertement, tournant sans limites ni contraintes, bref… dans la liberté la plus totale !… Chez Franco, c’est bien le style qui fait toute la différence, que ce soit pour de bonnes (parfois) ou de mauvaises raisons (souvent)… Ses nombreuses tares, son opportunisme, certaines incompétences notoires (la direction d’acteur, l’écriture), ses défauts et tics formels ont la spécificité de toujours tourner à son avantage et ainsi de créer petit à petit ce que l’on appelle… une œuvre !

 

2132416,Rf4ef1zhLKcNXmlD4cMWTPWvHQUQNH1NdMWH0ohVkC1GjloOH+T4rMz5VSWRYOGwLjvcjUu1YrRzqTUZsIYyBg==

 Soledad Miranda dans Vampyros Lesbos, Klaus Kinski dans Jack the Ripper

 

Jean-Pierre Putters, encore lui, définit ce style :

 

« Nietzschéen du pauvre, Franco promène un œil condescendant sur l’humanité souffrante. La plupart de ses personnages secondaires traînent un incommensurable ennui, que vient seulement égayer la promesse d’une péripétie érotique, toujours filmée lascivement , complaisamment, sur une musique répétitive et obsédante, ou l’assouvissement de quelques autres bas instincts. Mais c’est sa maladresse, ses tics, l’inconsistance et jusqu’à l’invraisemblance de ses scénarios, qu’il signe souvent lui-même, qui le font reconnaître à la fois de ses fans et surtout de ses nombreux détracteurs. C’est pourquoi il balade une flopée de pseudos que les amateurs finissent pourtant toujours par repérer, de Jess Frank à David Khune, Lulu Laverne, Frank Hollman, Rick Dekoninck, en passant par Clifford Brown et James P. Johnson (en hommage à ses jazzmen préférés) et bien d’autres… Les films de Jésus Franco, s’ils relèvent tous plus ou moins d’une thématique similaire, n’en sont pas pour autant de véritables films. Entendons par là qu’ils ne respectent plus depuis longtemps une structure narrative cohérente, cursive et qu’ils lassent à force d’incohérences.  Sur La Fille de Dracula, un de ses films les plus décousus, il aligne des plans, balade sa caméra, s’étonne lui-même des possibilités de la technique et utilise le zoom comme un enfant tripote son nounours. Zoom sur une tête, sur un tiroir, des mouettes, le visage d’Howard Vernon (Dracula), puis encore sur le ciel ou sur le sexe de l’héroïne, bref sur tout ce qui passe à sa portée. Et puis zoom avant et arrière. Chouette alors, ça marche dans les deux sens ! Et le flou artistique alors, quelle découverte !… On ouvre au flou, on ferme au flou. Quel effet ! Et tant pis si à la fin le spectateur n’en ressort pas plus intelligent ni bien au fait de ce que peut raconter le film. Franco s’est fait plaisir, c’est là l’essentiel !… C’est cela Jésus Franco : le fou lâché sur grand écran , qui oublie sa dernière besogne pour entreprendre aussitôt la suivante, sans tenter d’améliorer quoi que ce soit à sa manière. Car Franco n’évolue jamais, il régresse… »

 

Pas faux… et pourtant, le style unique de Franco est bien là, reconnaissable entre mille ! Une autre explication, plus positive, donnée par les adorateurs d’un cinéaste qui ne gagnera son statut d’auteur (malgré lui ?) que sur la fin de sa vie, c’est que son cinéma (erreurs comprises) se rapproche davantage de l’exercice du free jazz : peu de structure, beaucoup d’improvisation et d’expérimentations – très maladroites certes – mais dont le pouvoir de fascination va en grandissant avec les années. En effet, qu’il l’ait cherché ou non, avec l’avantage du recul, les œuvres de Franco ont gagné, non pas en qualité, mais en curiosité. Ses films ne ressemblent à aucun autres… sauf bien entendu aux 198 autres titres de sa filmographie labyrinthique !… Franco explique d’ailleurs – marque des plus grands artistes – qu’aucun de ses films n’est son préféré et que l’ensemble de sa filmographie forme un tout. Un « work in progress » sans réel progrès en quelque sorte…

 

predateurs-de-la-nuit-01-g

 Brigitte Lahaie dans Les Prédateurs de la Nuit

 

Franco poursuit ainsi en Espagne, en France, en Allemagne, en Italie et dans les langues de tous ces pays une carrière opportuniste sans honte ni budgets, marquée par les femmes en cages, le sadomasochisme, les films de mercenaires post-Rambo, les morts-vivants, les vampires, les nazis, les savants fous, les cannibales et surtout les grands mythes du cinéma fantastique qu’il maltraite sans vergogne, dans la folie, le désordre et dans la bonne humeur la plus totale (Dracula Contre Frankenstein, Les Expériences Erotiques de Frankenstein, Les Démons, Mondo Cannibale, un Jack l’Éventreur bénéficiant de la présence de Klaus Kinski, etc.), des films qu’il tourne entre deux pornos – activité qu’il pratique beaucoup dans les années 70 et 80 suite à l’ouverture du marché en Espagne avec, au hasard… Les Gloutonnes, Les Chatouilleuses, La Partouze de Minuit, Les Petites Vicieuses font de Grandes Emmerdeuses, Shining Sex – La Fille au Sexe Brillant, Rapt de Nymphettes, Une Fille Pour les Cannibales, Macumba Sexual, Orgasmo Perverso et tant d’autres joyeusetés… Il honore encore de sa présence quelques miteuses productions françaises EuroCiné, connues des amateurs pervers pour être le bas du panier du film de genre (L’Abîme des Morts Vivants, Lorna the Exorcist et surtout le putride Lac des Morts Vivants, une sucrerie déviante co-réalisée officieusement par Franco et Jean Rollin sous le pseudo de J.A. Lazer… et sans doute l’un des plus mauvais films au monde… mais aussi le plus drôle !)

 

avaleuses-comtesse-noire-02-g

 Lina Romay dans La Comtesse aux Seins Nus, aussi connu sous le titre Les Avaleuses

 

avaleuses-comtesse-noire-01-gC’est en 1971 après la mort accidentelle de son actrice fétiche Soledad Miranda que Franco rencontre sa muse, Lina Romay, jolie brunette exhibitionniste,  piquante et peu farouche, d’une perversité peu commune, au corps voluptueux et aux grands yeux de biche, dont il filme inlassablement pendant près de 40 ans le sexe en gros plan pour faire passer le temps… une récréation des plus charmantes pour combler les trous béants de ses scénarios ! Le couple Franco / Romay tournera 115 films ensemble (!), soit 107 de plus que le couple Scorsese – De Niro, la plupart d’entre eux montrant Lina (en version soft, puis hard) dans le plus simple appareil et au lit avec de nombreux amants sous le regard et la caméra voyeurs de son pygmalion… qui d’ailleurs ne rate jamais une occasion de faire l’acteur dans ses films, son physique particulier le forçant à incarner divers nabots, bossus et obsédés entre autres personnages louches et pervers. A noter que Jésus et Lina ne se marièrent… qu’en 2008 !

 

Si il s’avérait souvent bien incapable de les diriger (sauf pour les scènes de sexe), certains acteurs tout comme Lina restèrent pourtant fidèles à Franco, tels Christopher Lee et l’infernal Klaus Kinski (avec lequel Franco déclare n’avoir jamais eu le moindre problème au cours de leurs quatre collaborations, un exploit en soi !…), mais aussi la sublime Soledad Miranda (sa première muse, décédée dans un accident de voiture à 27 ans en 1970), Brigitte Lahaie, Muriel Montossey, James Darren, Maria Schell, Maria Rohm et surtout son ami de longue date Howard Vernon (le fameux Docteur Orloff, spécialisé dans les rôles de nazis et qu’il met en scène une quarantaine de fois) ou encore de vieilles gloires hollywoodiennes en fin de parcours et au salaire au rabais, comme Mercedes McCambridge.

 

13012310010813439410792563En 1992, le stakhanoviste de la pellicule s’approprie les bobines du Don Quichote inachevé de son ami Orson Welles, véritable arlésienne dont le tournage cauchemardesque (incessants problèmes de script et de financement, mort de Francisco Reigueira, l’acteur incarnant Don Quichote) se déroula par intermittence entre 1957 et 1969 et sur lequel Franco faisait office d’assistant-réalisateur. Franco filme quelques scènes supplémentaires mettant en scène Fernando Rey et tente maladroitement – les coutures restent très visibles – d’en tirer une version présentable en recollant les morceaux. Mais ce Don Quichote mutilé sort en vidéo dans l’indifférence la plus totale, le sens tout personnel de la continuité et de l’écriture de Franco s’accordant mal avec la rigueur de Welles…

 

Faisant fi des modes, de la bienséance, des innovations cinématographiques et de la sophistication des scénarios, Franco continue à tourner énormément dans les années 90 et 2000. Des titres mystérieux et inédits dans nos contrées comme Killer Barbys, Mari-Cookie and the Killer Tarantula in 8 Legs To Love You, Inkubus, Killer Barbys vs. Dracula, La Cripta de las Mujeres Malditas et enfin… ses ultimes travaux réalisés en dépit d’une santé défaillante et d’un fauteuil roulant poussé inlassablement et amoureusement par sa muse, toujours fidèle : Paula-Paula en 2010 (dernier film de Lina Romay), et en 2012, La Cripta de las Condenadas 1 et 2 et un bien curieux Al Pereira vs. The Alligator Ladies qui sera désormais son ultime opus… A moins que… Ne nous avançons pas trop! Malgré le léger détail de son décès, Jésus Franco est bien capable de nous pondre comme à son habitude cinq films supplémentaires d’ici la fin de l’année…

 

Franco ne bénéficiera pas dans sa longue carrière d’un succès d’estime ou de la respectabilité si chère à de nombreux artistes, du moins pas avant la fin de sa carrière quant en 2008, la Cinémathèque de Paris lui offre une rétrospective joyeuse et colorée. En 2009, la Spanish Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerne un Goya d’Honneur en remerciement pour sa contribution au cinéma espagnol. Un peu comme si les Oscars décernaient un trophée d’honneur à Ed Wood, Russ Meyer, George Kuchar ou au John Waters des années 70…

 

3964682451_d5f54f9469_z

 Jésus et Lina en 2010

 

Après un magnifique hommage qui leur fut rendu à Bruxelles dans l’édition 2010 du festival OffScreen – et où Franco s’est beaucoup amusé, lui qui était si peu habitué à tant d’amour de la part du public qui lui fit un véritable triomphe – on apprend le décès à seulement 57 ans de Lina Romay le 15 février 2012, d’un cancer foudroyant. Jésus, confiné à son fauteuil roulant, ne s’en serait jamais remis et son état de santé, déjà peu brillant, décline… Un peu plus d’un an après (à l’ instar de Federico Fellini et Giulietta Masina), Jésus, romantique jusqu’au bout, rejoint sa bien aimée, emporté ce 2 avril 2013 par une attaque.

 

Chris Alexander, courageux et émérite spécialiste de l’œuvre de Franco et éditeur de la revue Fangoria déclare aujourd’hui : « Franco mangeait, dormait et respirait le cinéma. Il ne vivait que pour pointer l’objectif de sa caméra vers tout ce qui attirait son regard. Il était inclassable : trop arty pour les amateurs d’horreur et trop macabre pour les salles d’art et d’essai… Il existait dans un monde, dans une catégorie qui lui étaient propres. »

 

Achevons cet hommage par une sombre pensée : qu’il est bien triste d’imaginer que pour la première fois depuis le début des années 50, Jésus Franco n’est pas en ce moment-même en train d’ajouter un opus  supplémentaire à l’œuvre la plus bizarre et singulière de l’histoire du cinéma…

 

JF

 

Merci petit Jésus !

 

 

Grégory Cavinato

 

 

La filmographie qui suit fut établie par l’auteur de ces lignes selon différentes sources : le site de référence imdb, différentes lectures de revues fantastiques, la vision de nombreux films en festivals, en VHS et DVD… Jésus Franco ayant – à l’instar de Joe D’Amato – la manie de sortir ses films dans des versions différentes, avec des titres et des durées différents selon les pays et la censure et surtout de remonter certains passages / rushes d’entre eux (souvent sans la moindre notion de logique) pour en tirer un film supplémentaire, sa filmographie reste un joyeux bordel que les archéologues auront tout à loisir d’explorer maintenant que Jésus est monté au ciel. L’exhaustivité n’est donc ici pas garantie à 100% mais la rigolade et la fascination à la lecture de certains titres, l’est…

 

CINEMA

 

-Comicos (54, Juan Antonio Bardem, musique et assistant réalisateur uniquement )

-Felices Pascuas (54, Juan Antonio Bardem, assistant réalisateur uniquement )

-El Coyote (55, Joaquin Luis Romero Marchent et Fernando Soler, scénario et assistant réalisateur uniquement )

-Nosotros Dos (55, Julio Fernandez, assistant réalisateur uniquement )

-Muerte de un Ciclista (55, Juan Antonio Bardem, assistant réalisateur uniquement )

-Señora Ama (55, Julio Bracho, assistant réalisateur uniquement )

-Around the World In 80 Days (56, Michael Anderson, figurant )

-La Justicia del Coyote (56, Joaquin Luis Romero Marchent, scénario et assistant réalisateur uniquement )

-Miedo (56, Leon Klimowsky, scénario et assistant réalisateur uniquement )

-Viaje de Novios (56, Leon Klimowsky, assistant réalisateur uniquement )

-La Melodia Misteriosa (56, Juan Fortuny, scénario uniquement )

-El Arbol de España (57, c-m, réalisation, scénario et musique, documentaire )

-El Hombre Que Viajaba Despacito (57, Joaquin Luis Romero Marchent, musique et assistant réalisateur uniquement )

-Ana Dice Si (58, Pedro Lazaga, production et acteur )

-Historias de Madrid (58, Ramon Comas, musique et assistant réalisateur uniquement )

-Tenemos 18 Años (59, réalisation, scénario et musique )

-Las Playas Vacias (59, c-m, réalisation et scénario, documentaire )

-Oro Español (59, c-m, réalisation, scénario et musique, documentaire )

-Llegaron los Franceses (59, Leon Klimowsky, scénario uniquement )

-Luna de Verano (59, Pedro Lazaga, scénario et production uniquement )

-Fulano y Mengano (59, Joaquin Luis Romero Marchent, scénario et assistant réalisateur uniquement )

-Labios Rojos (60, réalisation et scénario )

-Ama Rosa (60, Leon Klimowsky, scénario uniquement )

-Estampas Guipuzcoanas Numero 2 : Pio Baroja (60, c-m, réalisation, documentaire )

-El Destierro del Cid (60, c-m, réalisation, documentaire )

-La Reina del Tabarin (60, réalisation )

-La Venganza del Zorro (62, Joaquin Luis Romero Marchent, scénario uniquement )

-Vampiresas 1930 (62, réalisation et scénario )

-La Mano de un Hombre Muerto / The Sadistic Baron Von Klaus (62, réalisation et scénario )

-Gritos en la Noche / The Awful Dr. Orloff (62, réalisation, scénario et acteur )

-L’Ombra di Zorro (62, Joaquin Luis Romero Marchent, scénario uniquement )

-Rififi en la Ciudad (63, réalisation, scénario et production )

-El Llanero (63, réalisation et scénario )

-El Secreto del Dr. Orloff / The Mistresses Of Dr. Jekyll (64, realisation, scenario et acteur )

-La Muerte Silba un Blues (64, realisation, scénario et acteur )

-El Extraño Viaje (64, Fernando Fernan Gomez, acteur )

-Campanadas a Medianoche / Chimes At Midnight / Falstaff (65, Orson Welles, réalisateur de seconde  équipe uniquement )

-Mision Lisboa (65, Federico Aicardi et Tulio Demicheli, scénario et musique uniquement )

-Residencia Para Espias (66, réalisation, scénario, acteur )

-Cartes Sur Table (66, réalisation, scénario, acteur )

-Miss Muerte / Diabolical Doctor Z (66, réalisation, scénario, acteur )

-Lucky, el Intrepido (67, réalisation, scénario, acteur )

-Im Schlo£ der Blutige Begierde (68, Adrian Hoven, scénario uniquement )

-Necronomicon – Geträumte Sünden / Succubus (68, réalisation, acteur )

-The Blood Of Fu Manchu / Against All Odds / Kiss Of Death (68, realisation et scénario )

-The Seven Secrets Of Sumuru / Rio 70 / The Girl From Rio (69, realisation, acteur )

-Der Hei£e Tod / 99 Mujeres / 99 Women / Island Of Despair (69, realisation, scenario, acteur )

-Rote Lippen, Sadisterotica / Two Undercover Angels (69, realisation, scenario, acteur )

-Marquis de Sade : Justine / Deadly Sanctuary (69, réalisation, acteur )

-Che! (89, Richard Fleischer, acteur )

-The Castle Of Fu Manchu (69, realisation, acteur )

-Kü£ Mich, Monster / Besame Monstruo / Kiss Me Monster (69, realisation, scénario, acteur )

-Paroxismus / Venus In Furs (69, réalisation, scénario, acteur )

-Deine Zärtlichkeiten (69, Peter Schamoni et Herbert Vesely, acteur )

-Vampir-Cuadecuc (69, Joan Brossa et Pere Portabella, documentaire )

-Sex Charade (70, réalisation et scénario )

-Juliette (70, c-m, réalisation, scénario, acteur )

-Les Cauchemars Naissent la Nuit / Les Yeux de la Nuit (70, réalisation et scénario )

-Il Trono di Fuoco / Night Of the Blood Monster / The Bloody Judge / Trial Of the Witches (70, réalisation sous le pseudonyme de J. Frank Manera )

-El Conde Dracula / Count Dracula (70, realisation, scénario, acteur )

-Eugenie / De Sade 70 / La Isla de la Muerte (70, réalisation, acteur )

-The Devil Came From Akasawa (71, réalisation, scénario, acteur )

-Vampiros Lesbos / La Vampiras (71, réalisation sous le pseudonyme de Franco Manera, scénario, acteur et musique )

-X312 – Flug zur Hölle / X312 – Flight From Hell (71, réalisation, scénario, acteur )

-Sie Tötete In Ekstase / She Killed In Ecstasy (71, réalisation sous le pseudonyme de Frank Hollmann, scénario et acteur )

-Un Silencio de Tumba (72, réalisation, scénario, production et musique )

-La Maldicion de Frankenstein / Les Expériences Erotiques de Frankenstein / The Erotic Rites Of Frankenstein (72, réalisation, scénario, acteur )

-Les Ebranlées / Maison du Vice / Vibrating Girls (72, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, acteur )

-Les Démons / Les Démons du Sexe / She-Demons (72, réalisation et scénario )

-Jungfrauen Report / Virgin Report (72, réalisation )

-Robinson und Seine Wilden Sklavinnen (72, réalisation, acteur )

-El Muerto Hace las Maletas / Der Todesrächer Von Soho (72, réalisation, scénario, acteur )

-Dracula Contra Frankenstein (72, réalisation et scénario )

-La Fille de Dracula / Daughter Of Dracula (72, réalisation, scénario, acteur )

-El Doctor Mabuse / La Venganza del Doctor Mabuse / Dr. M. Schlägt Zu (72, réalisation, scénario, acteur et musique )

-Tendre et Perverse Emmanuelle / Frissons Sur la Peau / Le Chemin Solitaire (73, réalisation sous le pseudonyme de J.P. Johnson et scénario )

-Relax Baby (73, réalisation )

-Los Ojos Siniestros del Doctor Orloff (73, réalisation, scénario, acteur et musique )

-El Misterio del Castillo Rojo (73, réalisation, acteur )

-Maciste Contre la Reine des Amazones / Amazon Golden Temple / The Lustful Amazons (73, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown )

-Les Gloutonnes / Les Exploits Erotiques de Maciste Dans l’Atlantide (73, réalisation )

-Les Avaleuses / La Comtesse Aux Seins Nus / Erotic Kill / Female Vampire / Insatiable Lust (73, réalisation sous le pseudonyme de J.P. Johnson, scénario, acteur )

-Al Otro Lado del Espejo / Le Miroir Obscène / Outre-Tombe (73, réalisation et scénario )

-Le Journal Intime d’une Nymphomane / Sinner / Diary Of a Nymphomaniac (73, réalisation, scénario, acteur )

-Christina, Princesse de l’Erotisme / Une Vierge Chez les Morts Vivants (73, co-réalisation avec Jean Rollin, scénario, acteur )

-Kiss Me Killer (74, réalisation, scénario, acteur )

-Hommes de Joie Pour Femmes Vicieuses (74, Pierre Chevalier, acteur )

-La Comtesse Perverse / Les Croqueuses (74, réalisation et scénario )

-Quartier de Femmes / Los Amantes de la Isla del Diablo / Devil’s Island Lovers (74, réalisation et scénario )

-Un Capitan de Quince Años (74, réalisation, scénario et musique )

-Plaisir à Trois / How To Seduce a Virgin (74, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown et scénario )

-La Maison des Filles Perdues (74, Pierre Chevalier, scénario uniquement )

-Célestine, Bonne à Tout Faire (74, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown,  scénario, acteur )

-Les Possédées du Diable / Caresses de Chattes / Lorna the Exorcist (74, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, scénario, acteur )

-La Marque de Zorro (75, co-réalisation non-créditée avec Marius Lesoeur et Alain Payet )

-Frauengefängnis / Barbed Wire Dolls (75, réalisation, scénario, acteur )

-Downtown – Die Nackten Puppen der Unterwelt (75, réalisation, acteur )

-Des Diamants Pour l’Enfer / Women Behind Bars (75, réalisation sous le pseudonyme de A.M. Frank, acteur )

-Eugénie / Eugénie de Sade (75, réalisation, scénario, acteur )

-Le Jouisseur / L’Homme le Plus Sexy du Monde (75, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown )

-Les Nuits Brûlantes de Linda (75, réalisation sous le pseudonyme de J.P. Johnson et scénario )

-Les Chatouilleuses / Les Nonnes En Folie (75, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown et scénario )

-Wei£e Haut und Schwarze Schenkel (76, co-réalisation non-créditée avec Erwin C. Dietrich, acteur )

-Une Cage Dorée / Razzia Sur le Plaisir (76, co-réalisation avec Marius Lesoeur sous le pseudonyme de Adolf M. Frank )

-Die Teuflischen Schwestern / Sexy Sisters / Satanic Sisters (76, réalisation )

-Die Sklavinnen / Swedish Nympho Slaves (76, réalisation, acteur )

-Die Marquise Von Sade (76, réalisation et scénario )

-Midnight Party / Lady Porno / La Partouze de Minuit (76, co-réalisation avec Julio Perez Tabernero  sous le pseudonyme de James Gardner, scénario, acteur )

-Les Emmerdeuses / Les Petites Vicieuses Font de Grandes Emmerdeuses (76, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, scénario, acteur )

-Mädchen In Nachtverkehr / Wild Desire (76, réalisation )

-Jack the Ripper (76, réalisation et scénario )

-La Noche de los Asesinos / Suspiri / Night Of the Assassins / Night Of the Skull (76, realisation, scenario, acteur )

-Frauen Ohne Unschuld / Wicked Women (77, realisation et scénario )

-Frauen Für Zellenblock 9 / Women In Cellblock 9 (77, réalisation et scénario )

-Greta – Haus Ohne Männer / Ilsa the Wicked Warden (77, réalisation, scénario, acteur )

-Die Liebesbriefe einer Portugiesischen Nonne / Love Letters From a Portuguese Nun (77, réalisation )

-Shining Sex / La Fille Au Sexe Brillant (77, réalisation sous le pseudonyme de Dan L. Simon, acteur )

-Das Frauenhaus / Blue Rita / Le Cabaret des Filles Perverses (77, réalisation et scénario )

-Frauen im Liebeslager / Love Camp (77, réalisation )

-Der Ruf der Blonden Göttin / Voodoo Passion / Porno Shock (77, réalisation et scénario )

-Convoi de Filles / A l’Est de Berlin  (78, co-réalisation avec Pierre Chevalier sous le pseudonyme de  A.M. Frank, scénario )

-La Profezia (78, Giulio Petroni, musique uniquement )

-Cocktail Spécial (78, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown )

-Les Gardiennes du Pénitencier (79, Alain Deruelle et Julio Perez Tabernero, réalisation d’images  d’archives et acteur uniquement )

-L’Eventreur de Notre-Dame / Demoniac / Exorcism / Exorcism and Black Masses (79, réalisation sous  le pseudonyme de J.P. Johnson, scénario, acteur )

-Elles Font Tout (79, réalisation )

-Je Brûle de Partout / Rapt de Nymphettes / Dossiers Mineures (79, réalisation, acteur )

-Justine / Justine De Sade / Justine and the Whip (79, réalisation sous le pseudonyme de Dave Tough, scénario, acteur )

-Sinfonia Erotica (80, réalisation, scénario et musique )

-Opalo de Fuego : Mercaderes del Sexo / Two Female Spies With Flowered Panties (80, realisation et scénario )

-Eugenie : Historia de una Perversion / Erotismo / Wicked Memoirs Of Eugenie (80, realisation, scenario et musique )

-Mondo Cannibale / Cannibals / Une Fille Pour les Cannibales (80, realisation, scénario, acteur )

-Sexo Canibal / Chasseurs de l’Enfer / Chasseurs d’Hommes / The Man Hunter (80, réalisation sous le  pseudonyme de Clifford Brown, scénario et musique )

-Cannibal Terror / Terreur Cannibale (81, Alain Deruelle, Olivier Mathot et Julio Perez Tabernero, scénario uniquement )

-El Sexo Està Loco / Sex Is Crazy (81, réalisation, scénario, acteur et musique )

-L’Abîme des Morts Vivants / Bloodsucking Nazi Zombies / Oasis Of the Zombies (81, réalisation sous  le pseudonyme de A.M. Frank et scénario )

-Die Sage des Todes / Bloody Moon (81, réalisation, acteur )

-Sadomania – Hölle der Lust / Prisoners Of the Flesh / Hellhole Women (81, réalisation sous le  pseudonyme de Robert Griffin, scénario, acteur et musique )

-Les Filles de Copacabana (81, réalisation, scénario et musique )

-Le Lac des Morts-Vivants / Zombie Lake (81, co-réalisation non-créditée avec Jean Rollin, + scénario )

-Aberraciones Sexuales de una Mujer Casada (81, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown,  scénario et musique )

-Linda / Captive Women / Die Nackten Superhexen Vom Rio Amore / Orgy Of the Nymphomaniacs (81, realisation sous le pseudonyme de Jack Griffin )

-La Chica de las Bragas Transparentes / Pick-Up Girls (81, réalisation, scénario et musique )

-Revenge In the House Of Usher / El Hundimiento de la Casa Usher (82, realisation, scenario, production et musique )

-Las Orgias Inconfesables de Emmanuelle / Emmanuelle Forever / Emmanuelle Exposed (82, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown et scénario )

-El Huesped de la Niebla (82, c-m, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, + musique )

-Cecilia / Diary Of a Desperate Housewife (82, co-réalisation avec Olivier Mathot et production )

-Voces de Muerte (83, realisation )

-Sangre en Mis Zapatos / Blood On My Shoes (83, realisation sous le pseudonyme de Clifford Brown,  scénario et musique )

-En Busca del Dragon Dorado (83, réalisation sous le pseudonyme de James P. Johnson, scénario, acteur et musique )

-Los Blues de la Calle Pop (Aventuras de Felipe Malboro, Volumen 8) (83, réalisation sous le  pseudonyme de David Khune, scénario, acteur et musique )

-Botas Negras, Làtigo de Cuero (83, réalisation, scénario et musique )

-La Noche de los Sexos Abiertos (83, réalisation, scénario, acteur et musique )

-La Tumba de los Muertos Viviente / El Desierto de los Zombies (83, réalisation, scénario, acteur et  musique )

-El Tesoro de la Diosa Blanca / Diamonds Of Kilimanjaro / The Treasure Of the White Goddess (83, co-réalisation avec Olivier Mathot sous le pseudonyme de A.M. Frank, scénario, production et  musique )

-Confesiones Intimas de una Exhibicionista (83, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, scénario  et musique )

-La Casa de las Mujeres Perdidas / Perversion en la Isla Perdida (83, réalisation et scénario )

-Gemidos de Placer / Cries Of Pleasure (83, réalisation, scénario, acteur )

-El Hotel de los Ligues (83, réalisation, scénario et musique )

-Macumba Sexual (83, réalisation, scénario, acteur et musique )

-Bahia Blanca (84, réalisation, scénario, production, acteur )

-El Asesino Llevaba Medias Negras (84, réalisation )

-Camino Solitario (84, réalisation, scénario, acteur )

-Historia Sexual de O / The Sexual Story Of O (84, réalisation, scénario et musique )

-Mil Sexos Tiene la Noche / Night Of 1000 Sexes (84, réalisation, scénario et musique )

-Cuanto Cobra un Espia ? (84, réalisation, scénario et production )

-El Siniestro Doctor Orloff / Experimentos Macabros (84, réalisation, scénario et musique )

-Lilian, la Virgen Pervertida / Lilian the Perverted Virgin (84, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, scénario, acteur )

-Una Rajita Para Dos / Crack For Two (84, co-réalisation avec Lina Romay sous le pseudonyme de Rosa Maria Admirall, scénario, acteur et musique )

-Victims ! (85, Jeff Hathcock, scénario uniquement )

-Viaje a Bangkok, Ataud Incluido (85, réalisation, scénario, acteur et musique )

-Una de Chinos (85, realisation et production )

-La Sombra del Judoka Contra el Doctor Wong (85, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, scénario, acteur et musique )

-El Hombre Que Mato a Mengele (85, réalisation et scénario )

-La Esclava Blanca / The White Slave (85, réalisation )

-Bangkok, Cita Con la Muerte (85, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, scénario et musique )

-Juego Sucio en Casablanca (85, réalisation et production )   

-Un Pito Para Tres (85, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, scénario )

-La Mansion de los Muertos Vivientes / Mansion Of the Living Dead (85, réalisation, scénario et musique )

-El Chupete de Lulu (85, co-réalisation avec Lina Romay, scénario et musique )

-La Ultimas de Filipinas (86, réalisation, scénario et production )

-Las Tribulaciones de un Buda Bizco (86, réalisation et scénario )

-Sida, la Peste del Siglo XX (86, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown et scénario )

-Para las Nenas, Leche Calentita (86, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, scénario et musique )

-La Chica de los Labios Rojo (86, réalisation, scénario, acteur et musique )

-Bragueta Historia (86, réalisation )

-Orgasmo Perverso / Furia en el Tropico / Mujeres Accoraladas (86, réalisation, scénario et musique )

-El Ojete de Lulu / Lulu’s Talking Ass (86, réalisation, scénario et musique )

-El Miron y la Exhibicionista (86, co-réalisation avec Lina Romay, scénario et musique )

-Entre Pitos Anda el Juego (86, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, scénario et musique )

-Sola Ante el Terror / Alone Against Terror (86, réalisation, scénario et musique )

-Las Chuponas (86, co-réalisation non-créditée avec Lina Romay, scénario et musique )

-Les Amazones du Temple d’Or / Golden Temple Amazons (86, co-réalisation non-créditée avec Alain Payet et production )

-Esclavas del Crimen / Slaves Of Crime (87, réalisation sous le pseudonyme de James Lee Johnson, scénario et musique )

-El Lago de las Virgenes (87, réalisation, scénario et musique )

-Las Chicas del Tanga (87, co-réalisation avec Lina Romay sous le pseudonyme de Rosa Maria Almirall,  scénario )

-Phollastia (87, co-réalisation avec Lina Romay sous le pseudonyme de Betty Carter, scénario )

-Falo Crest (87, co-réalisation avec Lina Romay sous le pseudonyme de Lennie Hayden, scénario )

-Commando Mengele (87, Andrea Bianchi, scénario uniquement )

-Biba la Banda ! (87, Ricardo Palacios, production et réalisateur de seconde équipe uniquement )

-Faceless / Les Prédateurs de la Nuit (87, réalisation et scénario )

-Esa Cosa Con Plumas (88, Oscar Ladoire, acteur )

-Dark Mission / Operacion Cocaina / Flowers Of Evil (88, réalisation, scénario et production )

-La Chute des Aigles / Fall Of the Eagles (89, réalisation )

-La Bahia Esmeralda / Esmeralda Bay (89, réalisation, scénario, acteur )

-A la Poursuite de Barbara (91, co-réalisation avec Jean Rollin )

-Don Quijote de Orson Welles (92, Orson Welles, assistant réalisateur et réalisation des scènes  additionnelles )

-El Abuelo, la Condesa y Escarlata la Traviesa / Scarlet (92, réalisation, scénario, acteur et musique )

-Ciudad Baja / Downtown Heat / La Punta de los Viboras (94, réalisation, scénario et production )

-Killer Barbys / Vampire Killer Barbys (96, realisation et scénario )

-En la Puta Calle! (97, Enrique Gabriel, acteur )

-Kori (97, Dominik lber, montage uniquement )

-Mari-Cookie and the Killer Tarantula In 8 Legs To Love You (98, realisation, scenario, production et  musique )

-Lust For Frankenstein (98, realisation, scénario, production et musique )

-Tender Flesh / Carne Fresca (98, realisation, scénario, production et musique )

-Vampire Blues (99, realisation, scénario, acteur et musique )

-Red Silk / Seda Roja (99, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, Jr. et scénario )

-Dr. Wong’s Virtual Hell (99, réalisation, scenario, acteur et musique )

-Broken Dolls (99, réalisation et scénario )

-Helter Skelter (00, réalisation sous le pseudonyme de Clifford Brown, Jr., scénario et musique )

-Blind Target / Obietivo a Ciégas (00, réalisation, scénario et musique )

-Vampire Junction (01, réalisation, scénario et musique )

-Incubus (02, réalisation, scénario et musique )

-Killer Barbys vs. Dracula (02, réalisation, scénario et musique )

-Rossa Venezia (03, Andreas Bethmann, acteur )

-Karate a Muerte en Torremolinos (03, Pedro Tamboury, acteur )

-Las Primeras Veces (03, Juan J. Moreno, musique uniquement )

-See You Later Cowabunga : La Maledicion del Cenachero Diabolico! (04, José Roberto Vila, acteur )

-Brunnen – En Film om Orson Welles / The Well (05, Kristian Petri, documentaire )

-Flores de Perversion (05, réalisation, scénario et musique )

-Flores de la Pasion (05, réalisation, scénario et musique )

-Snakewoman (05, réalisation, scénario et musique )

-Ellos Robaron la Hija de Hitler (06, Pedro Tamboury, acteur )

-Angel Of Death 2 – The Prison Island Massacre (07, Andreas Bethmann, acteur )

-La Cripta de las Mujeres Malditas (08, réalisation )

-Take-Away Spirit (09, Sol Clink, acteur )

-Paula-Paula (10, realisation, scenario et musique )

-La Cripta de las Condenadas (12, réalisation, scénario, production, acteur et musique )

-La Cripta de las Condenadas 2 (12, réalisation, scénario, production, acteur et musique )

-Al Pereira vs. The Alligator Ladies (13, réalisation, scénario, production, acteur et musique )

 

 

TELEVISION

 

-Flash 05 (67, Felix Martialay, documentaire )

-Orson Welles en el Pais de Don Quijote (00, Carlos Rodriguez, documentaire )

-Call Him Jess (00, Manuel Mayol et Carles Prats, documentaire )

-Once Upon a Time In Europe (01, Manuel Mayol et Carles Prats, documentaire )

-Farewell To the Deuce (02, June Lang, documentaire )

-Antena Criminal : Making a Jess Franco Movie (02, Brian D. Horrorwitz, documentaire )

-Bloody Jess (03, David Gregory, documentaire )

-On the Threshold To Another World (03, Viktor Seastrom, documentaire )

-Rolling In Rio (04, David Gregory, documentaire )

-Sadomaniac (04, David Gregory, documentaire )

-Jesus In Furs (05, David Gregory, documentaire )

-99 Women : Jess’ Women (05, David Gregory, documentaire )

-Ban the Sadist Videos! (05, David Gregory, documentaire )

-Mansion Of the Living Dead : The Mansion Jess Built (06, Roger Browning, documentaire )

-Macumba Sexual : Voodoo Jess (06, David Gregory, documentaire )

-The Real Blue Nuns (06, Gavin Claxton, documentaire )

-Destinos / Destinations (07, realisation )

-Franco’s O (07, David Gregory, documentaire )

-The Inconfessable Orgies Of Jess (07, David Gregory, documentaire )

-Beloved Count (07, David Gregory, documentaire )

-Jess Franco : Way Of Life (07, Kike Mesa, documentaire )

-Martes de Carnaval, ep : La Hija del Capitan (08, José Luis Garcia Sanchez, acteur )

-Martes de Carnaval, ep : Las Galas del Difunto (08, José Luis Garcia Sanchez, acteur )

-Martes de Carnaval, ep : Los Cuernos de Don Friolera (08, José Luis Garcia Sanchez, acteur )

-Coffin Of Light (08, Nacho Cerdà, documentaire )

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>