Guerre, terrorisme et révolution : Réflexion sur la trilogie du « Dark Knight »…

dark-knight-rises-trilogyBATMAN BEGINS / THE DARK KNIGHT / THE DARK KNIGHT RISES

2005 – 2008 – 2012, de Christopher Nolan – USA

Avec Christian Bale, Liam Neeson, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman, Katie Holmes, Cillian Murphy, Tom Wilkinson, Rutger Hauer, Ken Watanabe, Heath Ledger, Maggie Gyllenhaal, Aaron Eckhart, Nestor Carbonell, Eric Roberts, Anthony Michael Hall, William Fichtner, Tom Hardy, Anne Hathaway, Joseph Gordon-Hewitt, Ben Mendelsohn, Marion Cotillard, Matthew Modine, Aiden Gillen et Juno Temple

Scénarios : Christopher Nolan, Jonathan Nolan et David S. Goyer

Directeur de la photographie : Wally Pfister

Musiques : James Newton Howard et Hans Zimmer

Un Justicier dans la ville

 

En trois films et sept ans, de Batman Begins en 2005 à The Dark Knight Rises l’année dernière, Christopher Nolan a réinventé le mythe de Batman et l’a remis au cœur de la culture populaire occidentale. Parce qu’il livre des thrillers et des films fantastiques, on pourrait soupçonner la réalisateur d’Inception d’être un cinéaste de l’échappatoire, du divertissement, certes mieux torché que la moyenne, mais innocent. Un regard rétrospectif nous montre au contraire une trilogie très ancrée dans son époque et répondant chronologiquement aux grandes peurs qui ont secoué l’Occident, et plus particulièrement les USA, au sortir du traumatisme du 11 septembre. Pour le meilleur ou pour le pire, cette lecture nous oblige à considérer les implications idéologiques de ces films. Alors, avant que Zack Snyder ne reprennent le flambeau de Joel Schumacher par la grâce de Ben Affleck, replongeons-nous dans l’univers dense d’une trilogie qui a su se montrer digne de son héros!

 

IMAGE 1

 

Le premier a avoir redéfini le personnage créé en 1939 par Bob Kane, et d’une façon telle que son influence n’a pas faibli depuis, est Frank Miller, avec son comics noir violent et « adulte » The Dark Knight Returns. C’était en 1986, trois ans avant le premier film de Tim Burton. Cette courte série à succès fut suivie en 1987 par Batman: Year One, une relecture des origines du vigilante à laquelle Batman Begins doit beaucoup.

 

Le fait que Frank Miller soit une figure tutélaire de l’itération contemporaine du chevalier noir doit nous mettre sur la piste. Milliardaire, juge et bourreau, se méfiant de la police et des autorités, obsédé par l’idée de « nettoyer » sa ville et motivé, au final, par une douleur d’enfance qu’il refoule dans une attitude masculine stéréotypée, Batman n’est pas vraiment un hippie! Il serait même très à droite de l’échiquier des super-héros.

 

Même si ses idéaux sont justes sur le papier, leur exécution ne s’embarrasse pas de diplomatie. Comme il est exprimé dans The Dark Knight, Batman est le héros dont nous avons besoin, même si ce n’est pas celui que nous voulons. Comprenez: Bruce Wayne sait ce qui est bon pour nous. Avec de grands pouvoirs ne viennent pas de grandes responsabilités comme chez l’ami Spiderman. Avec de grands pouvoirs (argent et muscles) viennent tout simplement… de grands pouvoirs. Cool.

 

Cette idéologie rappelle bien sûr celle de l’ère Bush dans laquelle est née la trilogie. Tout est bon au nom de la lutte contre la terreur. Et ceux qui prétendent nous sauver de manière plus douce, en redonnant le pouvoir au peuple (et pourquoi pas une couverture soins de santé tant qu’on y est?!) ou en campant devant Wall Street sont des traîtres! J’exagère? À peine. Tel le gallois Christian Bale gardant son accent américain pour les interviews promotionnelles, l’anglais Christopher Nolan et ses scénaristes David S. Goyer (The Crow, Man Of Steel, la trilogie Blade) et Jonathan Nolan (Memento, The Prestige) ont parfaitement adopté l’agenda US.

 

IMAGE 2

 

En 2005, l’Amérique et ses alliés sont actifs simultanément sur trois fronts. L’Irak, l’Afghanistan, et le Pakistan – ces deux derniers étant encore ouverts aujourd’hui. Mais à l’époque, ils ne sont pas encore vus comme des bourbiers, et la contestation européenne à l’invasion de l’Irak est perçue comme une trahison par les autorités du Nouveau Monde. À ce moment, devant une menace nouvelle et encore largement incomprise, la guerre est perçue comme une valeur rassurante, une façon de régler les conflits qui a fait ses preuves et qui stimule l’économie. Les attaques contre les Talibans, que les Américains armaient face aux Soviétiques vingt ans plus tôt (revoir Rambo III pour le cours d’histoire) ont montré que si les alliances passées pouvaient être retournées et la confiance trahie, ce n’était rien qu’une bonne vieille guerre ne puisse arranger.

 

Ce sont exactement les enjeux qui sont à l’œuvre dans Batman Begins, sorti en juin de cette année-là.

 

Après le meurtre de ses parents par un petit criminel, l’orphelin milliardaire Bruce Wayne entame un tour du monde méditatif qui le conduit dans une prison tibétaine. Il en est sorti par un homme providentiel, Ducard (Liam Nesson), un occidental comme lui, qui va l’initier aux arts martiaux locaux en lui faisant intégrer la Ligue Des Assassins, dirigée par le mystérieux Ra’s Al Ghul (Ken Watanabe). Bruce Wayne y trouve un sens à sa vie et un combat à mener. Au contact de cette culture étrangère et de cette organisation aux motifs vertueux mais flous (tel les mujahidins par exemple…), il se révèle à lui-même. Mais alors qu’il pense avoir trouvé un nouvel équilibre (la fin de la Guerre Froide), deux révélations l’attendent. Primo, dans un retournement de situation aux relents colonialistes, Liam Neeson est le vrai Ra’s Al Ghul (il est vrai que l’on imagine mal un asiatique aux commandes d’une organisation puissante) et surtout, deuzio, la Ligue Des Assassins, dans son obsession de laver le crime de par le monde, a décidé la destruction de Gotham. C’en est trop pour Batman qui se retrouve à devoir défendre « sa » ville de ceux qui se retournent contre lui au nom d’une idéologie qu’ils ont jadis partagée. Tel les USA de Bush, Batman doit vaincre son ancien allié pour protéger son mode de vie.

 

L’affrontement avec Ra’s Al Ghul est une opposition claire. C’est une lutte entre deux conceptions du monde et pour le contrôle d’un territoire (Gotham City). C’est une guerre à l’ancienne, comme en attestent aussi les soldats anonymes que Ra’s Al Ghul amène avec lui et qui se frittent aux policiers, ou l’imagerie convoquée lorsque L’Épouvantail parcourt le champ de bataille à cheval. L’Épouvantail étant le méchant secondaire du film qui fournit des armes chimiques (hallucinogènes dans ce cas) à l’opposant… De même, malgré la fuite de l’Épouvantail, le conflit se solde par une victoire sans appel de Batman, et sans pertes humaines marquantes du côté des « bons ». Cela va changer.

 

IMAGE 3

 

En 2008, les États-Unis et le monde avec eux, ont compris que les conflits armés ne suffisaient plus à démêler les écheveaux internationaux. La guerre est devenue mouvante (attentats de Madrid et de Londres), la menace peut survenir de l’intérieur, les attaques se font à l’aveugle et pour le symbole. Ben Laden envoie d’insolentes vidéos de son exil perpétuel et sa capture est devenue une obsession nationale. « Bienvenue dans un monde sans règles » annonce en août l’affiche de The Dark Knight.

 

Dans ce deuxième volet (comme souvent le plus passionnant d’une histoire en trois actes), les frères Nolan opposent Batman a son ennemi le plus célèbre: le Joker. Une figure connue de tous, qui trimballe avec elle nombre de référents. Exactement comme Ben Laden. Le plus intéressant dans la relecture qu’ils en proposent (et grâce soit rendue une fois encore à la performance d’Heath Ledger) est que les scénaristes ont volontairement effacé les origines du méchant. Là où le Joker de Tim Burton incarné par Jack Nicholson était Jack Napier, un gangster défiguré par des produits chimiques et sombrant progressivement dans la folie, celui des Nolan surgit sans explication, n’est connu que par son nom d’empreint, n’a même pas d’empreintes digitales, et n’apparaît (à l’exception d’un plan hyper-furtif) que grimé. Il n’a pas d’humanité et ses motivations s’en ressentent: il ne semble en avoir d’autres que de créer le chaos par plaisir.

 

Mieux, il est fortement sous-entendu que Batman et lui ne sont que les deux faces d’une même pièce, le justicier attirant à lui les criminels. Comprenez : l’Amérique s’attire les haines des terroristes parce qu’elle est vertueuse et le modèle ultime de société. Les attaques tragiques dont elle a fait ou fait encore l’objet ne doivent donc pas soulever de questions. Si l’on ne comprend pas l’ennemi, c’est qu’il n’y a rien à comprendre.

 

Cette philosophie très dangereuse dans le monde réel (ne serait-ce que parce qu’elle empêche de voir venir le prochain coup) permet bien sûr dans un récit la création d’un ennemi particulièrement effrayant et fascinant.

 

L’autre méchant de cet opus, répond lui aussi à ce concept de double-face, puisque c’est son nom! Harvey Dent est le procureur idéaliste de Gotham (le chevalier blanc) qui entend pourfendre le crime par la voix légale. Cela lui vaut respect, admiration… et la petite amie de Bruce Wayne! Mais cette croisade utopique est vouée à l’échec car Dent ne peut se salir les mains comme Batman (le chevalier noir). Finalement, pris en otage par le Joker, il est brûlé sur la moitié du visage et ne peut sauver sa bien-aimée d’un sort funeste. Rongé par le chagrin et la colère, il devient un agent du Mal, le soldat brisé et retourné par l’ennemi, la menace de l’intérieur.

 

Pendant ce temps, Bruce Wayne pirate les téléphones portables de la ville entière pour espionner le Joker et prend sur lui la mort de Dent (dont le revirement est gardé secret) avant de disparaître dans l’ombre. Il est la CIA ou la NSA, prêt à agir dans la clandestinité et dans l’illégalité, à s’attirer l’opprobre publique et à cacher des informations jugées trop sensibles au nom de ce qu’il estime être l’intérêt général.

 

IMAGE 4

 

Enfin arrive The Dark Knight Rises, l’épisode mal-aimé de la série, qui conclut pourtant de belle façon tous les arcs et les questionnements ouverts par les précédents volets. Sans doute son aspect définitif et pessimiste a-t-il rebuté une partie du public – on n’en reste pas moins impatient de voir ce que le Robin de Joseph Gordon-Levitt fera de la mission et du costume dont il a hérités. Ah non, pardon, ce sera Ben Affleck contre Superman paraît-il…

 

Soit, pour en revenir à nos moutons, peut-être l’ambiguïté morale du film a-t-elle aussi, diffusément, mis mal à l’aise une partie du public.

 

En 2012, dans leur volonté salutaire de ne pas multiplier les bad guys, mais d’aborder un type de menace différente à chaque fois, Nolan et ses scénaristes se sont naturellement tournés vers l’ultime menace. Pas les extra-terrestres, non, mais les révolutionnaires! Ces affreux alter-mondialistes qui fument du haschisch en jouant du djembe et n’aiment pas les banques alors qu’ils sont nés dans notre pays et ont la même couleur de peau que nous. « Nous » désignant ici les conservateurs, dans les rangs desquels le cinéaste semble alors se ranger.

 

Dans ce film, le même ennemi, Bane (Tom Hardy), menace simultanément l’intégrité physique de Batman et l’intégrité morale de Gotham (où le crime a presque été éradiqué suite à la politique hyper-répressive mise en place après la mort d’Harvey Dent). En effet, après avoir, au sens propre, brisé Bruce Wayne (dont il connaît l’identité secrète, signe qu’il fait partie du même monde) et l’avoir envoyé dans une prison au bout du monde, il parvient à isoler Gotham du reste du pays et enjoint ses habitants à reprendre le pouvoir confisqué par les élites (et par Batman). Et si la peur prévaut, nombreux sont ceux qui se font une raison et décident de laisser venir.

 

IMAGE 5

 

Faisant le pont entre les deux antagonistes, se trouve Selina Kyle (dont le surnom de Catwoman n’est pas utilisé dans le film, sans doute pour éviter de faire penser au film de Pitof, ou alors plus vraisemblablement pour signifier qu’elle s’assume et n’a pas besoin de changer d’identité). C’est une voleuse professionnelle, mais plus par nécessité que par plaisir, nous indique-t-on. Du reste, elle cherche à recommencer sa vie en effaçant son passé grâce à un logiciel pirate nommé Clean Slate ou, en français, Table Rase. C’est presque trop beau. Au début du film, elle tient du reste à Bruce Wayne un discours très « damnés de la terre » lors d’une réception caritative: « Une tempête approche, monsieur Wayne. Vous et vos amis feriez mieux d’aller vous planquer car quand elle frappera, vous vous demanderez comment vous avez pu vivre aussi longtemps en nous laissant si peu ». Alter-mondialiste tendance marxiste, ce qui pour un businessman doit être la même chose, présumera-t-on.

 

La sortie du film correspond d’ailleurs par un hasard proche de la prescience avec l’émergence d’Occupy Wall Street, mouvement pacifiste où lesdits joueurs de djembe campaient dans la célèbre rue en signe de protestation contre les excès du capitalisme boursicoteur, responsable de la crise économique survenue en 2008 (l’année de The Dark Knight). Ce mouvement se trouve très concrètement incarné par Bane lorsque celui-ci et ses hommes de mains (dont il est établi qu’ils sont tellement endoctrinés qu’ils n’accordent plus de valeur à leur propre vie) envahissent la bourse de Gotham. L’affrontement final étant quant à lui filmé sur les marches du vrai Wall Street! Les institutions financières sont en effet la première cible de Bane, qui cause un crash pour servir ses desseins.

 

Alors Nolan, affreux réactionnaire allergique à toute forme de protestation? Oui et non. Le film offre en effet deux renversements de situations au sujet desquels une double lecture est possible.

 

D’abord, l’affrontement entre Catwoman et Batman se transforme en une love story entre le milliardaire justicier et la criminelle fauchée. Qui a pris le parti de qui? Wayne a-t-il été séduit par la liberté de la belle, ou Selina a-t-elle succombé à la puissance rassurante (et fortunée) de Bruce? Peu de pistes nous sont vraiment offertes et ce sera au spectateur de faire son marché. Ce qui est sûr c’est que Catwoman était la seule femme a pouvoir aimer à la fois Bruce Wayne et Batman.

 

Ensuite, et surtout, il est révélé dans une série de twist un peu contraints, qu’il n’y avait aucune idéologie derrière les actions de Bane. Il était le jouet de la femme fatale incarnée par Marion Cotillard, laquelle est en fait la fille de Ra’s Al Ghul et la nouvelle tête de la Ligue Des Assassins (qui décidément perd de plus en plus son ancrage tibétain). Il s’agissait donc d’une revanche! L’attaque de la bourse? Une façon de ruiner Bruce Wayne et de se propulser à la tête de Wayne Enterprises. Talia Al Ghul s’étant en effet infiltrée dans la société via un projet… d’énergie verte. Comme on le sait, l’écologie est un leurre et pourchasser les organisations criminelles est un enjeu bien plus urgent que le réchauffement climatique. C’est en tout cas la leçon que l’on peut tirer des agissements de celle qui s’avère être en définitive la grande méchante du film.

 

IMAGE 6

 

Ce retournement est décevant à deux points de vue. D’une part il aurait été plus intéressant (et plus ambitieux) d’opposer Batman à un adversaire qui aurait pu s’attirer la sympathie du public (Bane dénonçant la bourse, la politique du tout-répressif et la corruption). D’autre part, la réalisation que tous ces discours ne faisaient que masquer une vengeance (Talia voulant détruire Gotham parce que Batman en a empêché son père, bien que la ville ne soit plus le nid de criminalité que Ra’s Al Ghul condamnait, et ce grâce aux lois liberticides que dénonce Bane; vous avez dit contresens?) ne laisse que deux interprétations possibles.

 

Soit les cinéastes nous mettent en garde contre les faux prophètes, qui détournent des idéaux de justice et d’égalité à des fins de profit personnel. Soit ils nous disent que toute tentative de remise en cause collective de l’ordre établi (Batman est un individualiste) ne peut aboutir qu’à une supercherie. En effet, sans l’apparition de Bane, Bruce Wayne avait mis le vengeur masqué au placard et tout tournait rond, ou presque, à Gotham. Cette deuxième interprétation est, aux yeux de l’auteur de ces lignes (qui n’aime ni le djembe ni les banques), beaucoup plus problématique.

 

Il faut certes nuancer ce constat. Batman, au contraire de Frank Miller, n’est pas un fasciste, ou alors refoulé. Il s’oppose à la corruption et vit dans un monde plus grand que nature, où la fin justifie les moyens. Et puis il refuse de tuer, ce qui laisse entendre qu’il croit à une rédemption possible pour les criminels. Il n’en reste pas moins un role model plus proche de Dirty Harry que de Gandhi. Il est vrai qu’il est plus palpitant de regarder une chauve-souris géante se battre avec un clown maléfique ou un colosse aux mâchoires de fer, que Ben Kingsley se promener en robe.

 

 

Mais plus important est de se rappeler que nos divertissements de masse sont les plus puissants outils idéologiques qui soient. Staline fut le premier à le comprendre en ce qui concerne le cinéma. Il mit le septième art au service de la propagande étatiste engendrant ainsi une révolution artistique et quelques chef-d’œuvres idéologiquement très discutables. Il fut bientôt suivi par les nazis et leurs gros sabots (Leni Riefenstahl), puis, plus subtilement, par les Américains. Au sortir de la guerre, ceux-ci échangeaient en effet dans le cadre du plan Marshall du blé contre la diffusion de leurs films en Europe, pérennisant ainsi une industrie culturelle unique au monde (le cinéma américain est 100% privé, inimaginable partout ailleurs, sauf à Bollywood mais dont l’impact n’est pas mondial) et créant la situation de trust que l’on connaît encore aujourd’hui et par laquelle le vieux continent s’est progressivement « américanisé ».

 

IMAGE 7

 

Quant à Batman, que tant de considérations idéologiques voire politiques affleurent dans la trilogie The Dark Knight n’est pas un problème, bien au contraire!, et explique certainement en partie son succès critique et commercial. Que cela soit volontaire ou pas de la part des cinéastes (qui nient l’affaire en interview), il n’en reste pas moins que ces films sont à la fois universels et résolument ancrés dans leur époque et, à ce titre, ils offriront probablement bien plus au spectateur dans vingt ou trente ans que les ronflants Thor, Hulk ou Spiderman. C’est là la marque d’un travail d’auteur, et ce n’est pas toujours un gros mot!

 

Le problème survient lorsque le spectateur n’est plus initié à la lecture des oeuvres qui lui sont proposées comme des produits, et les ingère sans se poser de questions. Un bon film n’est pas forcément un film avec lequel on est d’accord, mais celui qui, en plus de nous faire frissonner ou rire, saura laisser en nous l’étincelle d’une réflexion. Restons (ou redevenons?) des spectateurs actifs et tout ira « pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

 

Tiens, tant qu’à piquer des phrases à Voltaire, on lui attribue souvent, bien qu’il ne l’ai pas écrite telle quelle, cette maxime fondatrice de la liberté d’expression: « Vous proférez monsieur des sottises énormes, mais jusqu’à la mort je me battrai pour qu’on vous les laissât tenir ». Ce à quoi Brassens répondait: « Entre nous soit dit, bonnes gens, pour reconnaître que l’on est pas intelligent, il faudrait l’être ». Dont acte.

 

 

Matthieu Reynaert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>