David Bowie : Cracked Actor

Image 1Pour l’instant il est partout grâce à The Next Day, son premier album studio en dix ans. Un album si bon qu’il pourrait servir de best of à bien d’autres chanteurs!

 

Depuis plus de cinquante ans David Bowie n’a cessé de se réinventer et de marquer l’histoire de la musique d’albums mythiques. Il a été le premier à comprendre que le spectacle musical ne s’arrêtait pas à la musique et a dès ses débuts soigné son look, son aura, sa légende, bref son personnage, jusqu’à se créer des alter ego parfois envahissant (Ziggy Stardust, The Thin White Duke, Halloween Jack….), eux-mêmes dérivés de son premier alter ego, David Bowie lui-même, puisque l’artiste est né David Robert Jones et débuta sa carrière sous le pseudonyme de Davy Jones, auquel il dut renoncer car il avait déjà été déposé par un autre, le chanteur des Monkees.

 

Bref, Bowie chanteur est un comédien né et il ne faut pas s’étonner si, d’une part, ses chansons sont reprises dans un nombre incalculable de films et séries télévisées (de Seven à Fringe en passant par American Psycho, Shrek 2, C.R.A.Z.Y., Juno, et 300 autres…), ni surtout si le cinéma a vite fait appel à ses talents d’acteur.

 

Si sa carrière cinématographique est clairement moins mémorable que sa carrière musicale, elle contient néanmoins quelques moments forts. Impossible d’être ici exhaustif sans être rasoir. Nous nous concentrerons donc sur les grands rôles.

 

Si dès 1970, Bowie met en scène ses chansons dans un étrange show pour la BBC intitulé Pierrot in Turquoise or The Looking Glass Murders (déjà tout un programme!) et que sort au cinéma un des fleurons du concert filmé intitulé Ziggy Stardust and the Spiders From Mars (1973) concocté par le spécialiste du genre D.A. Pennebaker, sa carrière d’acteur commence réellement en 1976 avec le mythique The Man Who Fell to Earth (L’Homme qui venait d’ailleurs), un film concocté sur mesure par le cinéaste expérimental Nicolas Roeg (qui avait déjà travesti Mick Jagger dans Performance en 1970).

 

Dans ce film resté culte, Bowie interprète un extra-terrestre arrivé seul sur Terre pour tenter d’y trouver des ressources pour sauver sa famille sur sa planète natale. Mais, intrigué par les humains, il se laisse entraîner par les excès de la vie sexe, drogues et rock’n’roll des seventies jusqu’à en oublier sa véritable identité. Un pitch qui n’est pas sans rappeler la trame du célèbre album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. Sauf qu’à l’époque Bowie a déjà tourné le dos à sa période glam et traverse se phase berlinoise (celle qui donnera fameusement naissance au tube Heroes). Ce sont d’ailleurs des photos de tournage de The Man Who Fell to Earth qui ornent les pochettes de Low et Stationtostation, deux albums de l’époque. Il est alors le « Thin White Duke », un être androgyne à la maigreur et la pâleur effrayantes, préoccupé par des questions existentielles, et le film s’en ressent. Il a beau être rock, il n’en reste pas moins froid et inquiétant tout du long. Les scènes d’orgies (où Bowie n’hésite pas à apparaître nu) sont tout sauf affriolantes et lorsqu’il dévoile sa véritable apparence reptilienne à la femme qui est tombée amoureuse de lui, le maquillage en caoutchouc n’empêche pas le frisson d’effroi. On pourrait arguer que Bowie ne joue «que» une variation de lui-même dans The Man Who Fell to Earth, il n’en reste pas moins que le film a magnifiquement résisté au temps et est encore capable de hanter de nouveaux spectateurs avec son atmosphère si particulière. Il est disponible en DVD et même en Blu-Ray un peu partout. N’hésitez pas.

 

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En 1978 signalons un rôle de vétéran de guerre pratiquant l’amour tarifé dans l’obscur Just a Gigolo de David Hemmings, où il a tout de même pour partenaires Kim Novak et Marlène Dietrich en personnes! Just a Gigolo constitue en fait le premier véritable rôle de Bowie à l’écran. Tourné en 1975 avant The Man Who Fell To Earth, le film est considéré perdu lorsque plusieurs de ses bobines disparaissent dans un incendie. David Hemmings sauvera les meubles en reconstituant un long métrage bancal avec ce qu’il reste…

 

Le début des années 80 est une période charnière pour Bowie qui, lassé des expérimentations, va bientôt se donner le défi de devenir une vraie vedette. Et il y réussira mieux que personne avant lui, devenant la première star internationale moderne, à la Madonna ou Michael Jackson, mais juste avant eux. C’est l’époque Let’s Dance, dans laquelle il finira par se perdre. Mais juste avant cela, il va participer à quatre productions ambitieuses et définitivement pas grand public.

 

Image 3Il y a d’abord The Elephant Man, une pièce de théâtre dont il n’existe pas de captation (officielle du moins) et dans laquelle Bowie interprète le tristement célèbre John Merrick… sans maquillage. Lui qui sait si bien se travestir, incarne donc un homme difforme sans altérer le moins du monde son apparence. Une performance saluée comme magistrale par la presse de l’époque. La pièce est jouée à Denver, Chicago et New-York… Ensuite vient Baal (1982), un nouveau téléfilm musical pour la BBC dans lequel, sous la direction du cinéaste culte Alan Clarke (Scum, Made in Britain, Elephant), il interprète le rôle-titre de la sombre première pièce de Bertolt Brecht sous forme de chansons aux influences médiévales. Le manque de moyens donne à cette production uniquement trouvable sur internet un regrettable aspect théâtre filmé. Mais il nous reste la très belle bande originale disponible en téléchargement légal et un Bowie barbu, ce qui n’est pas rien!

 

En 1983 sort The Hunger (Les Prédateurs), premier long métrage du regretté Tony Scott. David Bowie y incarne un vampire hantant les night clubs new-yorkais à la recherche de nouvelles victimes. Sa partenaire dans le crime? Catherine Deneuve. The Hunger est un thriller horrifique hyper léché, à l’ambiance glaciale un brin S/M. À ne pas mettre entre toutes les mains, le film est sanglant et sexuel et aborde de front la question tabou de la mortalité, qui semble devoir rattraper le personnage de Bowie – maquillages flippants à l’appui. Si la mise en scène est parfois datée, The Hunger reste un authentique morceau de bravoure gothique à redécouvrir d’urgence à la place de Top Gun du même réalisateur. Étonnamment, le film de Tony Scott donna lieu en 1997 à une série télévisée, qui dura deux saisons et dans laquelle Bowie fait plusieurs apparitions, un peu comme parrain d’un projet resté confidentiel, mais qui a ses fans et dont Scott dirigea lui-même deux épisodes.

 

 

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Mais le gros morceau de 1983 après une courte mais mémorable apparition dans Yellowbeard en compagnie du « Monty Python mort » Graham Chapman, c’est indiscutablement Merry Christmas Mister Lawrence (ou Furyo, en français, parce que.) de Nagisa Oshima (lui aussi récemment disparu, décidément…) Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, où la venue de Bowie crée l’émeute, le film prend place en 1942 dans un camp de prisonniers tenus par les japonais. Bowie incarne Jack Celliers, un soldat britannique dont le colonel Yonoï, son bourreau, tombe amoureux. Ce dernier est incarné par une autre grande rock star de l’époque (il compose d’ailleurs la magnifique bande originale du film), Ryûichi Sakamoto. L’alchimie sadique entre ceux deux-là fait des étincelles à l’écran. Bowie livre probablement sa meilleure prestation au cinéma. Plusieurs scènes vous restent insolemment en tête: celle où Celliers se voit mourir lors d’une fausse exécution destinée à le pousser à bout; celle où, perdant la tête, il mime avec minutie le fait de se raser alors qu’on l’a privé de lame pour qu’il ne se suicide pas; et bien sûr le moment où, Bowie enterré dans le sable jusqu’au cou dans une mise à mort particulièrement cruelle, Sakamoto vient lui arracher une mèche de cheveux blonds dans un geste romantique et désespéré.

 

Là où Furyo frappe fort c’est qu’avant d’être un film sur la guerre et l’enfermement, il reste un histoire d’amour homosexuelle rendue impossible non pas par tabou sexuel, mais par la haine entre les hommes. Une tragédie grecque, mais japonaise, en somme…  On y trouve aussi, pour l’anecdote, le premier rôle au cinéma de Takeshi Kitano. Si vous ajoutez Tom Conti dans le rôle du supérieur de Bowie, vous constatez qu’il y a vraiment du beau monde dans ce film et, puisqu’il est disponible un peu partout pour pas cher, vous n’avez aucune excuse.

 

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Le prochain gros projet cinématographique de Bowie (après un second rôle auprès de Jeff Goldblum et Michelle Pfeiffer dans le très sympathique Into the Night (Série Noire pour une Nuit Blanche), de John Landis) ne pourrait pas être plus éloigné du précédent! Il s’agit du fameux Labyrinth de Jim Henson, produit par George Lucas. Bowie y incarne le roi des Goblins, tout droit sorti de l’imagination débordante d’une Jennifer Connelly (qui fait moins que ses seize ans) et de tous les rêves humides des adolescentes de l’époque grâce à son juste au corps, très, très moulant. Bowie est alors au sommet de sa gloire « mainstream » et compose et interprète les chansons du film (Magic Dance !), accompagné des marionnettes du créateur des Muppets. Monument kitsch absolument délicieux et délirant, Labyrinth est devenu culte avec le temps malgré un résultat décevant au box office de l’époque et quelques-uns des pires textes de Bowie (« You remind me of the babe! What babe? Babe with the power. What power? Power of Voodoo. Who do? You do! Do What? Remind me of the babe! »). Rétrospectivement, les sous-entendus sexuels, voire pédophiles – certainement pas calculés par Henson et le Monthy Python Terry Jones qui signe le scénario – rendent la vision du film nettement plus subversive et donc intéressante. Le sulfureux Bowie, loin de céder aux sirènes de l’argent facile, y retrouve alors son ambiguïté, particulièrement lors d’une scène de bal où il sert de prince charmant à Connelly. Comme un Alice au pays des Merveilles sous acides (ou disons encore plus sous acides!)

 

Labyrinth

 

La même année, au bras de Mick Jagger, David se trémousse en faisant le zouave dans un pantalon fluorescent du plus bel effet dans le clip très ‘80s Dancin’ in the Streets, avant d’apparaître dans Absolute Beginners la comédie musicale ultra-datée du clippeur Julien Temple (l’heureux papa de la belle Juno !) avec qui il vient de collaborer sur son tube Blue Jean. Il compose et interprète la chanson titre et intervient brièvement dans le film (alors qu’il figure en très grand sur le poster!) pour chanter un autre titre sur une machine à écrire géante et livrer une version à tout le moins inattendue du tube italien Volare (oh-oh-oh-ooooh…). Soit.

 

last_temptation_of_christ_2Après cet épisode et deux albums au top des ventes mais au creux de la vague artistique, Bowie se réinvente à nouveau. Ce sera le hard rock au sein du groupe Tin Machine, puis l’électro avec le concept album 1.Outside (son opus le plus cinématographique).Dans le même temps il retrouve l’amour avec le top model éthiopien Iman. Autant dire qu’il n’a plus beaucoup de temps à consacrer au cinéma.

 

Il fait néanmoins des apparitions courtes mais prestigieuses dans The Last Temptation of Christ (1988) de Scorsese où il incarne pas moins que Ponce Pilate et dans Twin Peaks Fire Walk With Me (1992) de David Lynch (qui utilisera un titre de 1.Outside pour le générique de Lost Highway; que ces deux-là n’aient pas plus travaillé ensemble est une grossière erreur!) ainsi qu’en rôle principal dans un nanar pathétique et incompréhensible, The Linguini Incident (1991), dont la seule raison d’être est de voir David conter fleurette à la charmante Rosanna Arquette.

 

A noter que Bowie s’entoure souvent très bien lors de ses clips vidéo puisque – outre les clippeurs attitrés comme David Mallet et Julien Temple qui le dirigent des dizaines de fois –  certains d’entre eux sont signés par les cinéastes Tim Pope, Jean-Baptiste Mondino, Steve Barron, Mark Romanek, Roger Michell, Samuel Bayer, Ralph Bakshi mais également Gus Van Sant qui signe la vidéo de Fame ’90… en 1990 !

 

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Miguel Ferrer, Kyle MacLachlan, David Lynch et David Bowie dans Twin Peaks Fire Walk With Me, en 1992.

 

Il faut attendre 1996 pour une nouvelle apparition substantielle au cinéma. Il incarne un Andy Warhol plus vrai que nature dans Basquiat de Julian Schnabel (pré-Le Scaphandre et le papillon). Une prestation à nouveau saluée par les critiques, mais qui ne le convainc pas de fréquenter davantage les plateaux de cinéma. À part pour une apparition éclair mais hilarante dans Zoolander (2001) où il arbitre un concours d’élégance entre Ben Stiller et Owen Wilson!

 

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En 1999 Bowie participe à un jeu vidéo immersif à l’univers ouvert, Omikron: The Nomad Soul de David Cage – qui jette là les bases de ses hits indés Fahrenheit, Heavy Rain et Beyond: Two Souls (à paraître). Digitalisé, il apparaît plusieurs fois dans le jeu et y interprète des chansons originales qui, retravaillées, donneront naissance au bel album …hours . Une expérience unique et fascinante qui restera hélas lettre morte.

 

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Le vrai, et pour l’instant ultime retour devant la caméra, se fera sous la houlette de Christopher Nolan dans le meilleur film de ce dernier: The Prestige (2006). Aux côtés de Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, Rebecca Hall et Andy Serkis (qui lui sert d’assistant), Bowie incarne une version romancée du célèbre scientifique serbe Nikola Tesla (accent en prime), obligé de se cacher pour fuir les attaques de Thomas Edison (Tesla avait inventé le courant alternatif que nous utilisons aujourd’hui, mais Edison tenait à garder son monopole sur le marché du courant continu; sérieusement ce mec était un vrai génie sacrifié, que Google et Wikipédia soient vos amis sur ce coup-là!). Il est alors contacté par des magiciens rivaux pour leur construire une machine capable de les téléporter grâce au pouvoir de l’électricité. Évidemment tout ne se passe pas comme prévu…

 

Bowie livre là une composition surprenante, outre une ressemblance physique troublante avec Tesla. Il fait de l’inventeur un homme doux et compassé, dévoré à l’intérieur par la peur de ce que ses découvertes lui permettent de réaliser, mais incapable de résister à la tentation.

 

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Depuis, il y a eu les ennuis de santé, la retraite forcée, puis prolongée. Bowie préparait dans le plus grand secret son nouvel album (et même le suivant qui sortirait pour la fin de l’année!). Mais, même si l’on est pas certain de le revoir un jour au cinéma, il ne nous laisse pas seuls.

 

En effet, son fiston, baptisé Zowie Bowie en 1971, mais heureusement renommé Duncan Jones depuis, est l’heureux réalisateur du magnifique Moon (dont l’intrigue n’est pas sans évoquer Space Oddity, le premier tube de son père, lui-même inspiré de 2001: A Space Odyssey), de Source Code et, bientôt, de l’adaptation officielle de la licence World of Warcraft! Un jeune réalisateur talentueux et singulier qui monte, qui monte…

 

Ils finiront bien par collaborer non? S’il vous plaît.

 

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Matthieu Reynaert

 

 

 

FILMOGRAPHIE

 

Cinéma

 

-The Image (1967, court métrage, Michael Armstrong )

-The Virgin Soldiers (1969, John Dexter )

-Love You Till Tuesday (1969, court métrage, Malcolm J. Thompson )

-Ziggy Stardust and the Spiders From Mars (1973, D.A. Pennebaker, + musique et chansons )

-The Man Who Fell To Earth (L’Homme qui venait d’ailleurs) (1976, Nicholas Roeg )

-Schöner Gigolo, Armer Gigolo / Just a Gigolo (C’est mon Gigolo) (1978, David Hemmings )

-Christiane F. – Wir, Kinder vom Banhof Zoo (Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée) (1981, Uli Edel, + musique et chansons )

-The Hunger (Les Prédateurs) (1983, Tony Scott )

-Merry Christmas, Mr. Lawrence (Furyo) (1983, Nagisa Oshima )

-Yellowbeard (Barbe d’Or et les Pirates) (1983, Mel Damski – apparition )

-Into the Night (Série Noire pour une Nuit Blanche) (1985, John Landis )

-Labyrinth (Labyrinthe) (1986, Jim Henson, + musique et chansons )

-Absolute Beginners (1986, Julien Temple, + musique et chansons )

-The Last Temptation of Christ (La Dernière Tentation du Christ) (1988, Martin Scorsese )

-Imagine : John Lennon (1988, Andrew Solt, documentaire )

-The Linguini Incident (1991, Richard Shepard )

-Twin Peaks – Fire Walk With Me (1992, David Lynch )

-Büvös Vadasz / Magic Hunter (1994, Ildiko Enyedi, production uniquement )

-Basquiat (1996, Julian Schnabel )

-Il Mio West / Gunslinger’s Revenge (1998, Giovanni Veronesi )

-Passaggio Per il Paradiso (1998, Antonio Baiocco, production uniquement )

-Everybody Loves Sunshine / Busted (1999, Andrew Goth )

-Empty (2000, court-métrage, Tony Oursler )

-Mr. Rice’s Secret (2000, Nicholas Kendall )

-Zoolander (2001, Ben Stiller – apparition )

-Whistle (2002, c-m, Duncan Jones, musique uniquement )

-Mayor Of the Sunset Strip (2003, George Hickenlooper, documentaire )

-Arthur and the Invisibles (Arthur et les Minimoys) (2006, Luc Besson, voix uniquement )

-The Prestige (Le Prestige) (2006, Christopher Nolan )

-Scott Walker : 30 Century Man (2006, Stephen Kijak, + production, documentaire )

-Glastonbury (2006, Julien Temple, documentaire )

-August (2008, Austin Chick )

-Bandslam (2009, Todd Graff – apparition )

 

Télévision

 

-Pierrot In Turquoise, Or The Looking Glass Murders (1970, Brian Mahoney, + scenario, musique et chansons )  

-Baal (1982, Alan Clarke )

-Dream On, ep : The Second Greatest Story Ever Told (1991, John Landis )

-Full Stretch, ep : Ivory Tower (1993)

-The Hunger – The Series (1999-2000, 6 épisodes )

-The Rutles 2 : Can’t Buy Me Lunch (2004, Eric Idle )

-Extras, ep : David Bowie (2006)

-SpongeBob SquarePants, ep : Atlantis SquarePantis (2007, voix uniquement )

 

 

 

 

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